Des jours fériés pour les astronautes ?

Des jours fériés pour les astronautes ?

Lorsqu’ils sont en mission autour de la Terre, les astronautes ont droit à quelques jours fériés comme sur Terre, mais les impératifs opérationnels et le sport (pour leur santé) restent prioritaires !

En France, le mois de mai est l’un des plus chargés en jours fériés et, en fonction des dates, le plus propice à la pratique des «ponts». Mais qu’en est-il des astronautes ? Tout d’abord, n’oublions pas que ceux-ci sont soumis, tout comme leurs employeurs les agences spatiales, au droit du travail de leur pays. Certes, mais une fois en mission autour de la Terre, est-il possible de bénéficier de jours fériés ?

La mission est prioritaire

Penchons-nous plus particulièrement sur le cas des missions à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS). L’emploi du temps d’un astronaute y est tellement complexe qu’il est géré par des planificateurs au sol. Tâches liées à l’entretien, la réparation ou la gestion de l’ISS, expériences scientifiques, sport obligatoire pour la santé (2 heures d’exercices pour limiter les pertes musculaire et osseuse), etc. Là-haut, les professionnels de l’espace accèdent à leur emploi du temps via un logiciel spécifique et ils consultent ainsi le programme de leur journée divisé en tranches. Dans la vidéo ci-dessous, l’Américain Garrett Reisman plaisante sur «ces barres, elles sont ma vie, elles contrôlent tout» !

Toutefois, des temps de repos et de sommeil sont bien évidemment intégrés à la journée typique d’un astronaute. Et des jours fériés sont aussi prévus. À ce sujet, nous avons contacté Romain Charles qui est Astronaut Support Engineer à l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Il nous a indiqué que «les astronautes observent quelques-uns des jours fériés en effet». Mais il précise aussitôt que les 2 heures de sport quotidien restent obligatoires, même un jour férié. De plus, leur mission là-haut est de toute façon prioritaire. Romain Charles souligne que lors d’événements qui ne peuvent être repoussés (arrivée d’un vaisseau cargo par exemple), le jour férié ne sera pas… férié, mais travaillé ! La journée ainsi perdue sera cependant rattrapée par la suite.

Les temps de repos donnent aux astronautes l’occasion de se détendre en menant des activités personnelles, nécessaires à un bon équilibre mental qui, au final, est au service des objectifs de la mission. Ici, l’astronaute de l’ESA Luca Parmitano joue de la guitare dans le module Harmony de l’ISS. Crédit : NASA

Les temps de repos donnent aux astronautes l’occasion de se détendre en menant des activités personnelles, nécessaires à un bon équilibre mental qui, au final, est au service des objectifs de la mission. Ici, l’astronaute de l’ESA Luca Parmitano joue de la guitare dans le module Harmony de l’ISS.
Crédit : NASA

On notera qu’avec les missions de longue durée, surtout celles de plusieurs mois telles qu’elles se déroulent à bord de l’ISS, on s’est rendu compte que des plannings chargés à l’excès s’avéraient contre-productifs. Hommes et femmes, mêmes astronautes, ont besoin de repos pour mieux se consacrer à leur travail. Le problème était notamment apparu lors de la troisième et dernière mission habitée à bord de la station américaine Skylab en 1973 (d’une durée de 84 jours). Les 3 astronautes durent protester contre une organisation de leur temps qui ne leur laissait que peu de répit et surtout quasiment aucune flexibilité ainsi que des enchaînements d’activités pas forcément bienvenus (comme de l’exercice après un repas).

Le troisième équipage de Skylab (de gauche à droite : Gerald Carr, Edward Gibson et William Pogue) protesta au cours de sa mission en raison d’un planning trop contraint. Les aménagements de temps de travail permirent en fait de dépasser les objectifs fixés. Crédit : NASA

Le troisième équipage de Skylab (de gauche à droite : Gerald Carr, Edward Gibson et William Pogue) protesta au cours de sa mission en raison d’un planning trop contraint. Les aménagements de temps de travail permirent en fait de dépasser les objectifs fixés.
Crédit : NASA

Ce qui est intéressant, c’est qu’une fois que les différences d’opinions entre l’équipage et le sol furent résolues, la productivité du trio à bord de Skylab augmenta au-delà de ce qui avait été prévu à l’origine.

Enfin, on s’est très vite aperçu que laisser du temps à un équipage pour marquer certains événements traditionnels (fêtes de fin d’année, anniversaires ou célébrations nationales) permettaient aux astronautes de se sentir toujours liés avec la Terre et renforçait de plus la cohésion au sein d’un équipage.

On constate qu’au bout du compte, la mission reste prioritaire car le temps de repos des astronautes, dont quelques rares jours fériés, s’avère être un facteur de réussite de celle-ci.