Le Maroc observe la Terre depuis l’espace

Le Maroc observe la Terre depuis l’espace

Le 7 novembre, le petit lanceur européen Vega, décollant de Kourou, a mis sur orbite le satellite Mohammed VI-A qui donne au Maroc son autonomie en matière d’observation de la Terre.

L’observation de la Terre par satellite est un domaine qui connaît un essor considérable en raison de nombreuses applications pratiques : renseignement, gestion des ressources naturelles, aide en cas de catastrophe, suivi du climat, etc.
Le 7 novembre, le lanceur européen Vega, commercialisé par Arianespace, a quitté le Centre Spatial Guyanais pour son 11ème vol et 11ème succès. Le client était le Royaume du Maroc pour son satellite Mohammed VI-A.

Autonomie et valeur ajoutée

C’est à 22h42 heure locale de Kourou que Vega a illuminé la nuit guyanaise. Moins d’une heure plus tard, le satellite Mohammed-VIA était placé sur la bonne orbite. Ci-dessous, la vidéo du lancement.

Ce satellite d’observation de la Terre de 1,1 tonne a été réalisé par un consortium associant Thales Alenia Space et Airbus. Perché sur une orbite héliosynchrone (il repasse au-dessus de zones données à la même heure solaire), il saisit des images avec une résolution 70 cm. Les clichés récoltés seront traitées par Centre Royal de Télédétection Spatiale de Rabat au Maroc. Ce qu’on appelle le segment sol, soit les équipements nécessaires pour contrôler le satellite et recevoir ses données, a également été fourni par Thales Alenia Space et Airbus.
Ainsi, avec Mohammed VI-A, le Maroc devient indépendant en observation de la Terre, n’étant plus obligé de dépendre des seules images vendues par des sociétés dont c’est la spécialité. Comme dit en début d’article, les applications sont nombreuses et de plus en plus de pays, même s’ils n’ont pas accès à l’espace par leurs propres moyens, souhaitent être autonomes en la matière. De plus, l’enjeu ne se situe pas uniquement du côté de l’indépendance de la récolte des clichés de notre planète, mais aussi d’une volonté de développer nationalement le traitement des données et leurs produits associés (cartographie, relevés pour l’agriculture, repérage des zones concernées par des risques naturels, la gestion de l’environnement, l’aménagement du territoire, etc.) qui sont générateurs de valeur ajoutée donc de chiffre d’affaires ! On notera que le nom du satellite (qui rend hommage au roi du Maroc actuel) se terminant par un A, un B, donc un second, est prévu. Il devrait être lancé en 2018.