Les 45 ans d’Apollo 11

Les 45 ans d’Apollo 11
En juillet 1969, Neil Armstrong et Buzz Aldrin devenaient les premiers êtres humains à marcher sur la Lune. Dix autres astronautes américains ont ensuite fait de même. En 1972, Apollo 17 signa la dernière mission lunaire habitée.



L’équipage de la mission Apollo 11 (de gauche à droite) : Neil Armstrong (commandant), Michel Collins (pilote du Module de Commande Columbia) et Buzz Aldrin (pilote du Module Lunaire Eagle).
Crédit : NASA


Quarante-cinq ans déjà ! Le 16 juillet 1969, la fusée lunaire Saturn V quittait le centre spatial Kennedy en Floride afin d’y amener ceux qui dans la nuit du 20 au 21 juillet deviendraient les premiers marcheurs lunaires. Neil Armstrong, commandant de la mission Apollo 11, accomplit le pas décisif en posant son pied gauche, suivi de la fameuse phrase : «C’est un petit pas pour un homme, un bond de géant pour l’humanité». Buzz Aldrin, le pilote du Module Lunaire baptisé Eagle, le rejoignit ensuite. Au-dessus d’eux, sur orbite lunaire, le pilote du Module de Commande Columbia Michael Collins suivait l’événement par liaison radio. Les 3 hommes revinrent sur Terre le 24 juillet.
Enjoy Space vous propose de revivre cet exploit en images avec deux portfolios :
Apollo 11 – derniers préparatifs
Apollo 11 – les premiers pas

Le programme Apollo étant aujourd’hui rentré dans l’histoire, on mesure avec difficulté le défi que représenta le fait d’envoyer sur notre satellite naturel des astronautes à bord de vaisseaux spatiaux dont l’informatique embarquée (une nouveauté à l’époque) n’atteignait même pas la puissance d’une calculatrice vendue en supermarché de nos jours !
Après plus de 4 décennies, les premiers sur la Lune ont fait l’objet de rumeurs répétées au point qu’il devient parfois peu évident de démêler l’historique de l’inexact. Pour en savoir plus, lisez ce dossier :
Apollo 11 – oublis et légendes


Buzz Aldrin photographié par Neil Armstrong lors de l’unique marche lunaire de la mission Apollo 11.
Crédit : NASA


L’exploit d’Apollo 11 doit aussi être mis en perspective. Songez que la NASA amena les premiers hommes sur la Lune (et de ce fait les premiers hommes à marcher sur un autre corps céleste que la Terre) seulement 8 ans après le vol du premier homme dans l’espace, celui du Soviétique Youri Gagarine. C’est bien évidemment le contexte de guerre froide qui opposait l’Union Soviétique (considérée alors comme en avance sur le plan astronautique) et les États-Unis qui initia une véritable course à l’espace qui culmina avec le défi lunaire.
Après Apollo 11, six autres missions américaines de la NASA envoyèrent des astronautes sur notre satellite naturel, à l’exception d’Apollo 13 qui dut renoncer à son alunissage en raison d’une explosion (les 3 astronautes furent ramenés sains et saufs sur Terre). En décembre 1972, Apollo 17 marqua ce qui est toujours la dernière mission habitée sur notre satellite naturel.

Neil Armstrong, le premier homme à avoir marché sur la Lune, a répondu à nos questions en 2009 pour les 40 ans d’Apollo 11.Crédit : NASA/Enjoy Space

Voici 5 ans, à l’occasion du quarantième anniversaire d’Apollo 11, le premier homme sur la Lune, Neil Armstrong, accepta une interview (ce qui est assez rare pour être signalé). A l’époque, l’Amérique envisageait un retour sur la Lune avec le programme Constellation qui fut annulé. Néanmoins, vous noterez que les propos du commandant d’Apollo 11 (décédé en août 2012) gardent toute leur pertinence.

Enjoy Space : 40 ans après, votre analyse personnelle des premiers pas sur la Lune et de leur importance historique a-t-elle changé par rapport à l’époque d’Apollo ?

Neil Armstrong : Au début de l’ère spatiale, voici un demi-siècle, beaucoup se demandaient si les humains pourraient survivre dans l’espace. Après avoir appris qu’ils le pouvaient, ils se sont demandé s’ils pourraient quitter la Terre et se diriger vers d’autres destinations au sein du Cosmos. Avec le programme Apollo, il a été prouvé que l’espèce humaine n’est pas enchaînée pour toujours à la Terre par la force de gravité. Les humains, à l’aide d’une technologie suffisamment avancée, peuvent voyager au sein du système solaire, rechercher des ressources naturelles exploitables et apprendre beaucoup sur notre petite partie de l’univers qui reste toujours inconnue. Cette capacité reste inchangée quatre décennies plus tard.

Enjoy Space : Vous avez souvent rappelé qu’Apollo n’a été possible que grâce au dévouement sans faille de 400 000 hommes et femmes, qu’il s’agisse du personnel de la NASA ou de ses contractants et sous-traitants. Mais depuis, le monde de l’industrie a changé, de même que la NASA. Dans l’Amérique d’aujourd’hui, est-il possible d’initier à nouveau un tel dévouement pour le programme spatial et en particulier pour le retour sur la Lune ?

Neil Armstrong : La course à l’espace est issue de la compétition entre l’Est et l’Ouest lors des premières décennies de la seconde moitié du vingtième siècle. Cette compétition intense a fait naître des projets qui ont produit de nombreuses innovations et encouragé un grand nombre de jeunes gens de talent à y participer grâce à des études supérieures en ingénierie, science et mathématiques. De nouveaux programmes passionnants inciteront certainement de nombreux jeunes étudiants à faire de leur mieux pour y participer. Toutefois, je ne peux dire si le grand public dans sa majorité sera aussi motivé pour soutenir l’existence de tels programmes.


La Cité de l’espace à Toulouse permet à ses visiteurs de voir une pierre lunaire ramenée par la mission Apollo 15.
Crédit : Cité de l’espace / Alex Piecha

Publié le 16 juillet 2014