Le Falcon Heavy allume ses 27 propulseurs

Le Falcon Heavy allume ses 27 propulseurs

Le 24 janvier, SpaceX a procédé avec succès à l’allumage des 27 propulseurs Merlin de son nouveau lanceur Falcon Heavy en Floride. Le vol inaugural devrait être la prochaine étape.

Prévu initialement en décembre, le «static fire» (mise à feu des propulseurs sur le pas de tir sans décollage) du Falcon Heavy avait été reporté plusieurs fois. C’est donc le 24 janvier à midi et demi heure locale de Floride que ce test très attendu a eu lieu.

Falcon Heavy sera le lanceur en service le plus puissant

Le Falcon Heavy doit permettre à SpaceX de rentrer véritablement sur le marché du lancement lourd. En effet, le Falcon 9 actuellement employé par la firme américaine fondée par Elon Musk affiche une capacité d’emport qui s’avère parfois insuffisante pour répondre aux prestations que demandent certains clients (qu’il s’agisse des opérateurs de satellites ou du gouvernement américain). Avec une poussée au décollage presque 2 fois supérieure à celle d’Ariane 5 et des performances annoncées de 63 tonnes sur orbite basse ou 26 tonnes sur orbite de transfert géostationnaire (10 tonnes pour Ariane 5), le Falcon Heavy sera même le lanceur le plus puissant en service.
Le Falcon Heavy consiste en 3 premiers étages de Falcon 9 accolés (avec le deuxième étage sur celui du centre), mais cette simplicité n’est qu’apparente. Elon Musk lui-même a reconnu que le développement du nouveau lanceur avait été bien plus difficile qu’envisagé.
Initialement prévu pour une mise en service en 2013, le Falcon Heavy s’est donc fait attendre. Et c’est sur le pas de tir LC39A du Kennedy Space Center en Floride, que la société loue à la NASA, qu’il va connaître son vol inaugural. Le 24 janvier, l’essai au sol des 27 propulseurs (chaque premier étage en compte 9) constituait une étape indispensable avant le grand jour.

Ci-dessous la vidéo SpaceX de ce «static fire».

Elon Musk a utilisé comme à son habitude Twitter pour donner quelques (succinctes) informations sur le test.

Il indique que l’essai «était bon» et que le lancement devrait se dérouler «dans environ une semaine». On notera que SpaceX procède toujours à un «static fire» sur le pas de tir de ses lanceurs avant le décollage. Bien évidemment, pour le Falcon Heavy, cette procédure habituelle de la firme se doublait d’une première. En effet, SpaceX n’a jamais pu tester la mise à feu coordonnée des 27 propulseurs Merlin du Falcon Heavy car ses installations d’essai au Texas ne le permettent pas.
On comprend dès lors pourquoi ce «static fire» était tant attendu, non seulement par les équipes en charge du développement du Falcon Heavy, par les professionnels du spatial (dont la concurrence), mais aussi par les passionnés d’astronautique. Plusieurs se sont ainsi rendus sur place afin d’assister à l’événement. Parmi eux il y a même un Français, le youtubeur spatial Astrovicnet (chaîne Stardust) dont la vidéo de la mise à feu du 24 janvier est ci-dessous.

Falcon Heavy : réutilisable lui aussi

Pour son vol inaugural, le Falcon Heavy enverra sur orbite entre la Terre et Mars un roadster Tesla, celui d’Elon Musk qui fait ainsi de la publicité pour ce fabricant de voitures électriques qui lui appartient ! La récupération des 3 premiers étages sera tentée : les 2 latéraux se poseront sur 2 zones réservées à la Cape Canaveral Air Force Station qui jouxte le Kennedy Space Center et le central reviendra sur une barge automatique en mer. Ces 2 méthodes de retour sont maîtrisées par SpaceX depuis maintenant quelques vols. La vidéo ci-dessous rappelle tous les essais accomplis avant d’arriver au succès.

En 2015, dans la vidéo ci-dessous, SpaceX expliquait en images de synthèse comment se déroulerait le vol d’un Falcon Heavy.

On notera cependant qu’il est montré un retour des 3 premiers étages au sol. Comme précisé plus haut, Elon Musk a bien établi que l’étage central reviendra, lui, sur une barge.