Philae s’active à son tour

Philae s’active à son tour
Transporté par la sonde Rosetta, l’atterrisseur Philae doit se poser sur le noyau de la comète Churyumov-Gerasimenko. Le 28 mars, Philae est sorti à son tour avec succès de son sommeil électronique, un mois après Rosetta, comme prévu.


Cette photo d’un écran du LCC à Cologne montre la réception des premiers signaux envoyés par Philae après son réveil réussi.
Crédit : DLR

Comme expliqué dans ce précédent article, la sonde européenne Rosetta et son «passager» de 100 kg, l’atterrisseur Philae, ont dû être placés en sommeil électronique. Ceci car pour rejoindre la comète Churyumov-Gerasimenko, ils se sont éloignés du Soleil à un point tel que les panneaux solaires ne fournissaient pas assez d’électricité pour assurer le nécessaire réchauffage des instruments de bord et leur fonctionnement.
Le 20 janvier dernier, Rosetta était sortie avec succès de sa léthargie volontaire. Le vendredi 28 mars venait le tour de Philae. C’est à 7 heures du matin, heure d’Europe centrale (également heure française), que le Lander Control Center (LCC) à Cologne en Allemagne a envoyé la commande de remise en route. Le LCC est le centre de contrôle de Philae géré par l’agence spatiale allemande DLR. À Toulouse, en France, le SONC (Science Operation and Navigation Center) de l’agence spatiale française CNES est chargé des opérations scientifiques et de la navigation. Celui-ci était également dans l’attente. En Californie, une des antennes du réseau d’écoute de la NASA guettait le signal de réveil de l’atterrisseur.


Philae, posé sur le noyau de Churyumov-Gerasimenko (illustration). L’atterrisseur fait environ 80 cm de hauteur.
Crédit : ESA/ ATG Medialab


À 15h40, les premières données arrivèrent, confirmant le succès de la remise en route de Philae. Ce dernier, avec Rosetta, se trouvait alors à 655 millions de km de la Terre.
Cette réussite n’est bien évidemment qu’un début puisque les 10 instruments de Philae vont être tour à tour testés et calibrés. Après 10 ans de voyage, les équipes de la mission Rosetta entrent désormais dans une phase où ils naviguent de plus en plus près de leur objectif ultime, la comète Churyumov-Gerasimenko. En août, la sonde se placera sur orbite autour du noyau (environ 5 km de large) de la comète et, en novembre, Philae sera largué afin de se poser sur ce noyau. L’Agence Spatiale Européenne accomplira alors deux premières dans l’histoire de l’exploration du système solaire (orbite autour d’une comète et atterrissage).


Au SONC à Toulouse, une partie de l’équipe du CNES attend la confirmation du signal de réveil le 28 mars.
Crédit : Olivier Sanguy


À Toulouse, non loin de là où réside le SONC, la Cité de l’espace ouvrira le 26 avril prochain sa nouvelle exposition temporaire intitulée Explorations Extrêmes qui permettra aux visiteurs de voir une reproduction taille réelle de Philae.
Pour en savoir plus sur Rosetta et Philae, consultez notre dossier spécial.

Publié le 27 mars 2014