Blue Origin perd un «powerpack»

Dans un tweet du dimanche 14 mai, Blue Origin a expliqué avoir perdu un «powerpack» sur un de ses bancs d’essai le samedi. Rappelons que cette firme créée par Jeff Bezos (le fondateur du géant de la vente en ligne Amazon) veut devenir un nouvel acteur majeur du spatial.

Dans un moteur-fusée, le «powerpack» désigne les turbopompes et autres dispositifs qui assurent l’injection du carburant et du comburant dans la chambre de combustion. Le «powerpack» déclaré «perdu» (aucune explication n’est donnée sur l’éventuelle défaillance) est celui du moteur BE-4 de Blue Origin qui consomme du méthane et de l’oxygène liquide.

be-4
Rappelons que 7 exemplaires du BE-4 doivent propulser le premier étage du futur lanceur New Glenn de cette compagnie qui décollera de Floride à partir de 2019/2020. Ce premier étage est récupérable. Ci-dessous, une vidéo de Blue Origin montrant le vol d’un New Glenn en images de synthèse.

Avec ce New Glenn doté de performances comparables et même légèrement supérieures au lanceur européen Ariane 5, Blue Origin compte bien prendre sa part du marché de l’envoi des satellites sur orbite. La réutilisation annoncée du premier étage doit permettre de proposer un tarif séduisant. Le BE-4 pourrait aussi équiper le futur lanceur Vulcan de la compagnie United Launch Alliance qui associe Boeing et Lockheed Martin.
Dans un deuxième tweet envoyé immédiatement après celui concernant la «perte» du «powerpack», Blue Origin a déclaré : «revenir aux essais bientôt», rappelant sa devise Gradatim Ferociter (pas à pas vaillamment).

La firme privée américaine mène un autre programme orienté vers le tourisme spatial suborbital (pas de mise sur orbite) où une capsule de 6 places est amenée à plus de 100 km d’altitude par un petit lanceur réutilisable baptisé New Shepard. Un prototype de ce dernier a réussi 5 vols inhabités (dont 4 réutilisations) de 2015 à 2016. Le New Shepard emploie un autre propulseur, le BE-3 (hydrogène et oxygène liquide).