La comète de Rosetta s’active

La comète de Rosetta s’active
67P/Churyumov-Gerasimenko, la comète que vise la sonde européenne Rosetta montre de premiers signes d’activité. S’approchant du Soleil, sa glace se vaporise et des images la dévoilent entourée d’un nuage de vapeur et de poussières.



67P/Churyumov-Gerasimenko photographiée par Rosetta le 30 avril. On voit nettement le développement de la coma qui donne à l’astre vagabond cet aspect diffus typique des comètes.
En haut à droite, l’amas globulaire est M107 : cette concentration d’étoile en forme de boule est située à 20.900 années-lumière de nous.
Crédit : ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA


Selon l’expression consacrée, les comètes sont des «boules de neige sale». Et lorsque ces astres vagabonds s’approchent du Soleil, l’énergie émise par celui-ci finit par chauffer leur surface suffisamment pour que la glace se sublime alors en vapeur. Progressivement, de plus en plus de gaz et de poussières finissent par s’échapper de leur noyau.
Et c’est ce qui est en train de se produire pour 67P/Churyumov-Gerasimenko. C’est la caméra OSIRIS (Optical, Spectroscopic, and Infrared Remote Imaging System) de la sonde Rosetta qui a documenté le début de cette activité à la fin du mois d’avril. L’explorateur robotique de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) est en effet en phase d’approche de son objectif et se placera sur orbite autour de la comète en août prochain (une première). Puis, en novembre, Rosetta larguera l’atterrisseur Philae qui se posera sur le noyau de 67P, une seconde première spatiale !
Lorsque ces images ont été acquises par Rosetta, la comète se trouvait à 600 millions de km du Soleil, soit quatre fois plus loin de notre étoile que la Terre. Mais c’est déjà suffisant pour que le noyau d’environ 4 km de 67P commence à s’échauffer et s’entoure d’une enveloppe de gaz et de poussières, appelée coma, et qui s’étend actuellement selon les estimations des astronomes sur 1.300 km. Pour Holger Sierks, responsable de la caméra OSIRIS, le spectacle est révélateur en ce sens que Churyumov-Gerasimenko «commence à ressembler à une vraie comète».
La surveillance ainsi réalisée a aussi permis de déterminer avec plus de précision la rotation du noyau : celui-ci fait un tour sur lui-même en 12,4 heures, soit 20 minutes de moins que ce qui avait été préalablement envisagé. Une information cruciale afin de préparer les grands rendez-vous d’août et novembre.


La reconstitution taille réelle de Philae, l’atterrisseur de 100 kg porté par la sonde Rosetta, visible au sein de l’exposition Explorations Extrêmes de la Cité de l’espace.
Crédit : Olivier Sanguy


L’odyssée de Rosetta (la sonde est partie vers son objectif voici 10 ans – voir notre dossier) est au cœur de la nouvelle exposition temporaire de la Cité de l’espace de Toulouse, Explorations Extrêmes. Vous pourrez notamment y voir une réplique taille réelle de l’atterrisseur Philae se poser sur une reconstitution de la surface de la comète.

Publié le 16 mai 2013