2 astéroïdes à proximité de la Terre en septembre et octobre

2 astéroïdes à proximité de la Terre en septembre et octobre

Le 1er septembre, l’astéroïde Florence de 4,4 km de large passera à 7 millions de km de la Terre. Le 12 octobre, ce sera au tour de 2012 TC4 à 43500 km, mais il est plus petit (10 à 30 m). Dans les 2 cas, des observations seront menées.

Dans le Système solaire, les astéroïdes sont considérés comme les «laissés pour compte» de la formation des planètes et à ce titre ce sont des témoins des conditions qui régnaient il y a un peu plus de 4 milliards d’années. Certains de ces «cailloux baladeurs» passent près de l’orbite de la Terre et c’est pourquoi depuis plusieurs années des programmes de surveillance du ciel existent afin de les détecter. Et vous avez ainsi peut-être lu qu’un gros astéroïde nommé Florence va prochainement «frôler» notre planète…

L’astéroïde Florence va-t-il frôler la Terre ?

Présentons tout d’abord 3122 Florence. Il a été découvert le 2 mars 1981 par l’astronome américain Schelte Bus à l’observatoire de Siding Spring en Australie. Le patronyme attaché à ce caillou baladeur rend hommage à la célèbre infirmière Florence Nightingale (1820-1910).
Avec 4,4 km de large, il est évident que ce géocroiseur (pour astéroïde qui s’approche de l’orbite de la Terre) causerait un cataclysme mondial et pourrait même mettre fin à notre civilisation telle que nous la connaissons en cas d’impact. Mais tout danger est écarté car le CNEOS (Center for Near-Earth Object Studies), centre de la NASA chargé d’étudier les géocroiseurs, a déterminé depuis déjà un moment que Florence passera à 7 millions de km de la Terre le 1er septembre. C’est 18 fois la distance Terre-Lune comme le montre le schéma ci-dessous.

Florence passera à la confortable distance de 7 millions de km le 1er septembre prochain. Crédit : NASA/JPL-Caltech - Adaptation : Cité de l’espace

Florence passera à la confortable distance de 7 millions de km le 1er septembre prochain.
Crédit : NASA/JPL-Caltech – Adaptation : Cité de l’espace

Avec 7 millions de km ce sera même la plus faible distance de passage pour cet astéroïde d’ici l’année 2500. En revanche, Paul Chodas, le responsable du CNEOS, reconnaît que «Florence est le plus gros astéroïde qui passe si près de notre planète depuis qu’a commencé le programme de la NASA pour détecter et suivre les géocroiseurs». Or, en astronomie tout est relatif surtout si on parle de distances. Et c’est probablement les 4,4 km de large de l’astéroïde qui expliquent l’utilisation du verbe «frôler» pour certains titres sensationnels…
Du côté des scientifiques, les 7 millions de km sont surtout vus comme une aubaine ! En menant des observations radar, ils comptent déterminer la forme et la taille de l’objet avec beaucoup plus de précision et même révéler des détails à sa surface jusqu’à 10 m de résolution.

Imagerie radar de l'astéroïde Florence réalisée le 29 août avec le radiotélescope de Goldstone en Californie. Crédit : NASA

Imagerie radar de l’astéroïde Florence réalisée le 29 août avec le radiotélescope de Goldstone en Californie.
Crédit : NASA

2012 TC4 passera bien plus près !

Si on veut utiliser le verbe frôler, alors il conviendrait mieux au cas de l’astéroïde 2012 TC4 qui passera à 43500 km de la surface de la Terre le 12 octobre prochain. Mais avec «seulement» 20 à 30 m de large, ce géocroiseur  impressionne moins. Ceci dit, un impact aurait tout de même de très sérieuses répercussions puisqu’il s’agit d’un objet similaire en taille à celui qui provoqua la catastrophe de la Toungouska en Sibérie en 1908 (forêt détruite dans un rayon de 20 km dans une zone fort heureusement inhabitée).

Simulation du passage de 2012 TC4 le 12 octobre. Crédit : NASA/JPL-Caltech

Simulation du passage de 2012 TC4 le 12 octobre. Attention, la taille de l’astéroïde n’est pas à l’échelle ! Cette simulation montre la vue qu’aurait une sonde très proche de 2012 TC4.
Crédit : NASA/JPL-Caltech

Il n’y a toutefois aucun danger de collision le 12 octobre. Même en prenant les plus fortes incertitudes de calcul, on sait que 2012 TC4 ne peut pas s’approcher à moins de 6800 km de notre planète.
Car, oui, le calcul des trajectoires d’astéroïdes ne fournit pas des mesures exactes la plupart du temps, mais des fourchettes plus ou moins larges en fonction des observations faites. C’est pourquoi les différents programmes de surveillance et d’études sont indispensables afin de cumuler les données à partir desquelles les spécialistes affineront les orbites de ces cailloux baladeurs. Et comme pour Florence, 2012 TC4 sera abondamment observé pour récolter de précieuses informations. De plus, parallèlement à cette logique, plusieurs agences spatiales réfléchissent aux moyens de dévier de leur trajectoire les objets qui pourraient avoir le mauvais goût de s’approcher un peu trop près de nous.