Manœuvre décisive pour Rosetta

Manœuvre décisive pour Rosetta
Le 21 mai, la sonde européenne a mis à feu avec succès ses propulseurs pendant 8 heures afin de réduire sa vitesse. Une manœuvre indispensable pour le rendez-vous du mois d’août avec la comète Churyumov-Gerasimenko.


La sonde Rosetta (image d’artiste).
Crédit : ESA/C. Carreau


Mise à jour du 22 mai : 2 tweets de l’ESA annoncent que la manœuvre de freinage a pris fin comme prévu et que « l’équipe est heureuse ».

En ce moment même, Rosetta fonce vers sa destination, la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Et le verbe «foncer» n’est pas exagéré puisque la vitesse relative de la sonde européenne par rapport à sa cible (ou plus simplement la vitesse à laquelle elle s’en approche) est actuellement de 2.714 km/h. Si l’explorateur robotique continue ainsi, il passera à 50.000 km de distance de la comète dès le 4 juin !
Cette vitesse était nécessaire pour se rapprocher de Churyumov-Gerasimenko, mais désormais la mission est entrée dans une phase de préparation du grand rendez-vous du mois d’août. Rosetta qui est en ce moment à environ 500 millions de km de la Terre et 1 million de km de sa cible doit donc ralentir. Ce mercredi 21 mai à 17h23 heure française, son ordinateur de bord suivra des instructions qui lui ont été préalablement transmises afin d’allumer ses propulseurs. Ces derniers étant orientés pour l’occasion vers «l’avant», leur mise à feu va «freiner» la sonde.

 


La manœuvre de freinage de Rosetta est surveillée depuis l’ESOC (European Space Operations Centre) de l’Agence Spatiale Européenne à Darmstadt en Allemagne.
Crédit : ESA/J. Mai

Les moteurs doivent fonctionner pendant un peu moins de 8 heures afin que la vitesse par rapport à la comète tombe de 2.714 km/h à 1.667 km/h. Cette manœuvre prendra donc fin vers 1h20 du matin le 22 mai. Tout signal radio émis par Rosetta mettra 27 minutes et 50 secondes à atteindre la station d’écoute de l’ESA (un radiotélescope de 35 m de diamètre) de New Norcia en Australie. L’agence européenne a indiqué qu’elle ferait le point sur la manœuvre le jeudi 22 mai.


La station d’écoute de l’ESA à New Norcia en Australie est chargée de recevoir les signaux envoyés par Rosetta lors sa manœuvre du 21 mai.
Crédit : ESA/M. Marti

Ce freinage est loin d’être le dernier. En vue d’arriver suffisamment lentement à proximité de la comète, Rosetta devra encore accomplir plusieurs manœuvres similaires. La prochaine doit se dérouler le 4 juin et la vitesse relative par rapport à Churyumov-Gerasimenko chutera à 691 km/h ! Cinq autres mises à feu des propulseurs interviendront le 18 juin, et les 2, 9, 16 et 23 juillet afin qu’à cette dernière date la sonde arrive en quelque sorte à «pas feutrés» vers la comète avec une vitesse relative qui ne sera alors plus que de 11 km/h. Ensuite, le 3 août, commencera le rendez-vous avec le noyau de la comète. Ce jour-là, les propulseurs modifieront la trajectoire de Rosetta pour qu’au lieu de passer à 200 km, elle s’approche à 70 km de distance du noyau (qui fait environ 4 à 5 km de large) avec une vitesse relative de seulement 3,6 km/h (ou 1 mètre par seconde). Ceci en préparation du 6 août qui marquera la mise sur orbite autour du noyau de Churyumov-Gerasimenko : pour la première fois, une sonde deviendra le satellite artificiel d’une comète.
N’oublions pas que quelques mois plus tard, en novembre, Rosetta larguera l’atterrisseur Philae sur la comète (voir notre dossier). Rosetta et Philae sont au cœur d’Explorations Extrêmes, la nouvelle exposition temporaire de la Cité de l’espace.


La reconstitution taille réelle de Philae, l’atterrisseur de 100 kg porté par la sonde Rosetta, visible au sein de l’exposition Explorations Extrêmes de la Cité de l’espace.
Crédit : Olivier Sanguy

Publié le 21 mai 2014