Matthias Maurer, le nouvel astronaute de l’ESA

Matthias Maurer, le nouvel astronaute de l’ESA

L’Agence Spatiale Européenne (ESA) a officiellement annoncé que l’Allemand Matthias Maurer, diplômé en sciences des matériaux, a déjà rejoint le Centre des Astronautes européens à Cologne pour commencer un entraînement de base.

La précédente sélection d’astronautes de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) remonte à 2009. Les six nouvelles recrues étaient alors Samantha Cristoforetti (Italie), Alexander Gerst (Allemagne), Andreas Mogensen (Danemark), Luca Parmitano (Italie), Timothy Peake (Royaume-Uni) et Thomas Pesquet (France). Toutefois, ces 6 étaient issus d’une ultime sélection de 10 candidats et Matthias Maurer en faisait partie.

Objectif Lune pour Matthias Maurer ?

Avant que l’Allemand Jan Woerner n’entre en fonction comme directeur général de l’ESA en juillet 2015, son prédécesseur, le Français Jean-Jacques Dordain, avait expliqué que les 6 nouvelles recrues de 2009 pourraient ne pas suffire en raison des départs à la retraite de certains astronautes et les plannings de vols habités prévisibles pour les années à venir.
C’est aujourd’hui confirmé suite à l’annonce de l’agence, et l’heureux élu est donc l’Allemand Matthias Maurer, né le 10 mars 1970 à Saint-Wendel dans le Land de la Sarre. Diplômé en sciences des matériaux, il a travaillé pour l’ESA et le communiqué du 25 janvier précise même qu’il «a déjà commencé à suivre l’entraînement de base au Centre des Astronautes européens à Cologne, en Allemagne».

Et si on regarde la vidéo officielle ESA de présentation de Matthias Maurer, on a l’impression que la Lune est un objectif clairement affiché !

Le premier plan après le logo ESA montre en effet Matthias Maurer sous une fusée : or, il s’agit de la Saturn V exposée au musée Space Center Houston, près du célèbre centre de la NASA. Oui, il s’agit bien de la Saturn V des missions lunaires habitées américaines Apollo !
Simple clin d’œil ? Peut-être, mais la fin de la vidéo se veut encore plus évidente. D’une image de la Station Spatiale Internationale, on passe à la Lune avec un zoom qui «atterrit» sur une illustration de base lunaire. Le type de visuel que l’ESA emploie pour le concept de Moon Village (village lunaire) défendu par Jan Woerner en personne.
Cela ne signifie pas pour autant que l’agence européenne prépare des vols habités vers notre satellite naturel. Mais sous la bannière du Moon Village, Jan Woerner souhaite une coopération internationale en vue de coordonner un renouveau de l’exploration lunaire, d’abord robotique et par la suite éventuellement habitée. Enfin, n’oublions pas que l’ESA fournit le module de service du vaisseau Orion de la NASA. Ce dernier doit accomplir un vol automatique autour de la Lune fin 2018 (mission EM-1 pour Exploration Mission 1), prélude à une mission habitée du même type (EM-2) envisagée pour 2021 au plus tôt. Un Européen pourrait-il alors faire partie de l’équipage ? L’avenir nous le dira.

Matthias Maurer sera officiellement présenté à la presse à l’ESOC (European Space Operations Centre, centre de contrôle des sondes et satellites) à Darmstadt le 2 février prochain.