Ciel d’été : Perséides, Jupiter et Saturne

Ciel d’été : Perséides, Jupiter et Saturne

Le ciel de cet été 2017 nous offre la pluie d’étoiles filantes appelée Perséides, mais aussi les planètes Jupiter et Saturne. Profitez-en en juillet et août et lors de la Nuit des Étoiles à la Cité de l’espace ce 28 juillet.

Le mois d’août et plus précisément la période autour de la mi-août sont souvent présentés comme le moment de prédilection pour observer des «étoiles filantes». En fait ce terme est impropre car il ne s’agit pas d’étoiles comme nous le détaillerons plus bas et on peut aussi profiter des nuits de juillet pour tenter d’en voir ! Enfin, l’été 2017 permet aussi d’admirer les deux plus grandes planètes du Système solaire : Jupiter et Saturne.

Jupiter et Saturne : c’est le moment !

Ces deux géantes gazeuses sont relativement bien situées dans le ciel d’été pour être observées. En fait, nous entrons même dans la période où les conditions se dégradent puisque les deux planètes seront de moins en moins hautes au-dessus de l’horizon. On les verra alors à travers de plus en plus d’atmosphère ce qui amplifie la turbulence.
Ceci dit, il ne faut nullement bouder l’été et surtout juillet pour ces deux «destinations» ! Dès que le Soleil se couche, favorisez Jupiter qui sera aisément repérable dans la constellation de la Vierge à droite du Sud-Ouest. Elle sera environ à 24° de hauteur. Ensuite, plus sur la gauche au Sud et à peine plus haut, repérez Saturne d’éclat plus pâle.

Carte calculée pour Toulouse mais semblable pour le reste de la France. Ici, les positions de Jupiter et Saturne le 15 juillet vers 23h00 (heure de votre montre). Pour les deux planètes, commencez même l’observation un peu plus tôt. Crédit : Sky Safari Pro / Cité de l’espace

Carte calculée pour Toulouse mais semblable pour le reste de la France. Ici, les positions de Jupiter et Saturne le 15 juillet vers 23h00 (heure de votre montre). Pour les deux planètes, commencez même l’observation un peu plus tôt.
Crédit : Sky Safari Pro / Cité de l’espace

Avec de simples jumelles, vous pourrez voir les principales lunes de Jupiter. La planète, elle, se dévoilera non plus sous une forme ponctuelle comme une étoile mais exhibera déjà un petit disque. Avec un grossissement de 15 à 20x, les anneaux de Saturne peuvent être discernables dans des jumelles. Un tel grossissement demande toutefois une grande stabilité.

Cette fois-ci la carte est pour le 15 août et à 22h15. On remarque que Jupiter est basse sur l’horizon et ne constitue plus une cible de choix pour l’observation. Saturne reste intéressante en revanche. Crédit : Sky Safari Pro / Cité de l’espace

Cette fois-ci la carte est pour le 15 août et à 22h15. On remarque que Jupiter est basse sur l’horizon et ne constitue plus une cible de choix pour l’observation. Saturne reste intéressante en revanche.
Crédit : Sky Safari Pro / Cité de l’espace

Il est clair que pour pleinement profiter de ces 2 planètes, une lunette ou un télescope sont les instruments de choix. Si vous n’en avez pas, rapprochez-vous d’un club d’astronomie : l’été est une période où ils organisent souvent des soirées d’initiation. À la Cité de l’espace, de tels instruments seront présents lors de la soirée consacrée à la Nuit des Étoiles le vendredi 28 juillet (entrée libre et gratuite à partir de 19h30).

cite-espace-nuits-etoiles

Regardez les étoiles filantes… qui n’en sont pas !

Fréquemment employé, le terme «étoile filante» est… faux. Les traînées lumineuses qui zèbrent parfois le ciel ne sont en effet pas des étoiles. Ce sont des corps célestes, le plus souvent des grains de poussière semés par des comètes ou de petits fragments d’astéroïdes qui rentrent dans notre atmosphère. En raison de la vitesse, ils s’échauffent, se consument et émettent de la lumière créant une ligne brillante dans le ciel nocturne. En ce mois d’août se produit une «pluie d’étoiles filantes» très facile à observer, celle dite des Perséides. Mais n’hésitez pas à tourner votre regard vers le ciel nocturne dès maintenant en juillet en quittant les agglomérations et leur pollution lumineuse causée par les éclairages artificiels.

Perseides

La pluie d’étoiles filantes des Perséides saisie en août 2013 par l’astronome chinois Xiang Zhan (planétarium de Pékin). Plusieurs clichés de 10 secondes ont été combinés pour montrer la succession des «étoiles filantes».
Crédit : Xiang Zhan / Planétarium de Pékin

Poussières de comètes

Chaque nuit, même en dehors du mois d’août, on a de bonnes chances d’admirer quelques étoiles filantes puisque la Terre est constamment «bombardée» de poussières, mais une grande majorité s’avère avoir une trop petite taille pour donner un phénomène visible à l’œil nu. En journée, le ciel bleu qui résulte du Soleil masque toute possibilité d’en voir, sauf dans le cas d’événements exceptionnels où la taille du météore rend visible sa brûlante rentrée dans l’atmosphère (on parle alors de bolide).
Mais revenons aux étoiles filantes «classiques» qu’on aperçoit la nuit, le ciel sombre favorisant le spectacle. Sur une année, il existe plusieurs périodes qui correspondent au moment où la Terre traverse un essaim de poussières, généralement laissées par une comète sur son passage. Les pluies portent le nom de la constellation dont elles semblent venir, par exemple les Géminides en décembre pour la constellation des Gémeaux et, dans le cas qui nous intéresse, les Perséides en août pour la constellation de Persée. On notera qu’en fait la période des Perséides s’étend de la mi-juillet à la fin août.

La constellation de Persée (Perseus) se trouve en août vers le Nord-Est. La constellation émerge de l’horizon à partir de minuit. Les Perséides semblent provenir de cette constellation, mais en fait elles peuvent survenir sur toute la voûte céleste. Crédit : Sky Safari Pro / Cité de l’espace

La constellation de Persée (Perseus) se trouve en août vers le Nord-Est. La constellation émerge de l’horizon à partir de minuit. Les Perséides semblent provenir de cette constellation, mais en fait elles peuvent survenir sur toute la voûte céleste.
Crédit : Sky Safari Pro / Cité de l’espace

Un spectacle à l’œil nu

Cette année, le pic de la «pluie» des Perséides a été calculé pour la nuit du 12 au 13 août. Comment le sait-on ? Tout simplement parce que les astronomes ont déterminé que les Perséides se produisent lorsque la Terre traverse le nuage de poussière laissé sur son passage par la comète Swift-Tuttle. La position de ce nuage sur l’orbite terrestre étant bien connue, on peut alors faire une estimation assez fiable.

perseides-schema.001

Le 12 août 2017 la Lune sera hélas en phase gibbeuse (éclairée en grande partie mais pas totalement) et gênera donc les observations par sa luminosité. Seules les «étoiles filantes» les plus brillantes seront du coup visibles.

Quelques conseils d’observation

Pour admirer ces traînées lumineuses fugaces, il suffit de s’installer confortablement afin d’embrasser du regard à l’œil nu le ciel nocturne avec un horizon bien dégagé, si possible vers la constellation de Persée. Celle-ci émerge de l’horizon Nord-Est vers minuit, mais vous n’êtes pas obligé d’attendre minuit (même si c’est tard dans la nuit que plusieurs paramètres favorisent l’observation).
On peut ainsi s’allonger sur le sol ou sur une chaise longue. Il convient d’éviter toute source de lumière parasite (sur une terrasse ou un balcon, éteignez l’éventuel éclairage). Plus vous verrez d’astres dans le ciel, et plus vous aurez de chances d’apercevoir une «étoile filante».