Irma surveillé depuis l’espace

Irma surveillé depuis l’espace

Ouragan de catégorie 5 avec des rafales de 360 km/h, Irma est scruté depuis l’espace par des satellites afin de récolter des données permettant d’évaluer sa trajectoire pour une meilleure organisation des mesures de prévention puis des secours.

Irma a pris forme à la fin du mois d’août. Comme tout cyclone tropical, il puise son énergie dans la chaleur des eaux des océans. En fait, ces phénomènes «évacuent» le surplus de chaleur des régions tropicales vers les pôles, une sorte de rééquilibrage, hélas brutal et potentiellement catastrophique.
Classé catégorie 5 (le maximum sur l’échelle de Saffir-Simpson), Irma se caractérise par des vents soutenus de presque 300 km/ et des pointes à 360 km/h. Traversant les Antilles pour se diriger vers la Floride, il a déjà dévasté Saint-Barthélémy, Saint-Martin et Barbuda.

Irma vu depuis la Station Spatiale Internationale

À 400 km au-dessus de la Terre, la Station Spatiale Internationale (ISS) offre souvent un point de vue unique sur les phénomènes météorologiques. Ci-dessous, cette vidéo qui montre toute l’étendue d’Irma a été filmée depuis la Station.

Paolo Nespoli, l’astronaute italien de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), a photographié l’ouragan. «Une image n’était pas assez pour ce qui est peut-être le plus puissant ouragan de l’Océan atlantique» a-t-il commenté, faisant allusion au fait que l’image ci-dessous est un collage de plusieurs clichés afin de rendre compte de l’ampleur d’Irma (qui est presque aussi grand que la France).

© ESA

© ESA

«Restez en sécurité» conseille Paolo Nespoli. En effet, les ouragans charrient un potentiel de destruction du fait de la vitesse de leurs vents, de leurs pluies intenses et de la montée du niveau de la mer qu’ils engendrent à leur passage. Les moyens modernes permettent aujourd’hui de prévoir la trajectoire d’un ouragan et donc de mettre en place des mesures de prévention (sécurisation des bâtiments, éventuelle évacuation des populations, etc.). Et les satellites jouent un rôle.

Irma scruté par les satellites

Il y a bien évidemment des moyens de mesures au sol mais aussi aériens (des avions spéciaux survolent l’ouragan) pour récolter des informations. À cela s’ajoutent les satellites. Les scientifiques ont besoin de toutes ces données pour une stratégie à long et court terme. À long terme il s’agit de mieux connaître ces phénomènes en vue d’améliorer les modèles théoriques. Ces modèles théoriques sont utilisés pour le volet à court terme qui consiste à établir une prévision la plus fiable possible de l’intensité de l’ouragan et de son trajet, ceci afin que les autorités prennent les mesures de prévention adéquates.
La vidéo ci-dessous est une animation en 3D réalisée à partir des données du satellite GPM qui associe la NASA et l’agence spatiale japonaise JAXA.

Ces données radar montrent que les puissants orages d’Irma s’élèvent jusqu’à 12,5 km de hauteur et que certains culminent même à 16,5 km !
Concrètement, les multiples mesures obtenues par les moyens au sol, aériens et spatiaux servent à établir par exemple des cartes comme celle reproduite ci-dessous.

091506

Ici, la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), agence fédérale américaine chargée d’étudier les océans et l’atmosphère, établit une carte des risques liés à la vitesse des vents d’Irma. Un outil indispensable pour les organismes en charge de la sécurité des populations.

La vidéo ci-dessous est une animation basée sur des images du satellite GOES de la NOAA et qui montre la progression d’Irma du 3 au 6 septembre.

Les satellites pour organiser les secours

La prévention permet en théorie d’amoindrir le bilan humain et matériel de tels phénomènes. Mais hélas, cela ne suffit pas toujours. Irma s’est déjà révélé dévastateur dans les Antilles. Les satellites peuvent alors encore jouer un rôle crucial : ceux qui observent la Terre, et plus particulièrement ceux dotés de capacité d’imagerie du sol, vont fournir des clichés des régions impactées. Les secours obtiendront du coup une évaluation globale des dégâts afin de définir les priorités d’intervention vers les zones les plus touchées. De plus, les photographies satellites sont suffisamment précises pour identifier les routes ou ponts devenus impraticables, autorisant une meilleure organisation logistique du transport des aides.

L’image ci-dessous est une carte des inondations réalisée après le passage de l’ouragan Harvey sur le Texas grâce à des données du satellite radar allemand TerraSAR-X (lire cet article du blog Un Autre Regard sur la Terre).

ZKI Crisis Map (100 dpi)

Au niveau international, la Charte Espace et Catastrophes Majeures coordonne le recours aux satellites en cas de besoin. Chaque pays adhérent peut en demander l’activation afin que soient centralisées puis transmises aux autorités compétentes les données satellitaires recueillies de la région touchée. Pour Irma, la Charte a déjà été activée 3 fois.

Carte du NOAA montrant 3 ouragans en cours en ce moment : Katia dans le Golfe du Mexique et Irma et Jose dans l’Atlantique.

Carte du NOAA montrant 3 ouragans en cours en ce moment : Katia dans le Golfe du Mexique et Irma et Jose dans l’Atlantique.