Non, Jeanette Epps n’est pas «la première femme noire à rejoindre l’ISS».

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Jeanette Epps (à gauche) et Andrew Feustel. Crédit : NASA

Le 4 janvier, la NASA a annoncé que les astronautes Andrew Feustel et Jeanette Epps participeraient à des missions de la Station Spatiale Internationale en 2018.
Andrew Feustel est déjà allé dans l’espace à 2 reprises lors de missions à bord de la navette spatiale américaine : STS-125 en 2009 pour l’ultime entretien du télescope spatial Hubble et STS-134 en 2011 dans le cadre de l’assemblage de la Station Spatiale Internationale (avec mise en place de l’instrument AMS). Il participera aux Expéditions 55 et 56 de l’ISS.
En revanche, ce sera le baptême de l’espace pour Jeanette Epps sélectionnée par l’agence américaine en 2009. À ce titre, la NASA a précisé que Jeanette Epps «deviendra la première Afro-Américaine membre d’un équipage de la station spatiale» (will become the first African American space station crew member). Il s’agira des Expéditions 56 et 57.

Or, lors d’une discussion sur Twitter, la «vulgarisactrice» (comme elle se définit) du spatial et des sciences Florence Porcel (et auteure du livre «L’espace sans gravité») a attiré notre attention sur le fait que certains médias français parlaient de «la première femme noire à rejoindre l’ISS» (tweet reproduit ci-dessous).

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Il s’agit là d’un raccourci (parfois uniquement dans le titre de l’article d’ailleurs) qui aboutit à une erreur factuelle. Jeanette Epps sera bien la première Afro-Américaine à être membre d’une Expédition soit d’un équipage de la Station Spatiale Internationale. C’est la position qu’occupe par exemple le Français de l’ESA Thomas Pesquet qui fait partie de l’Expédition 50 de l’ISS. En revanche, Epps ne sera pas la première Afro-Américaine à rejoindre le complexe orbital. En effet, il y a eu avant elle Stephanie Wilson et Joan Higginbotham.

Stephanie Wilson, sélectionnée en 1996, est devenue la deuxième femme Afro-Américaine (après Mae Jemison en 1992) à partir dans l’espace, et ce lors de la mission STS-121 en juillet 2006 au cours de laquelle la navette Discovery a rejoint… la Station Spatiale Internationale !

Stephanie Wilson aux commendes du bras robotique Canadarm2 dans le module Destiny de l'ISS en 2006. Crédit : NASA

Stephanie Wilson aux commendes du bras robotique Canadarm2 dans le module Destiny de l’ISS en 2006. Crédit : NASA

Comme ses 6 collègues de Discovery, et participant à l’assemblage de l’ISS, Stephanie Wilson est allée plusieurs fois à bord de la station au cours de son vol orbital de 12 jours, dont presque 9 durant lesquels Discovery était amarrée à la station (pour rappel, la navette étant amarrée à la station, les astronautes peuvent aisément passer d’un vaisseau à l’autre).
Stephanie Wilson est ensuite retourné 2 fois vers l’ISS lors des missions STS-120 (en 2007) et STS-131 (en 2010).

De plus, une autre astronaute Afro-Américaine de la NASA, Joan Higginbotham, a de la même façon «visité» l’ISS lors de la mission STS-116 (en décembre 2006, navette Discovery).
On notera que les numéros de mission des navettes ne sont pas forcement dans l’ordre chronologique.

Joan Higginbotham dans le module Destiny de l'ISS en décembre 2006. Crédit : NASA

Joan Higginbotham dans le module Destiny de l’ISS en décembre 2006. Crédit : NASA

Pour conclure, rappelons que la Station Spatiale Internationale est un programme qui associe 5 agences spatiales, à savoir la NASA (États-Unis), Roscosmos (Russie), l’ESA (Europe), la JAXA (Japon) et l’ASC (ou CSA, Canada).