Ariane 5 place sur orbite 4 nouveaux satellites Galileo

Ariane 5 place sur orbite 4 nouveaux satellites Galileo

Le 99ème vol d’un lanceur Ariane 5 s’est conclu par un succès le 25 juillet. Galileo a ainsi reçu 4 nouveaux satellites qui renforcent ce «GPS européen» qui fonctionne déjà au sein de nombreux équipements, dont les smartphones récents.

C’est à 8h25 du matin, heure locale du Centre Spatial Guyanais, que le compte à rebours du vol VA244 a atteint le zéro qui signe l’allumage du moteur Vulcain 2 d’Ariane 5 suivi de celui de ses 2 étages d’accélération à poudre latéraux. Le lanceur européen s’est élevé dans un ciel dégagé.

Ci-dessous, la vidéo du décollage (Arianespace).

Un lancement suivi en direct à la Cité de l’espace

Avec cette mission, la constellation Galileo passe de 22 à 26 satellites ce qui renforce la disponibilité dans le monde entier de ce service de géolocalisation européen qui a pour ambition d’être plus précis que le GPS américain. Alors que ce dernier est militaire, Galileo est civil. De plus, Galileo est financé par l’Union Européenne, le but étant de donner à l’Europe son indépendance en matière de positionnement par satellites. Un choix de souveraineté important car aujourd’hui une part croissante de l’activité économique dépend des services de localisation par satellites.
À Toulouse, la Cité de l’espace a proposé à ses visiteurs d’assister en direct à l’envol d’Ariane 5 et de ses 4 «passagers», les satellites Galileo n°23 à 26 baptisés Tara, Samuel, Anna et Ellen (tous les satellites de la constellation européenne portent un prénom). Il était 13h25 en France métropolitaine.
On notera que la salle prévue pour cet événement fut vite remplie et sa capacité d’accueil d’une centaine de personnes fut même dépassée ! Le lancement a toutefois été relayé sur l’écran géant à l’entrée de la Cité de l’espace afin que le maximum de personnes puisse en profiter.

Une centaine de personnes en salle Vega à la Cité de l’espace pour assister au lancement de 4 nouveaux satellites Galileo. Cette salle ayant atteint sa capacité d’accueil maximale, le direct vidéo a été relayé sur l’écran géant à l’entrée. Crédit : Cité de l’espace 

Une centaine de personnes en salle Vega à la Cité de l’espace pour assister au lancement de 4 nouveaux satellites Galileo. Cette salle ayant atteint sa capacité d’accueil maximale, le direct vidéo a été relayé sur l’écran géant à l’entrée.
Crédit : Cité de l’espace

La responsabilité du segment spatial de Galileo, autrement dit les satellites et leur lancement, a été confiée par l’Union Européenne à l’Agence Spatiale Européenne (ESA). L’industriel allemand OHB est le maître d’œuvre pour l’agence de la construction des satellites qui emportent une charge utile fabriquée par Surrey Satellite Technology (filiale d’Airbus) au Royaume-Uni. D’autres industriels, tel Thales Alenia Space, interviennent. Notons que le CNES, l’agence spatiale française, gère la délicate mise à poste des satellites qui consiste à s’assurer de leur bon fonctionnement et de les amener sur la bonne position orbitale… à 5 m près !

Le dernier vol d’Ariane 5 en version ES

Les 14 premiers satellites de validation puis opérationnels Galileo ont été placés sur orbite de 2011 à 2016 par paire avec un Soyouz russe qui décollait du Centre Spatial Guyanais (2 furent amenés sur une mauvaise orbite suite à un dysfonctionnement de l’étage Fregat du Soyouz mais devraient pouvoir partiellement contribuer au système de géolocalisation). En novembre 2016 puis décembre 2017, c’est un lanceur Ariane 5 en version dite ES qui fut employé pour envoyer non plus 2 mais 4 satellites Galileo d’un coup. Ce mercredi 25 juillet, c’est le même type de mission qui s’est déroulé avec Tara, Samuel, Anna et Ellen. Il s’agit là d’un vol complexe de presque 4 heures au total qui emploie un étage supérieur doté d’un moteur Aestus capable de se rallumer afin d’amener les 4 satellites à plus de 20000 km d’altitude. Avec VA244, la société Arianespace qui commercialise le lanceur européen accomplissait la dernière mission d’un Ariane 5 ES. Cette version a certes été utilisée à 3 reprises désormais pour Galileo, mais aussi 5 fois pour envoyer les cargos automatiques ATV qui desservaient la Station Spatiale Internationale. Les prochains envois de satellites Galileo se feront avec Ariane 6 à partir de 2020.

Image d’artiste montrant Ariane 5 ES avec 4 satellites Galileo à son sommet. Une configuration de mission employée à 3 reprises. Crédit : ESA/Pierre Carril

Image d’artiste montrant Ariane 5 ES avec 4 satellites Galileo à son sommet. Une configuration de mission employée à 3 reprises.
Crédit : ESA/Pierre Carril