Au lit 60 jours pour l’espace

Au lit 60 jours pour l’espace

À la clinique spatiale MEDES de Toulouse, 10 personnes vivent dans un lit pour 60 jours afin d’étudier comment améliorer la vie des astronautes. Cette étude doit se conclure le 20 décembre prochain.

10 volontaires, des hommes de 20 à 45 ans, ont accepté de vivre couchés pendant 60 jours. Plus exactement, leur lit est incliné de 6° vers le bas du côté de la tête. Sous surveillance médicale, ils testent des compléments alimentaires qui pourraient aider les astronautes à mieux affronter les rigueurs d’un voyage spatial.

À la recherche du bon cocktail

On sait que la position allongée avec 6° d’inclinaison induit sur le corps humain des effets comparables à ceux que les astronautes subissent en raison de l’impesanteur (problèmes cardio-vasculaires, pertes osseuses et musculaires, modification de l’immunité). De fait, une telle campagne d’alitement permet d’étudier au sol, avec des examens réguliers (prises de sang, scanners, etc.), une grande partie des bouleversements du métabolisme humain constatés là-haut. La clinique spatiale MEDES à Toulouse, une filiale de l’agence spatiale française CNES, mène ce type d’étude, appelé en l’occurrence Bedrest, pour notamment évaluer l’efficacité de contre-mesures, des solutions censées contrecarrer les effets les plus gênants de la vie en impesanteur.

Les 10 volontaires de la campagne Bedrest du MEDES ont reçu en octobre la visite de 2 astronautes, Marie Ellen Weber et Jean-Jacques Favier, à l’occasion du Congrès Mondial des Astronautes qui s’est tenu à la Cité de l’espace à Toulouse. Crédit : MEDES

Les 10 volontaires de la campagne Bedrest du MEDES ont reçu en octobre la visite de 2 astronautes, Marie Ellen Weber et Jean-Jacques Favier, à l’occasion du Congrès Mondial des Astronautes qui s’est tenu à la Cité de l’espace à Toulouse. Crédit : MEDES

La campagne en cours succède à une autre conclue avec succès au début 2017. Si les sujets sont tous des hommes, il ne faut pas y voir un quelconque sexisme, mais la nécessité de différencier les conséquences et effets en fonction du sexe. Les 10 volontaires, sélectionnés parmi plus de 2000 candidats, testent un «cocktail» d’antioxydants et d’anti-inflammatoires conçus pour aider le corps à lutter contre la position alitée prolongée. Pour être exact, seule une moitié des volontaires reçoit cette médication afin bien évidemment de vérifier s’il y a un gain par rapport à ceux qui ne prennent rien.

Dans un communiqué de fin novembre, le CNES a précisé que cette campagne doit se conclure le 20 décembre.