Curiosity vise le cratère Gale sur Mars

Curiosity vise le cratère Gale sur Mars
Le site du prochain rover martien de la NASA a été sélectionné : le cratère Gale qui aurait pu autrefois accueillir de l’eau. Baptisé Curiosity, l’engin doit décoller vers la planète rouge vers la fin de l’année.


Le prochain rover martien de la NASA (image d’artiste) : MSL-Curiosity. Il doit s’envoler vers la fin de l’année et son site d’exploration sur la planète rouge sera le cratère Gale.
Crédit : NASA/JPL-Caltech


Sur Mars, le rover Spirit est désormais considéré «mort» (voir cette actualité) tandis que son jumeau Opportunity continue sa route après plus de 7 ans sur place et plus de 20 km parcourus. Et la relève arrive ! Elle porte le nom de Curiosity (curiosité en anglais) et identifie le MSL, Mars Science Laboratory, un imposant rover 2 fois plus grand et 5 fois plus massif qu’Opportunity ou Spirit.

Un atterrissage spectaculaire
Les ambitions attachées à ce véhicule de 800 kg et de la taille d’une petite voiture citadine sont élevées : bardé d’instruments, dont certains réalisés par l’agence spatiale française CNES, Curiosity doit déterminer si la planète rouge a pu, ou peut encore, réunir des conditions favorables à la présence d’une vie simple de type microbien. Dans cette optique, ce laboratoire mobile adopte la stratégie de l’agence américaine concernant Mars : suivre l’eau. C’est ce qui explique le choix du cratère Gale de 154 km de diamètre comme destination (voir après la vidéo ci-dessous qui présente ce site à partir d’un «survol» virtuel réalisé avec des images récoltées par des sondes sur orbite martienne).

Avant d’en arriver à Gale, une centaine de scientifiques ont commencé par l’examen de 30 sites afin d’en extraire une première sélection de 4 candidats prometteurs. Finalement, le cratère Gale l’emporte car de nombreux indices montrent que celui-ci a pu connaître des épisodes où de l’eau était présente dans son passé. De plus, en son centre trône une sorte de colline de 5.000 m de hauteur composée de strates géologiques qui sont autant de témoins successifs de l’histoire de Mars.


Le cratère Gale sur Mars : une image qui combine les données des sondes Mars Odyssey et Mars Global Surveyor. Le cercle jaune identifie la zone d’atterrissage de MSL-Curiosity.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/ASU/UA


Pour se poser à cet endroit, le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA a mis au point une nouvelle méthode d’atterrissage particulièrement impressionnante. Au lieu des airbags utilisés pour Spirit et Opportunity, Curiosity (après être rentrée dans l’atmosphère dans une capsule) survolera sa cible accroché à un «portique volant» propulsé par des rétros-fusées. Ensuite, le rover descendra à la surface le long de câbles. Une fois que les roues de l’engin toucheront le sol martien, les câbles seront sectionnés et le portique ira s’écraser au loin. La vidéo ci-dessous montre en animation cette méthode d’atterrissage innovante.

La mission de Curiosity doit durer une année martienne (deux années terrestres) et le rover, contrairement à ses prédécesseurs, ne dépendra pas des caprices de la météo locale pour son énergie. En effet, Spirit et Opportunity tirent leur électricité de panneaux solaires. Or ceux-ci ont été au cours de leur périple recouverts de poussières et, par chance, les vents ont parfois partiellement «nettoyé» ceux-ci. La «mort» de Spirit vient notamment du fait que celui-ci s’étant enlisé dans une mauvaise position, ses panneaux n’étaient pas idéalement orientés vers le Soleil afin d’en obtenir le maximum d’énergie pour affronter le rigoureux hiver martien.
Rien de tel donc pour Curiosity qui emporte sur sa partie arrière une «pile nucléaire», en fait un générateur thermoélectrique à radioisotope (ou RTG – Radioisotope Thermoelectric Generator). Le fonctionnement est simple et c’est pourquoi ce système a été retenu (il a fait ses preuves sur plusieurs sondes comme Voyager, Galileo, Cassini, etc.). Une barre de plutonium-238 émet de la chaleur du fait de sa radioactivité. Celle-ci est entourée d’un thermocouple : en gros deux métaux conducteurs sont connectés et un potentiel électrique est généré car l’un des deux est plus chaud que l’autre (le plus chaud étant celui placé plus près du plutonium). Ce dispositif assurera à Curiosity une autonomie en énergie bien utile puisque l’engin embarque de nombreux systèmes dont sa propre motorisation et une expérience française particulièrement originale : un laser haute puissance frappera des roches et un spectromètre analysera la lumière ainsi produite afin d’en déterminer la composition à distance.


Ces maquettes à l’échelle une montrent les tailles respectives des 3 types de rover martiens de la NASA. Au centre, le petit Sojourner qui s’est posé sur Mars lors de la mission Pathfinder en 1997. À gauche, un exemplaire des jumeaux Spirit et Opportunity arrivés sur la planète rouge en 2004. Et à droite, le très imposant MSL-Curiosity.
Crédit : NASA/JPL


Mais pour l’instant, la prochaine grande étape du rover va se dérouler depuis la Terre. Le 25 novembre de cette année (date retenue pour le moment), il quittera notre planète depuis la Cape Canaveral Air Force Station en Floride au sommet d’une fusée Atlas 5. L’arrivée à la surface du cratère Gale est prévue un an plus tard en août 2012.

Publié le 25 juillet 2011