La comète 67P se révèle de plus en plus

La comète 67P se révèle de plus en plus
Le 29 juillet, la sonde européenne Rosetta a photographié à 1 950 km de distance le noyau de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko vers laquelle elle se dirige. Après 10 ans de voyage, son objectif se dévoile de plus en plus.



Le noyau de la comète 67P vu à 1 950 km de distance par Rosetta.
Crédit : ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA


Quelle image extraordinaire ! Ce cliché réalisé avec la caméra OSIRIS de Rosetta date du 29 juillet. La sonde se rapprochant de la comète, la résolution des photographies obtenues monte très logiquement en flèche. Ainsi, à 1 950 km de distance, chaque pixel représente environ 37 m, ce qui permet désormais de bien distinguer la forme générale du noyau. Les scientifiques notent que la zone de jonction entre les deux parties du noyau apparaît un peu plus brillante, ce qui avait été deviné sur de précédentes images. À ce stade, les spécialistes ne peuvent avancer que des hypothèses comme le fait que sur cette zone de transition les matériaux de surface seraient d’une nature différente. Mais rien n’est définitif et bien évidemment les chercheurs attendent les futurs clichés à haute résolution qui seront possibles lorsque Rosetta arrivera à une centaine de km du noyau, à partir du 6 août, puis plus tard quand la sonde s’approchera encore plus à une dizaine de kilomètres.
Une autre image, moins spectaculaire, a été tout autant étudiée. Elle a été prise un peu avant, le 25 juillet (voir ci-dessous).

La coma de la comète observée par Rosetta le 25 juillet.Crédit : ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA

Ici, le contexte est bien plus large et le noyau est surexposé, ce qui explique l’aspect curieux du centre. Mais cette surexposition a permis de saisir ce qu’on appelle la coma de la comète et qui s’étend sur près de 300 km de large. La coma est en quelque sorte l’atmosphère extrêmement ténue qui entoure le noyau et qui est composée de poussières issues de celui-ci. La coma est aussi dénommée chevelure. Plus la comète s’approchera du Soleil et plus sa glace fondra, alimentant cette coma qui, «soufflée» par les vents solaires, finira par former une queue. Néanmoins, 67P sera trop loin de la Terre et trop modeste en activité pour être visible à l’oeil nu dans le ciel. En revanche, Rosetta sera aux premières loges pour observer son activité et n’oublions pas qu’au mois de novembre elle larguera son atterrisseur Philae qui se posera sur le noyau. Rappelons enfin que cette mission est au cœur de l’exposition Exploration Extrêmes de la Cité de l’espace à Toulouse (voir vidéo ci-dessous).

Publié le 31 juillet 2014