Inde : un test pour un futur vol habité

Inde : un test pour un futur vol habité

Alors que le projet de programme habité de l’agence spatiale indienne ISRO semblait en pause, le 5 juillet, un essai réussi d’extraction d’une capsule en cas de problème sur le pas de tir a été mené.

Grâce à son agence ISRO (Indian Space Research Organisation) fondée en 1969, l’Inde a peu à peu mis sur pied son indépendance spatiale. Le pays fabrique ainsi ses propres satellites de télécommunications ou d’observation de la Terre afin de soutenir son développement économique.

Les technologies pour un vaisseau spatial habité indien

La plus grande démocratie du monde a de plus développé des lanceurs afin de disposer d’un accès autonome à l’espace. L’évolution des performances de ceux-ci fait que le recours à des prestataires étrangers (par exemple l’européen Arianespace) est de moins en mois fréquent.
L’ISRO travaille depuis quelques années sur un programme de vol habité, ou plus exactement sur l’étude des technologies nécessaires. C’est ainsi qu’en 2014, une capsule (sans personne à bord) fut envoyée sur une trajectoire suborbitale afin d’effectuer une rentrée dans l’atmosphère similaire à celle du retour d’un véhicule habité orbital. Le succès de cette mission montra que l’Inde maîtrisait cette phase essentielle d’un vol spatial.

En 2014, l’ISRO testa avec succès le retour depuis l’espace de cette capsule appelée CARE pour Crew module Atmospheric Reentry Experiment , ce qui signifie expérience de rentrée atmosphérique d’un module d’équipage ! Crédit : ISRO

En 2014, l’ISRO testa avec succès le retour depuis l’espace de cette capsule appelée CARE pour Crew module Atmospheric Reentry Experimen , ce qui signifie expérience de rentrée atmosphérique d’un module d’équipage !
Crédit : ISRO

Alors que la volonté du pays d’envoyer par lui-même ses astronautes dans l’espace semblait en pause, ce 5 juillet, l’ISRO a procédé à ce qu’elle appelle «une démonstration technologique majeure». Ce test couronné de succès est «le premier d’une série d’essais pour qualifier un système d’évacuation de l’équipage qui est une technologie critique dans le cadre du vol spatial habité».
C’est la classique et éprouvée solution d’une tour de sauvetage qui a été choisie. Elle fut employée pour Apollo et elle équipe les Soyouz russes. Il s’agit en fait d’une petite fusée à poudre placée au-dessus d’une capsule. Celle-ci est activée pour extraire la capsule et ses occupants afin de les éloigner d’un lanceur subissant une anomalie, et ce, même si ce dernier est toujours sur le pas de tir. Le test du 5 juillet concernait d’ailleurs cette hypothèse.

Envol du simulateur d’une capsule suite à la mise à feu de sa tour de sauvetage. Crédit : ISRO

Envol du simulateur d’une capsule suite à la mise à feu de sa tour de sauvetage.
Crédit : ISRO

L’ISRO a précisé que la maquette d’une capsule de 12,6 tonnes a été ainsi propulsée à 2,7 km d’altitude pour redescendre sous parachutes. Les niveaux d’accélération sont restés compatibles avec ceux que peuvent subir des astronautes.
Pour le moment le gouvernement indien n’a pas accordé les budgets nécessaires au développement d’un vaisseau spatial habité national. En revanche, le test du 5 juillet et l’annonce que d’autres suivront indiquent que l’ISRO continue d’acquérir le savoir-faire qui serait indispensable pour un tel but.

Retour de la capsule sous parachutes. Crédit : ISRO

Retour de la capsule sous parachutes.
Crédit : ISRO