Ciel d’août : des Perséides favorables

Ciel d’août : des Perséides favorables

En août, la voûte céleste nous offre 4 planètes visibles à l’œil nu (Vénus, Jupiter, Saturne et Mars) ainsi que la pluie de météores des Perséides dont le pic est prévu dans la nuit du 12 au 13.

La période estivale est souvent propice à une (re)découverte du firmament. Les nuits ne sont pas froides et les congés peuvent offrir l’occasion de s’éloigner des zones touchées par la pollution lumineuse. On constate alors que le ciel urbain est bien pâle en comparaison du spectacle offert par une voûte céleste emplie d’étoiles et de la Voie lactée, cette bande laiteuse qui est en fait notre propre galaxie vue par la tranche.

4 planètes à l’œil nu

Cette balade dans le système solaire déjà amorcée en juillet continue en août. Tournez-vous du côté du Soleil couchant. À la faveur de la disparition de l’astre du jour sous l’horizon, vous finirez par voir l’éclat insolent de Vénus avec une magnitude de -4,3. Pour rappel, la magnitude est une mesure de l’éclat des astres. Plus le chiffre est élevé et moins c’est brillant. Dans des conditions parfaites, la limite de l’œil nu est à 6. Une magnitude négative comme celle de Vénus dénote un fort éclat. Cette planète plus proche du Soleil que la Terre, se couche 1 heure et 45 minutes après notre étoile début août et 1 heure et quart après à la fin du mois d’août.
Mars étant en période d’opposition (lire cet article de Laurent Ferrero pour des conseils d’observation), elle se lève à l’opposé du Soleil lorsqu’il se couche. Mais la planète rouge est alors difficilement observable car il faudrait un horizon parfaitement dégagé. De plus, même si Mars conserve un bel éclat en ce mois d’août (magnitude -2,8 le 1er et -2,4 le 30), il faut attendre qu’elle s’élève en hauteur au-dessus de l’horizon et que le ciel devienne plus sombre pour l’admirer.
Mais Vénus se couchant un peu plus d’une heure après le Soleil, il est possible avec un horizon largement dégagé de voir les 2 planètes ensemble auxquelles se joignent toujours Jupiter et Saturne. Bref, une belle balade dans le Système solaire à l’œil nu ! En cas de lieu moins favorable, repérez tout de même Vénus après le couchant à l’Ouest, surveillez ensuite le reste du ciel pour y apercevoir Jupiter et Saturne au Sud, puis attendez la sortie de Mars au Sud-Est même si Vénus a fini par se coucher ou passer derrière votre ligne d’horizon.

4 planètes dans le ciel avec un horizon dégagé. Carte calculée pour la région de Toulouse le 9 août à 22 heures (mais valable autour de cette date. Si vous êtes plus au nord, les planètes et étoiles seront d’autant plus basses sur l’horizon). Crédit : Cité de l’espace/Sky Safari

4 planètes dans le ciel avec un horizon dégagé. Carte calculée pour la région de Toulouse le 9 août à 22 heures (mais valable autour de cette date. Si vous êtes plus au nord, les planètes et étoiles seront d’autant plus basses sur l’horizon).
Crédit : Cité de l’espace/Sky Safari

Cette balade visuelle peut aussi être l’occasion de réfléchir à la notion des distances dans le Système solaire. En allant de l’Ouest à l’Est, sachez que Vénus est à 113 millions de kilomètres, Jupiter à 796 millions de km, Saturne à 1,4 milliard de km et Mars à «seulement» 58,3 millions de km (distances pour le 9 août, elles varieront un peu durant le mois). Songez maintenant que ces planètes sont à quelques minutes-lumière de la Terre. Ainsi, la lumière venue de Saturne (en fait la lumière du Soleil réfléchie par la géante aux anneaux) met 77 minutes à atteindre vos yeux à la vitesse de 300000 km/s ! Ce sont pourtant là des distances extrêmement petites si on les compare à celles qui nous séparent des étoiles : ces autres soleils sont à plusieurs années-lumières de nous. Véga qui trône près du zénith l’été est par exemple à 25 années-lumière.

Perséides : un pic dans la nuit du 12 au 13 août

C’est le grand classique du mois d’août. Quoi donc ? La pluie d’étoiles filantes des Perséides. Le pic d’activité est déterminé pour 2018 comme se déroulant dans la nuit du 12 au 13 août. Mais avant d’aller plus loin, parlons un peu des étoiles filantes en général.
Ce terme est impropre bien sûr. Les traînées lumineuses qui zèbrent parfois le ciel ne sont en effet pas des étoiles filantes. Ce sont des corps célestes, le plus souvent des grains de poussière semés par des comètes ou de petits fragments d’astéroïdes qui rentrent dans notre atmosphère. En raison de la vitesse, ils s’échauffent, se consument et émettent de la lumière créant une ligne brillante dans le ciel nocturne.
Chaque nuit, même en dehors du mois d’août, on a de bonnes chances d’admirer quelques étoiles filantes puisque la Terre est constamment «bombardée» de poussières, mais une grande majorité s’avère de trop petite taille pour donner un phénomène visible à l’œil nu. En journée, le ciel bleu qui résulte du Soleil masque toute possibilité d’en voir, sauf dans le cas d’événements exceptionnels où la taille du météore rend visible sa brûlante rentrée dans l’atmosphère (on parle alors de bolide).
Mais revenons aux étoiles filantes «classiques» qu’on aperçoit la nuit, le ciel sombre favorisant le spectacle. Sur une année, il existe plusieurs périodes qui correspondent au moment où la Terre traverse un essaim de poussière, généralement laissé par une comète sur son passage. Les pluies portent le nom de la constellation dont elles semblent venir, par exemple les Géminides en décembre pour la constellation des Gémeaux et, dans le cas qui nous intéresse, les Perséides en août pour la constellation de Persée. On notera qu’en fait la période des Perséides s’étend de la mi-juillet à la fin août. Toutefois, on sait que les Perséides résultent du passage de notre planète dans l’essaim de poussière laissé par la comète Swift-Tuttle (voir schéma ci-dessous).

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La position de ce nuage sur l’orbite terrestre étant bien connue, on peut alors faire une estimation assez fiable et pour 2018 c’est la nuit du 12 au 13 août qui devrait offrir le plus d’étoiles filantes, pardon de météores ! Surtout, le 12 août, la Lune sera particulièrement discrète. La Nouvelle Lune se produit en effet le 11 août, donc autour de cette date notre satellite naturel ne viendra pas perturber avec son éclat le ciel nocturne, laissant le champ libre à l’observation des Perséides.

Quelques conseils d’observation

Pour admirer ces traînées lumineuses fugaces, il suffit de s’installer confortablement afin d’embrasser du regard à l’œil nu le ciel nocturne avec un horizon bien dégagé, si possible vers la constellation de Persée. Celle-ci émerge de l’horizon Nord-Est vers minuit, mais vous n’êtes pas obligé d’attendre minuit (même si c’est tard dans la nuit que plusieurs paramètres favorisent l’observation).

La constellation de Persée à l’horizon Nord-Est vers minuit (carte calculée pour la région de Toulouse le 12 août mais valable autour de cette date et pour la France métropolitaine, la hauteur de la constellation au-dessus de l’horizon peut varier selon que l’on est plus au nord ou plus au sud). Crédit : Cité de l’espace/Sky Safari

La constellation de Persée à l’horizon Nord-Est vers minuit (carte calculée pour la région de Toulouse le 12 août mais valable autour de cette date et pour la France métropolitaine, la hauteur de la constellation au-dessus de l’horizon peut varier selon que l’on est plus au nord ou plus au sud).
Crédit : Cité de l’espace/Sky Safari

On peut ainsi s’allonger sur le sol ou sur une chaise longue. Il convient d’éviter toute source de lumière parasite (sur une terrasse ou un balcon, éteignez l’éventuel éclairage). Plus vous verrez d’astres dans le ciel, et plus vous aurez de chances d’apercevoir une «étoile filante» ou plusieurs.