Freinage réussi pour Rosetta

Freinage réussi pour Rosetta
La sonde de l’ESA a allumé ses propulseurs dans la nuit du 21 au 22 mai. Sa vitesse d’approche vers son objectif, la comète Churyumov-Gerasimenko, a été diminuée comme prévu. Six autres freinages doivent être accomplis d’ici la fin juillet.



À l’ESOC à Darmstadt, «tour de contrôle» des satellites et sondes de l’ESA, on surveille la manœuvre de Rosetta pendant la nuit du 21 au 22 mai. De gauche à droite : Paolo Ferri (directeur des opérations à l’ESA), Sylvain Lodiot (assis et responsable des opérations de la sonde) et Fred Jansen (manager de la mission Rosetta). L’ESA a précisé qu’à 02h30 du matin le 22 mai, Rosetta avait passé la distance symbolique du million de kilomètres par rapport à la comète : la sonde se rapproche inexorablement vers son objectif !
Crédit : ESA


Comme planifié (voir cet article), Rosetta a allumé 4 propulseurs le 21 mai à 17h23 heure française. Ceux-ci étant orientés «vers l’avant», ils ont agi comme des rétrofusées, faisant perdre de la vitesse à la sonde et plus exactement de la vitesse relative par rapport à la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Le but était de passer de 2.714 km/h (plus de deux fois la vitesse du son, mais dans le vide spatial cette notion n’a pas vraiment de sens) à 1.667 km/h. Au centre ESOC (European Space Operations Centre) de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) à Darmstadt, les contrôleurs ont surveillé le déroulement des opérations. Dans la matinée du 22 mai, deux tweets (voir ci-dessous) annonçaient la satisfaction des personnes impliquées. «Mon équipe est heureuse», a-t-on même fait dire à Rosetta via son fil Twitter officiel.

L’allumage a au final duré moins de 8 heures et exactement 7 heures et 16 minutes. L’arrêt des propulseurs est donc intervenu à minuit passé de 39 minutes le 22 mai. Ce «Big Burn» (gros allumage) comme l’appelle l’ESA a consommé 218 kg d’ergols. Et il s’agit du plus important en terme de perte de vélocité puisque la sonde a ainsi ralenti en théorie de 290,89 mètres par seconde. Le prochain prévu pour le 4 juin est similaire toutefois en importance avec une chute de vitesse souhaitée de 270,98 m/s. Par la suite, 5 autres freinages seront réalisés le 18 juin, et les 2, 9, 16 et 23 juillet avec des ralentissements de plus en plus modestes allant de 90,76 m/s pour le premier à 4,62 m/s pour le dernier.
Le but consiste à arriver à proximité de la comète avec peu de vitesse relative (en l’occurrence 3,6 km/h) afin de ne pas dépasser son noyau d’environ 4 à 5 km de large et de réussir à se placer en orbite autour de celui-ci au mois d’août (une première).
Pour revenir au «Big Burn» de la nuit du 21 au 22 mai, il va falloir attendre quelques jours pour vérifier si la chute de vitesse attendue est exactement celle prévue. Sylvain Lodiot, responsable des opérations de Rosetta, est toutefois confiant : «Les moteurs et le système de propulsion dans son ensemble ont très bien fonctionné». De plus, l’avantage de procéder par étapes pour le ralentissement de Rosetta est justement de pouvoir réaliser des ajustements (en modifiant les paramètres du freinage suivant) en cas de léger décalage par rapport au résultat attendu.


Maquette de Rosetta suspendue au sein de l’exposition Explorations Extrêmes à la Cité de l’espace à Toulouse. En bas, au fond, remarquez la reproduction taille réelle de l’atterrisseur Philae au sein d’un décor reconstituant la surface de Churyumov-Gerasimenko. Rosetta transporte en effet ce robot de 100 kg qui sera en novembre prochain le premier engin à ce poser sur un noyau de comète.
Crédit : Enjoy Space / Olivier Sanguy



Publié le 22 mai 2014