Le ZERO-G de Novespace s’exporte en Chine

Le ZERO-G de Novespace s’exporte en Chine

Filiale de l’agence spatiale française CNES, Novespace a signé en janvier un accord avec les institutions spatiales de la Chine afin d’y réaliser des vols paraboliques qui offrent accès à l’impesanteur par périodes de 22 secondes.

Il n’existe aucun moyen de générer un champ d’impesanteur… à part dans les films de science-fiction ! Ce serait pourtant bien pratique sur Terre afin d’entraîner les astronautes ou tester différents dispositifs avant de les envoyer dans l’espace. Fort heureusement, il existe 2 solutions sans aller sur orbite. La première est la tour d’impesanteur où une capsule tombe en chute libre, procurant pendant quelques secondes ce «flottement» caractéristique du vol spatial. Le temps et la place sont cependant très limités avec cette solution. Pour aller plus loin, il y a la logique des vols dits zéro-g pour lesquels l’expertise de Novespace est mondialement reconnue.

L’expertise de Novespace séduit la Chine

Lors d’un vol zéro-g, l’avion monte et descend en suivant une courbe en forme de parabole (on parle aussi de «vol parabolique») : pendant un moment un peu avant et un peu après le sommet de cette parabole, l’avion est en situation de chute libre et ses occupants flottent tels des astronautes pendant un peu plus de 20 secondes. Il convient toutefois de bien se rapprocher du plancher de l’appareil à la fin des 20 secondes car celui-ci effectue alors une ressource (il cesse sa descente) et cette fois-ci on est exposé à presque 2 g (2 fois son poids). Généralement lors d’une «campagne zéro-g», l’aéronef accomplit plusieurs paraboles. Ce type de vol permet de réaliser des expériences scientifiques uniques, de tester celles qui partiront dans l’espace, de s’assurer du bon fonctionnement de certains dispositifs techniques pour des engins spatiaux et d’entraîner les astronautes. En affinant les paramètres de vol, on peut aussi recréer la pesanteur qui règne sur la Lune (6 fois moindre que sur Terre) ou sur Mars (3 fois moins).

La société Novespace, filiale de l’agence spatiale française CNES, exploite un Airbus A310 avec lequel elle réalise des campagnes zéro-g. Sous l’impulsion de son président l’astronaute Jean-François Clervoy, Novespace a développé Air Zero G qui commercialise des vols de découverte de l’impesanteur pour le grand public (voir le film Novespace ci-dessous).

Le savoir-faire de Novespace dépasse les frontières de la France et de l’Europe car il est reconnu au plan international. Ainsi, le Technology and Engineering Center for Space Utilization (CSU), branche spatiale de l’Académie des Sciences Chinoise (CAS), a eu recours à Novespace en 2015 et 2016 pour tester des expériences scientifiques qui ont été récemment menées à bord de la station chinoise Tiangong-2 lors du vol habité Shenzhou-11.
Le mois dernier, en janvier, Novespace a signé avec le CSU un accord sur une année renouvelable 2 fois.

Novespace Chine

Signature de l’accord entre Novespace et le CSU chinois par la directrice du CSU, Ming Gao, du directeur de la coopération internationale et du directeur général de Novespace, Thierry Gharib. Cet événement a eu lieu en présence de Dianwen Cao, directeur général adjoint de la CAS, de Jean-Pascal Le Franc, directeur de la programmation, de l’international et de la qualité du CNES, de Sophie de Bentzmann, attachée scientifique de l’ambassade de France à Beijing et de Jean-François Clervoy, président de Novespace et astronaute de l’Agence spatiale européenne.
Crédit : Novespace

La signature s’est déroulée en Chine. Novespace a précisé que les vols réalisés au terme de cet accord se dérouleront en majorité à partir de sa base de l’aéroport de Bordeaux Mérignac. Cependant, il est aussi prévu que l’A310 ZERO-G de Novespace effectue des vols paraboliques à partir du territoire chinois. De plus, il ne s’agit pas seulement de mener des vols pour tester du matériel ou accomplir des expériences scientifiques, car le CSU croit également au concept Air Zero G de découverte de l’impesanteur à destination du grand public.
Dans un communiqué, Novespace indique que «les revenus tirés de ces vols permettront de baisser les coûts de vol des expériences scientifiques régulièrement menées à bord de l’avion par les équipes françaises et européennes».