Pan, étonnante lune de Saturne

Pan, étonnante lune de Saturne

La sonde Cassini qui orbite autour de Saturne depuis juillet 2004 nous envoie les images les plus résolues de la petite lune Pan (34 km de large) qui évolue au sein des anneaux de la géante gazeuse.

Lancée en 1997, la sonde Cassini a mis 7 ans pour atteindre son objectif, Saturne. Le 1er juillet 2004, elle est devenue le premier satellite artificiel de la deuxième plus grande planète du système solaire, permettant une étude détaillée de son atmosphère mais aussi de ses anneaux et ses lunes.

Pan, la lune qui ressemble à une soucoupe

Cassini est une mission de la NASA qui associe l’agence spatiale italienne (qui fournit la grande antenne de communication) et l’Agence Spatiale Européenne (ESA) qui procura le module Huygens qui se posa sur Titan, la plus grande lune de Saturne, le 15 janvier 2005.
Mais Titan est loin d’être la seule lune. La géante aux anneaux possède en effet une soixantaine de lunes et certaines orbitent au sein même des anneaux ! Se produisent alors de complexes interactions. Le 7 mars dernier, Cassini est passée à 24.572 km de Pan, une petite lune d’environ 34 km de large, ce qui a permis d’obtenir les clichés les plus résolus cet intriguant petit corps.
Pan évolue dans la division d’Encke de l’anneau A (l’anneau le plus proche de Saturne). Une division est une zone où les blocs de glace qui constituent les anneaux sont en très faible densité voire quasi-absence.

La lune Pan photographiée le 7 mars 2017 par Cassini au sein de la division d’Encke de l’Anneau A de Saturne. La lune est vue «par dessus», au-dessus de l’un de ses pôles. Le bourrelet équatorial, visiblement plus lisse, est estimé plus jeune que le reste de ce petit monde. Crédit : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute

La lune Pan photographiée le 7 mars 2017 par Cassini au sein de la division d’Encke de l’Anneau A de Saturne. La lune est vue «par dessus», au-dessus de l’un de ses pôles. Le bourrelet équatorial, visiblement plus lisse, est estimé plus jeune que le reste de ce petit monde.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute

La forme en «côque de noix» de Pan avait été repérée sur de précédents clichés de Cassini en 2007. Toutefois les images du 7 mars 2017 sont bien plus résolues et l’étonnant bourrelet équatorial donne à cette lune un air de soucoupe volante des films de SF des années 1950. Les scientifiques théorisent que ce bourrelet se serait formé par accumulation sur l’équateur de petits blocs de l’anneau A. Pan elle-même pourrait en fait être un agrégat de blocs de l’anneau A. Rappelons que si les anneaux de Saturne, composés essentiellement de blocs de glace de différentes tailles (de la poussière à des objets de quelques centaines de mètres), s’étendent très loin, leur épaisseur est faible : une vingtaine de mètre en moyenne avec des zones très localisées ayant 1 km de hauteur en raison des perturbations de certaines petites lunes.

Pan vue de côté avec son bourrelet équatorial qui lui donne une allure de coque de noix ou de soucoupe volante. Crédit : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute

Pan vue de côté avec son bourrelet équatorial qui lui donne une allure de coque de noix ou de soucoupe volante.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute

Cassini : une fin programmée pour protéger Titan et Encelade

La mission de la sonde Cassini fait partie des grands succès de l’exploration robotique. L’engin a d’ailleurs largement dépassé sa durée de vie envisagée. En dépit de cette réussite, Cassini sera programmée pour accomplir un plongeon dans l’atmosphère de Saturne le 15 septembre prochain afin de s’y consumer. La logique est que le carburant va bientôt manquer avec le risque de ne plus contrôler la sonde. Mais finalement que risque Cassini en errant autour de Saturne ? Le danger concerne les lunes Titan et Encelade. Les scientifiques estiment qu’une vie simple (de type microbienne) a pu s’y développer voire y être toujours présente. Or, Cassini n’ayant pas été stérilisée avec les normes strictes réservées aux engins qui se posent, par principe de précaution, il a été décidé de maîtriser sa destruction. Le plongeon final au sein des hautes couches de l’atmosphère de la géante aux anneaux sera de surcroît l’occasion de récolter des données inédites.