De retour, Thomas Pesquet pense Terre, science, coopération et Mars

De retour, Thomas Pesquet pense Terre, science, coopération et Mars

Le 6 juin, pour sa 1ère conférence de presse après son retour, Thomas Pesquet a évoqué la science accomplie lors de sa mission de 196 jours et estimé qu’un vol habité vers la planète rouge était possible.

C’est au Centre Européen des Astronautes de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) à Cologne en Allemagne que Thomas Pesquet a tenu sa première conférence de presse suite à son retour sur Terre du 2 juin. De toute évidence en bonne forme, le dixième Français dans l’espace est revenu pendant une heure sur ses impressions et les temps forts de sa mission Proxima.

Thomas Pesquet et le voyage vers Mars

La Cité de l’espace était présente à Cologne ce 6 juin et, ci-dessous, vous pourrez voir le reportage réalisé à l’occasion avec un extrait de la conférence de presse de Thomas Pesquet et une interview de Romain Charles de l’ESA.

Vous remarquerez que Thomas Pesquet a confirmé que la pierre de Mars que la Cité de l’espace lui a donnée est bien revenue sur Terre avec lui le 2 juin. Toujours à propos de la planète rouge, l’astronaute de l’ESA s’est montré confiant dans le fait qu’un équipage puisse, malgré un voyage au moins aussi long que son séjour de 196 jours dans l’ISS, être suffisamment en forme pour mener une exploration à la surface de Mars. S’il a reconnu une période d’adaptation, il s’est estimé «fonctionnel» (pour reprendre son mot) après 12 heures. Une mission martienne habitée étant plutôt dans la logique d’un séjour long sur place (plusieurs mois éventuellement), Thomas Pesquet ne voit pas d’obstacles majeurs sur le plan physique. Il a précisé que ses seules impressions personnelles ne suffisent pas et que des tests médicaux spécifiques (auxquels a par exemple participé son collègue russe Oleg Novitskiy revenu avec lui le 2 juin) étudient cet aspect.

Toujours dans ce reportage de la Cité de l’espace, l’interview de Romain Charles nous permet de revenir sur l’atterrissage puisqu’il faisait partie des équipes présentes à l’arrivée du Soyouz. On notera qu’il trouve que Thomas Pesquet récupère très vite.

La fragilité de la Terre, la science et la coopération internationale

Dans la fenêtre ci-dessous, vous pouvez revoir l’intégralité de la conférence de presse du 6 juin.

Sortant un peu de sa réserve, Thomas Pesquet est revenu sur la beauté et la fragilité de la Terre qu’il a pu saisir là-haut, assénant que «sortir de l’accord de Paris est irresponsable» à propos de la récente décision du président des États-Unis Donald Trump. Restant optimiste, il a rajouté : «Il va falloir s’organiser pour que ça marche quand même».

Enfin, le dixième français dans l’espace a évoqué la science accomplie durant son séjour (il a en effet mené 60 expériences et avec ses collègues ils ont décroché le record de la productivité scientifique) et aussi rappelé que la Station Spatiale Internationale, outre son aspect de laboratoire orbital, est également une réussite technologique et de la coopération entre plusieurs États pour un programme complexe (l’ISS associe 5 agences spatiales : russe, américaine, européenne, japonaise et canadienne). «Ce n’est pas la routine. C’est vraiment une prouesse» insiste l’astronaute. «J’ai vu ce que ça demandait en terme de travail, en terme d’intelligence des ingénieurs de l’Agence Spatiale Européenne, de la NASA et des partenaires» : une expérience qui lui donne confiance en la coopération internationale.

Il est vrai que les projets astronautiques les plus ambitieux (et par exemple le voyage habité vers Mars) nécessitent une telle coopération.