Nouveau freinage réussi pour Rosetta

Nouveau freinage réussi pour Rosetta
Le 9 juillet, la sonde européenne a une fois de plus activé sa propulsion dans le sens inverse de sa trajectoire afin de diminuer sa vitesse. Elle s’approche désormais de la comète 67P à seulement 66 km/h (vitesse relative).



La sonde Rosetta (en haut) : une maquette présentée dans l’exposition Explorations Extrêmes de la Cité de l’espace. Plus bas et en arrière-plan : reproduction taille réelle de l’atterrisseur Philae qui sera largué par Rosetta en novembre prochain afin qu’il se pose sur le noyau de la comète 67P (une première).
Crédit : Cité de l’espace / Olivier Sanguy


Les manœuvres d’approche de Rosetta se déroulent donc comme prévu. Le 9 juillet, l’allumage des propulseurs de la sonde a débuté à 13h29 (et 58 secondes) heure française. Orientés dans le sens inverse de la «marche» vers la comète 67P/Churuymov-Gerasimenko, ils font perdre de la vitesse à Rosetta. À l’ESOC (European Space Operations Centre) à Darmstadt en Allemagne, sorte de tour de contrôle et poste de pilotage à distance des satellites et sondes de l’ESA (Agence Spatiale Européenne), les techniciens en charge ont noté que cette nouvelle phase de freinage qui devait durer 46 minutes et 36 secondes s’était achevée 1 minute plus tôt. Ceci montre qu’en fait les propulseurs ont été un peu plus efficaces que prévu, car la sonde dispose d’accéléromètres qui mesurent les variations de vitesse afin que l’ordinateur de bord coupe ceux-ci dès le ralentissement souhaité obtenu.


La comète 67P/Churyumov-Gerasimenko photographiée par la caméra OSIRIS de Rosetta le 4 juillet (la distance était alors de 37 000 km). Le noyau de 4 km de large est certes résolu, mais la distance est encore trop grande pour distinguer des détails. En revanche, on perçoit très bien la rotation du noyau (sur 12,4 heures) et sa forme irrégulière.
Crédit :  ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA


Soyons clairs : lorsque nous écrivons qu’après ce freinage la vitesse d’approche de Rosetta vers sa comète n’est plus que de 66 km/h, il s’agit bien évidemment de la vitesse relative entre les deux objets. C’est un peu comme mesurer la vitesse vers laquelle une voiture arrive vers une autre sur une autoroute. Si le véhicule qui est devant est à 125 km/h et que celui situé derrière arrive à 130 km/h, alors ce dernier s’approche à 5 km/h de vitesse relative. Donc Rosetta s’approche de 67P à 66 km/h, mais à quelle vitesse se déplacent-ils sur leur «autoroute» ? Nous allons prendre comme référence la vitesse de la comète sur son orbite par rapport au Soleil : en ce moment elle se rapproche de notre étoile à 53 125 km/h ! Un chiffre qui souligne à quel point les manœuvres programmées par les contrôleurs de Darmstadt doivent être précises : imaginez ainsi que d’autres mises à feu des propulseurs sont planifiées pour les 16 et 23 juillet, puis les 3 et 6 août afin que Rosetta arrive avec une vitesse relative quasi nulle par rapport à la comète, le tout à plus de 50 000 km/h de vitesse par rapport au Soleil et à environ 400 millions de km de la Terre ! Les signaux radio mettent une vingtaine de minutes à aller vers Rosetta ou en venir, ce qui signifie que tout pilotage «en direct» est impossible et qu’il faut donc soigneusement programmer au préalable ce que fera la sonde.


Ce schéma de l’ESA compare la taille du noyau de 67P à plusieurs montagnes terrestres et à quelques constructions célèbres. Rosetta se placera sur orbite autour du noyau de la comète le 6 août prochain.
Crédit : ESA


Aujourd’hui 10 juillet, l’ESA a précisé que Rosetta n’était plus qu’à 20 000 km de distance de sa comète 67P après avoir parcouru 6,4 milliards de km depuis son lancement en 2004 !
Ci-dessous, une vidéo qui présente la nouvelle exposition Explorations Extrêmes de la Cité de l’espace à Toulouse où la mission Rosetta est en vedette.

Enfin, nous vous signalons que l’ESA a lancé un concours qui permet de gagner un voyage à l’ESOC à Darmstadt pour assister en novembre à l’atterrissage de Philae.
Page officielle du concours ESA

Publié le 10 juillet 2014