Ariane 5 sous le signe du suspens

Ariane 5 sous le signe du suspens

Le 25 janvier, Ariane 5 a joué la carte du suspens en raison d’une perte de la télémétrie alors que le deuxième étage s’allumait. Les 2 satellites ont toutefois été placés sur une orbite qui leur permet de rejoindre leur position de travail.

Ce 25 janvier à 19h20, heure du Centre Spatial Guyanais (CSG), Ariane 5 décollait pour la première fois de l’année 2018. À son sommet, 2 satellites de télécommunications dont un équipé d’un instrument d’observation de la Terre de la NASA.

VA241 : premier vol Ariane 5 de 2018

La société Arianespace qui commercialise les lanceurs européens Ariane 5 et Vega ainsi que le Soyouz russe depuis le CSG a annoncé le 9 janvier jusqu’à 14 missions pour 2018 : 7 avec Ariane 5, 3 avec Vega et 4 avec Soyouz. Le vol VA241 du 25 janvier est donc le premier d’un calendrier ambitieux.
Ci-dessous, la vidéo du décollage.

À son sommet, Ariane 5 emporte alors les satellites de télécommunications SES-14 de la firme luxembourgeoise SES et Al Yah 3 de l’opérateur Yahsat aux Émirats Arabes Unis. On notera que SES-14, en plus de son équipement dédié aux télécommunications, héberge l’instrument GOLD (Global-scale Observations of the Limb and Disk) de la NASA conçu pour étudier les interactions qui se produisent entre la haute atmosphère terrestre et le milieu spatial.

Perte de la télémétrie mais pas des satellites

Après un peu plus de 9 minutes de vol, alors que le deuxième étage s’était séparé du premier, la télémétrie a été perdue, les stations au sol ne la recevant plus.
Dans la vidéo ci-dessous, Stéphane Israël, le PDG d’Arianespace, évoque une anomalie et cette perte de contact.

Stéphane Israël explique ainsi que «nous avons perdu le contact avec le lanceur quelques secondes après l’allumage de l’étage supérieur». Il continue en ajoutant qu’à ce moment-là SES et Yahsat ne sont pas en communication avec leur satellite respectif.
Cependant, plus tard, il sera officiellement confirmé par ces 2 opérateurs que la liaison avec SES-14 et Al Yah 3 a pu être établie. SES et Yahsat ont même ensuite précisé que les satellites seront en mesure de se poster sur leur position de travail géostationnaire. En effet, Ariane 5, comme d’autres lanceurs, envoie en fait de tels satellites sur une orbite dite de transfert géostationnaire à partir de laquelle ils rejoignent la position souhaitée en utilisant leur propre propulsion. La firme luxembourgeoise SES a ajouté que SES-14 mettrait 4 semaines de plus pour atteindre son emplacement. Ces 4 semaines en plus laissent penser qu’Ariane 5 n’a pas largué les satellites exactement sur l’orbite de transfert visée.

Au moment où nous publions cet article en ligne la différence entre cette orbite et celle prévue n’a pas été communiquée.