50 ans de lancements au CSG

50 ans de lancements au CSG

Le 9 avril 1968, une fusée-sonde Véronique s’envolait vers l’espace depuis le Centre Spatial Guyanais dont les travaux avaient commencé à peine 4 ans auparavant. Le lieu deviendra ensuite le port spatial de l’Europe.

C’est en 1964 que la décision est prise au plus haut niveau de l’État français avec le CNES, son agence spatiale : le futur de l’astronautique du pays, puis de l’Europe, se fera à partir de la Guyane. Un immense chantier commence afin de faire sortir de la jungle amazonienne le Centre Spatial Guyanais.

Véronique s’envole le 9 avril 1968

En 1964, la France est déjà une puissance spatiale en devenir puisqu’elle procède à des tirs de fusées depuis la base d’Hammaguir située en Algérie. C’est d’ailleurs depuis cette base qu’une fusée Diamant envoie le premier satellite français, Asterix, sur orbite le 26 novembre 1965. La France décroche alors la place de troisième puissance spatiale derrière l’Union Soviétique et les États-Unis. Mais au titre des accords d’Evian signés par la France et l’Algérie après la guerre, Hammaguir doit être évacué en 1967.
Avec son ouverture sur l’océan Atlantique à l’Est et sa position à 5° au nord de l’équateur, le site de Kourou en Guyane française est sélectionné par le CNES comme l’endroit idéal. L’océan à l’est sera survolé par les lanceurs, assurant une retombée de leurs étages en dehors de toute zone habitée. Surtout, en étant proche de l’équateur, Kourou permet de bénéficier de l’effet de fronde apporté par la rotation de la Terre de façon bien plus notable qu’à Cap Canaveral en Floride (17 % de masse lancée en plus à puissance égale) ou Baïkonour au Kazakhstan (30 % de plus !).

 

Le premier départ pour l’espace depuis le Centre Spatial Guyanais se déroule le 9 avril 1968 avec une fusée-sonde Véronique. Crédit : CNES

Décollage d’une fusée-sonde Véronique le 9 avril 1968.
Crédit : CNES

Le premier départ pour l’espace depuis le Centre Spatial Guyanais se déroule le 9 avril 1968. C’est une fusée-sonde Véronique (pour VERnon ElectrONIQUE car développée à Vernon sur le territoire métropolitain) de 4 tonnes de poussée qui décolle. Il n’est pas question alors de mise sur orbite. Toutefois, la fusée emporte des instruments de mesure et culmine à 113 km, dépassant la frontière de l’espace à 100 km. Le Centre Spatial Guyanais devient de fait une base spatiale !

 

L’accès à l’orbite depuis la Guyane se fera pour la première fois le 10 mars 1970 avec une fusée Diamant B qui emportait le satellite allemand Wika. Crédit : CNES

Premier accès à l’orbite depuis Kourou avec une Diamant B en 1970.
Crédit : CNES

L’accès à l’orbite depuis la Guyane se fera pour la première fois le 10 mars 1970 avec une fusée Diamant B qui emportait le satellite allemand Wika. Les années 1970 seront aussi celles de la crise du lanceur Europa qui réunissait plusieurs pays européens. Pour répondre aux échecs successifs d’Europa, la France propose de prendre en charge majoritairement (à 60 % et en assumant les dépassements) la mise au point d’un lanceur dit de substitution qui va donner naissance à Ariane. Le 24 décembre 1979, le premier lanceur Ariane quitte Kourou pour l’espace et signe le début d’une saga qui continue encore, associant succès commercial et l’indépendance de l’Europe pour son accès à l’espace.

Un demi-siècle d’histoire

Le Centre Spatial Guyanais est conscient de la richesse de son histoire. Le site web officiel du CSG s’est d’ailleurs déjà paré d’une signalétique particulière qui affiche sur le côté «50 ans de lancements en Guyane» (voir ci-dessous). Il est de plus possible de visiter en 360° les lieux historiques du port spatial et notamment celui d’où la première Véronique guyanaise s’envola le 9 avril 1968 (voir cette page spécifique).

Le site officiel du CSG vous propose de découvrir en 360° les lieux qui font son histoire comme ici le pas de tir des fusées-sondes Véronique. Crédit : CNES/Cité de l’espace (capture d’écran).

Le site officiel du CSG vous propose de découvrir en 360° les lieux qui font son histoire comme ici le pas de tir des fusées-sondes Véronique.
Crédit : CNES/Cité de l’espace (capture d’écran).

Toujours sur le web, on visitera aussi le site «Nos premières années dans l’espace» qui réunit des textes (avec des photos) écrits par les acteurs des débuts du spatial français. Une mine d’informations et d’anecdotes ! La page consacrée au vol Véronique du 9 avril 1968 est ici.
Notons enfin chez l’éditeur Cherche-Midi la sortie de Kourou 5° Nord de Karol Barthelemy. Préfacé par Jean-Yves Le Gall, président du CNES, cet excellent ouvrage de 152 pages retrace les 50 premières années du CSG, des origines au présent, sans oublier de nous faire découvrir comment ce port spatial fonctionne.

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