Hayabusa 2 explore Ryugu

Hayabusa 2 explore Ryugu

Lancée fin 2014, la sonde japonaise Hayabusa 2 a réussi son rendez-vous avec l’astéroïde Ryugu le 27 juin. Elle doit le scruter avant d’y prélever des échantillons pour les ramener sur Terre en 2020.

L’agence spatiale japonaise JAXA (Japan Aerospace eXploration Agency) a précisé qu’Hayabusa 2 était arrivée à destination le 27 juin à 00:35 Temps Universel après 3 ans et demi de voyage. La sonde n’est pas à proprement parler sur orbite autour de Ryugu car, avec 1 km de large environ, cet astéroïde présente un champ gravitationnel très faible. Les contrôleurs au sol vont donc s’assurer que leur «faucon pèlerin» (qui se dit Hayabusa en japonais) navigue en restant autour de son objectif afin de l’étudier.

Ryugu, un astéroïde étonnant

L’aspect inattendu de Ryugu montre une fois de plus que les astéroïdes sont des corps qui présentent des formes très variées ! Et ce contrairement aux planètes qui sont toutes sphériques (avec souvent un léger aplatissent aux pôles du fait de leur rotation). En effet, de par leur masse, les planètes atteignent un équilibre hydrostatique où les forces de gravitation (qui découlent de la masse) sont contrecarrées par un gradient de pression. Rien de tel pour un astéroïde qui peut alors avoir une forme qui n’est plus autant «lissée».

Ryugu photographié par Hayabusa 2 du 18 du 20 au juin. Au fur et à mesure que la sonde s’approche, l’astéroïde se dévoile de plus en plus.<br /> Crédit : JAXA/University of Tokyo

Ryugu photographié par Hayabusa 2 du 18 du 20 au juin. Au fur et à mesure que la sonde s’approche, l’astéroïde se dévoile de plus en plus.
Crédit : JAXA/University of Tokyo

L’aspect de diamant brut de Ryugu s’explique par sa rotation qui entraîne une partie équatoriale bien plus large que les pôles. Mais ce n’est pas pour sa forme (inconnue lors de sa découverte en 1999) que cet astéroïde a été choisi par la JAXA. De type C (pour carboné), Ryugu est, comme tous les objets de ce genre, un des nombreux laissés pour compte de la formation du Système solaire. L’étudier revient donc à mieux comprendre les conditions qui régnaient lorsque les planètes se sont formées dont la nôtre, la Terre.

Ryugu : une image réalisée le 26 juin par Hayabusa 2. Crédit : JAXA/University of Tokyo

Ryugu : une image réalisée le 26 juin par Hayabusa 2.
Crédit : JAXA/University of Tokyo

Des mini-rovers, MASCOT et des échantillons 

Hayabusa 2 va désormais scruter Ryugu et surtout cartographier sa surface. Les responsables de la mission pourront alors choisir les endroits où ils largueront plusieurs «passagers» de la sonde. Il y a ainsi les 3 mini-rovers Minerva d’une dizaine de cm. Ils ne possèdent pas de roues et se déplaceront grâce à un petit moteur interne qui provoquera, par effet de couple, des petits bonds (rendus possibles du fait de la gravité très faible de l’astéroïde). Autre passager destiné à se poser sur Ryugu : MASCOT (Mobile Asteroid Surface SCOuT) fourni à la JAXA par les agences françaises CNES et allemande DLR. Le film CNES ci-dessous explique ce que fera MASCOT qui devrait être largué vers la surface de Ryugu en octobre prochain.

Hayabusa 2 doit aussi envoyer vers l’astéroïde un petit impacteur fait de cuivre. Le but est double. Tout d’abord observer comment Ryugu réagit à un tel impact : des données précieuses si un jour nous sommes amenés à devoir dévier de sa trajectoire un astéroïde qui menace notre planète. Ensuite, le choc créera un cratère artificiel et exposera alors ce qu’il y a sous la couche en surface. La sonde japonaise survolera donc ce cratère pour examiner avec ses instruments ce qui aura été ainsi dévoilé.

La sonde Hayabusa 2 s’approchant de la surface de Ryugu pour y prélever des échantillons (image d’artiste). Crédit : JAXA

La sonde Hayabusa 2 s’approchant de la surface de Ryugu pour y prélever des échantillons (image d’artiste).
Crédit : JAXA

Surtout, Hayabusa 2 procédera à des récoltes d’échantillons (jusqu’à 3). Cette opération délicate, la sonde doit toucher la surface avec son dispositif de prélèvement mais sans brutalité et repartir, s’effectuera de façon autonome puisque la distance à laquelle se trouve Ryugu interdit toute télécommande en temps réel. Fin 2019, le «faucon pèlerin» quittera l’astéroïde pour revenir vers la Terre. En décembre 2020, une capsule sera larguée et elle se posera en Australie sous parachute : elle contiendra les précieux échantillons. Leur analyse en laboratoire, d’une manière bien plus poussée qu’avec des instruments embarqués, amènera à n’en pas douter des connaissances inédites sur ce type de corps céleste vagabond.