Le tourisme suborbital au finish ?

Le tourisme suborbital au finish ?

Virgin Galactic et Blue Origin visent toutes deux le marché du tourisme spatial suborbital, un voyage à plus de 100 km d’altitude sans mise sur orbite. Les 2 firmes pourraient bien commencer leurs premiers vols habités en 2019.

Les annonces et promesses n’ont pas manqué dans le domaine du tourisme spatial suborbital. Après des années de projets, dont certains n’ont au final jamais abouti, il semble que désormais 2 firmes se disputent le finish pour savoir qui sera la première à emmener des passagers payants : Virgin Galactic et Blue Origin.

SpaceShipTwo et New Shepard

Le 29 mai, l’avion-fusée SpaceShipTwo de Virgin Galactic a accompli avec succès son deuxième vol propulsé supersonique. Largué par son avion-porteur, le SpaceShipTwo Unity a frôlé Mach 2 et atteint l’altitude de 35 km avant de revenir se poser en mode planeur sur l’aéroport de Mojave en Californie. Le milliardaire britannique Richard Branson était sur place pour encourager les équipes de l’entreprise qu’il a créée en 2004.

Ci-dessous, une vidéo Virgin Galactic du vol du 29 mai.

Le programme de tourisme suborbital de Virgin Galactic a connu de nombreux retards par rapport au calendrier optimiste annoncé les premières années. De plus, le crash d’un SpaceShipTwo le 31 octobre 2014, qui entraîna la mort de l’un des 2 pilotes, obligea les ingénieurs à mettre en œuvre des modifications sur les futurs exemplaires dont le Unity qui a volé le 29 mai dernier. Toutefois, Richard Branson se veut confiant et estime que les premiers vols avec 6 passagers en plus des 2 pilotes pourraient intervenir d’ici la fin 2018 avec une exploitation commerciale en 2019. Virgin Galactic aurait déjà 700 réservations pour des vols à 250000 dollars par personne. Pour le moment, aucun SpaceShipTwo n’a atteint les 100 km d’altitude reconnus comme la frontière de l’espace.

La seule autre firme qui dispose d’un engin qui a été essayé en conditions réelles est Blue Origin fondée par Jeff Bezos qui doit sa fortune à Amazon.
En effet, au Texas, les équipes de Blue Origin testent avec succès un concept différent de véhicule touristique suborbital, le New Shepard. Il s’agit de reprendre une recette plus classique avec une capsule placée au sommet d’un petit lanceur mono-étage. Ce dernier revient se poser à la verticale afin d’être réutilisable. La capsule, elle, redescend sous parachutes après avoir amené ses 5 passagers à plus de 100 km. Mais pour le moment tous les vols se sont déroulés sans aucune personne à bord.

Ci-dessous, une vidéo de Blue Origin du 8ème vol d’essai d’un New Shepard le 29 avril au cours duquel la capsule a atteint 106 km.

On notera qu’il s’agissait là du deuxième vol du nouvel exemplaire du New Shepard qui se veut identique à la version prévue pour l’exploitation commerciale. Contrairement à Virgin Galactic, Blue Origin n’a annoncé aucun tarif et n’a pas procédé à des réservations de sièges. Cependant, Jeff Bezos a déjà indiqué qu’un vol d’essai habité serait réalisé avant la fin 2018 et que les premiers passagers payants pourraient décoller en 2019.

Une première place importante ?

Assistons-nous ainsi à une sorte de course au finish pour savoir quelle firme décrochera la palme du premier vol suborbital habité touristique ? Même s’il n’y a pas mise sur orbite, les clients pourront prétendre au titre d’astronaute (s’ils dépassent la frontière reconnue de l’espace à 100 km), auront vu la rotondité de la Terre, un ciel sombre en plein jour et vécu plusieurs minutes en apesanteur. Des sensations fortes et une expérience unique qui attirera selon plusieurs études de marché une clientèle qui se chiffre en dizaines voire centaines de milliers de personnes.

Toutefois, Richard Branson de Virgin Galactic nie qu’il s’agit d’une course. Après le vol d’essai du 29 mai du SpaceShipTwo Unity, le Washington Post l’a cité disant que ce «n’était pas une course pour accéder à l’espace… Tout ce qui compte à la fin est que tout le monde soit en sécurité». Et il est vrai que si devenir la première firme à réaliser de tels vols pourra représenter un avantage marketing certain, la qualité de la prestation en elle-même, et surtout ses conditions de sécurité, s’imposeront au final comme des critères décisifs.