Le Luxembourg se dote d’une agence spatiale

Le Luxembourg se dote d’une agence spatiale

État membre de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), le Grand-Duché a officiellement créé le 12 septembre la Luxembourg Space Agency pour «le développement économique de l’espace et des activités liées au new space».

Le Grand-Duché de Luxembourg est déjà un acteur spatial de premier plan du fait de SES (Société Européenne de Satellites), l’un des plus grands opérateurs de satellites de télécommunications au monde. Le 12 septembre, cet État a franchi une étape de plus dans sa stratégie astronautique à long terme en créant sa propre agence spatiale.

Une agence spatiale tournée vers le business

La Luxembourg Space Agency (LSA) a été officiellement lancée en présence d’Étienne Schneider, vice-premier ministre et ministre de l’Économie du Luxembourg, et Marc Serres, le PDG de cette agence.

Dans la vidéo ci-dessous, ce dernier décrit (en anglais) les objectifs de la LSA.

On s’aperçoit que la LSA revendique son statut d’agence spatiale différente. Clairement, il s’agit, via des partenariats publics-privés, de faire du Grand-Duché un hub mondial de la commercialisation de l’espace. Une orientation qui ne surprend guère car n’oublions pas que le Luxembourg est toujours actionnaire de l’opérateur de satellites SES. De plus, en 2016, il y avait eu la création de Spaceresources.lu dans le but d’attirer sur le territoire de cet État les entreprises qui affichent la volonté de développer les moyens d’exploiter les ressources spatiales et notamment celles des astéroïdes pour leur minerai. Non seulement une législation a été votée pour donner un cadre légal à cette activité future, mais ce faisant le Grand-Duché de Luxembourg a séduit puisque des sociétés d’une vingtaine de pays y ont ouvert des succursales.
Cette logique continue avec la LSA et d’ailleurs le ministre Étienne Schneider a expliqué sur un site gouvernemental que l’objectif de l’agence «sera tourné vers le développement économique de l’espace et des activités liées au new space».

Lancement officiel de la LSA (Luxembourg Space Agency) le 12 septembre. De gauche à droite : Stéphane Pallage (Université du Luxembourg), Yves Elsen (GLAE - Groupement Luxembourgeois de l'Aéronautique et de l'Espace), Étienne Schneider (ministre de l’Économie) et Marc Serres (PDG de la LSA). Crédit : Luxinnovation

Lancement officiel de la LSA (Luxembourg Space Agency) le 12 septembre. De gauche à droite : Stéphane Pallage (Université du Luxembourg), Yves Elsen (GLAE – Groupement Luxembourgeois de l’Aéronautique et de l’Espace), Étienne Schneider (ministre de l’Économie) et Marc Serres (PDG de la LSA).
Crédit : Luxinnovation

Pour mener à bien cette mission, la LSA démarre avec une douzaine de collaborateurs et un budget de fonctionnement d’au moins une trentaine de millions d’euros. Cette somme est celle que le Luxembourg verse à l’Agence Spatiale Européenne (ESA) en sa qualité d’État membre. Étienne Schneider a précisé : «Ce budget sera donc à disposition de l’agence spatiale auxquels s’ajouteront les moyens nécessaires en provenance du ministère». Un fonds d’investissement a d’ailleurs été engagé à pour soutenir des partenariats publics-privés sur un principe de répartition 40/60 dont 40 millions apportés par l’État. Dans le Grand-Duché, le spatial représente déjà 2 % du PIB (l’un des plus élevés d’Europe) et le but est que ce pourcentage augmente !

Site web officiel :
https://space-agency.public.lu/en.html