Rosetta et Philae en direct

Rosetta et Philae en direct

Philae s’est posé !


Un événement partagé grâce à une journée spéciale à la Cité de l’espace (clips vidéo ci-dessous).

 



Ci-dessous, les dernières actualités Enjoy Space sur la mission Rosetta.
Plus bas, retrouvez notre dossier avec explications des étapes.

14 juin : Philae nous envoie à nouveau des signaux
7 avril :
Rosetta trompée par de fausses étoiles
23 mars : Rosetta trouve de l’azote
4 mars : Philae : dans l’attente du réveil
23 janvier : Rosetta affine le protrait de 67P
15 décembre :
L’eau sur Terre : le mystère s’épaissit avec Rosetta
15 novembre :
L’aventure de Philae avec Philippe Gaudon (vidéo)
15 novembre :
Contact établi avec Philae
14 novembre :
Le point sur Philae le 14 novembre avec le CNES
13 novembre :
A la recherche de Philae
13 novembre :
Le CNES donne des nouvelles de Philae
12 novembre :
Philae arrive sur la comète 67P
04 novembre :
Philae se posera à Agilkia (le 12 novembre)
31 octobre :
Rosetta modifie son orbite pour Philae
28 octobre :
L’atterrissage de Philae en direct
23 octobre :
L’activité de la comète 67P augmente
15 octobre :
Confirmation du 12 novembre pour Philae
09 octobre :
Khéops, un des rochers de 67P
02 octobre :
La comète 67P exhibe son activité
01 octobre :
Rosetta et Philae : seposer sur une comète
26 septembre :
Philae se posera sur 67P le 12 novembre
19 Septembre :
La comète 67P vue à 28,6 km de distance
17 septembre :
Rosetta et l’origine du Système solaire (conférence)
15 septembre :
7 heures de suspens pour 67P
8 septembre : Le VLT montre la chevelure de la comète de Rosetta
28 août : 5 sites pour l’atterrissage de Philae
6 août :
Rosetta réussit son rendez-vous avec la comète 67P
3 août :
Rosetta en approche finale
31 juillet :
La comète 67P se révèle de plus en plus
24 juillet :
Un modèle pour la comète de Rosetta
17 juillet :
La double surprise de la comète de Rosetta
10 juillet :
Nouveau freinage réussi pour Rosetta
02 Juillet :
La comète de Rosetta perd 2 verres d’eau par seconde
19 juin :
Rosetta : ça freine encore
06 juin :
Un nouveau freinage réussi pour Rosetta
02 juin :
Rosetta à moins de 500 000 km de sa comète
22 mai : Freinage réussi pour Rosetta
21 mai :
Manœuvre décisive pour Rosetta
16 mai : La comète de Rosetta s’active
18 avril : Comète et Mars au programme !

27 mars : Philae s’active à son tour

20 janvier : Rosetta s’est réveillé


Les prochaines dates importantes
Par souci de clarté, les dates passées sont supprimées au fur et à mesure.

Atterrissage de Philae
Succès !

Suivi de la comète
Philae fonctionne à la surface du noyau autant que les conditions le permettent.
Rosetta suivra la comète qui passera au plus près du Soleil le 1er août 2015 (l’année prochaine).
31 décembre 2015 : fin de la mission nominale.


Le dossier : les étapes de Rosetta

L’odyssée de Rosetta s’avère déjà remarquable. Lancée le 2 mars 2004 par une fusée Ariane 5 depuis le Centre Spatial Guyanais, la sonde de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) doit suivre une trajectoire complexe afin de rejoindre la comète Churyumov-Gerasimenko. Ainsi Rosetta a survolé la Terre à deux reprises (en 2005, 2007 et 2009) et Mars en 2007. La gravité des planètes est alors employée en vue de dévier le chemin de la sonde pour à chaque fois la rapprocher un peu plus du (long) chemin vers la comète. Sans cette astuce appelée « assistance gravitationnelle », la quantité de carburant nécessaire à de telles manœuvres aurait abouti à un engin trop lourd. Sur la route Rosetta survola aussi deux astéroïdes : Steins en 2008 et Lutetia en 2010. Il s’agissait là d’un « bonus » qui ajouta des retombées scientifiques et permit également de tester certains instruments embarqués.

La complexe trajectoire (en blanc) suivie par Rosetta depuis 10 ans pour rejoindre la comète Churyumov-Gerasimenko (orbite en brun). Crédit : ESA


Le grand sommeil

Après ces survols, Rosetta fut volontairement mise en sommeil en juin 2010 car elle allait désormais croiser au-delà de l’orbite de Jupiter, s’éloignant du Soleil à un point tel que ses panneaux solaires ne pouvaient plus à la fois réchauffer les électroniques embarquées au niveau minimum pour les maintenir en état et les faire fonctionner.
La vidéo du CNES (agence spatiale française) ci-dessous, rappelle les enjeux de la mission Rosetta et pourquoi la sonde a été mise en hibernation (film réalisé avant le réveil du 20 janvier).

31 mois plus tard, le 20 janvier 2014, l’ordinateur de bord réveilla la sonde comme prévu, après quelques dizaines de minutes de retard qui entraînèrent un suspens tendu qui se finit par une déferlante de joie au centre de contrôle des satellites et sondes ESOC (European Space Operations Centre) de l’ESA à Darmstadt en Allemagne (voir cet article et ce portfolio).


Les 2 panneaux solaires de Rosetta, en dépit de leur grande dimension (14 m de long chacun), ne pouvaient fournir suffisamment d’électricité lorsque la sonde s’éloigna du Soleil au-delà de l’orbite de Jupiter. C’est pourquoi la sonde fut placée en sommeil pendant plus de 900 jours. Crédit : ESA/AOES Medialab

Des étapes importantes

La salle de contrôle principale de l’ESOC à Darmstadt en Allemagne. Crédit : ESA/J. Mai

Depuis le mois d’août, Rosetta tourne autour du noyau de Churyumov-Gerasimenko. C’est la première fois qu’un engin accompagne une comète, les précédentes missions ayant toutes consisté en des survols. Crédit : ESA/J. Huart

Les «pilotes» de Rosetta ont donc repris le contrôle de la sonde. Les premiers «carnets de santé» envoyés par ondes radio sont à ce jour satisfaisants : l’explorateur robotique européen est à même de remplir sa mission. Les instruments embarqués ont ensuite été activés et testés progressivement.

Le 28 mars, c’était au tour de Philae de sortir de sa léthargie électronique. Le réveil fut un succès : lire cet article.
Philae est un atterrisseur autonome de 100 kg qui est « porté » par Rosetta. Son but : se poser sur le noyau de la comète Churyumov-Gerasimenko. Ce noyau est estimé comme faisant 4 km de large. C’est la première fois qu’on tente un atterrissage de ce genre ! Issu d’une collaboration qui réunit 8 pays sous la direction de l’agence spatiale allemande DLR, Philae est géré depuis Cologne en Allemagne tandis que la récolte et le traitement au sol de ses données scientifiques se font depuis le CNES (l’agence spatiale française) à Toulouse en France.


Le noyau de 67P détaillé par les caméras de Rosetta : une forme inattendue. 5 sites d’atterrissage désignés par des lettres ont tout d’abord été étudiés avant une sélection définitive en septembre.

Au cours des mois qui ont suivi, les contrôleurs de Rosetta à l’ESOC de Darmstadt ont programmé de très délicates manœuvres d’approche du noyau de la comète, notamment lors du mois de mai. Même si cette dernière est encore loin du Soleil, elle a commencé à dégazer, ce qui signifie que son noyau expulse gaz et poussières, des éléments susceptibles de perturber le rendez-vous (activité confirmée, voir cet article). N’oublions pas que les comètes sont classiquement des «boules de neige sale» qui «fondent» lorsqu’elles se rapprochent du Soleil, ce qui finit par créer les esthétiques queues qui ont fait leur célébrité.

C’est à partir du mois d’août que Rosetta est devenu le premier engin à orbiter autour d’un noyau cométaire à environ 100 km de distance. Une orbite qui doit être «entretenue» par des manœuvres de la sonde car la faible gravité du noyau ne suffit pas assurer une orbite stable dans le temps. Rosetta accomplit une cartographie complète du noyau afin que les scientifiques choisissent la zone d’arrivée de Philae (tout en analysant la comète avec les instruments embarqués). Ce sont les sites dits J et C qui ont été retenus et annoncés le 15 septembre.

 

Rosetta largue Philae au-dessus du noyau de Churyumov-Gerasimenko (illustration).Crédit : ESA/J. Huart

Se poser sur une comète

Le 12 novembre, Rosetta s’est rapprochée du noyau à seulement une vingtaine de km de distance afin de larguer Philae. L’atterrissage, bien que plus rocambolesque que prévu, est un succès puisque l’engin fonctionne à la surface de la comète.


L’atterrisseur Philae à la surface de Churyumov-Gerasimenko. Pour la première fois, on se posera sur le noyau d’une comète. Rappelons qu’en 2005 la sonde américaine Deep Impact avait projeté vers le noyau de la comète Tempel 1 un impacteur (doté de caméras) : une réussite certes, mais ce n’était pas un atterrissage.
Crédit : ESA/J. Huart

L’Europe signe ainsi le premier atterrissage sur une comète !
La mission ne s’arrête cependant pas là. Philae embarque des batteries lui assurant une autonomie de 5 jours sans Soleil (il est bardé de panneaux solaires) et peut fonctionner plusieurs mois s’il survit aux conditions rencontrées sur le noyau.
Le 15 novembre 2014, Philae est passé en hibernation électronique car ayant rebondi à la surface lors de son atterrissage, il ne s’est pas immobilisé à l’endroit prévu et a manqué de Soleil. Dans la vidéo ci-dessous, Philippe Gaudon du CNES explique ce qui s’est passé du 12 au 15 novembre.

Toutefois, le 13 juin 2015, un signal transmis par Philae et relayé par Rosetta a été reçu. L’atterrisseur a donc survécu à 210 jours d’hibernation électronique et devrait reprendre le travail !
De même, Rosetta continue d’escorter le noyau de la comète en vue d’observer comment celui-ci se comporte alors qu’il se rapproche du Soleil. Pour la première fois, les astronomes seront en quelque sorte aux «premières loges» pour étudier les phénomènes de dégazage et l’augmentation de l’activité du noyau du fait de son échauffement. La comète sera au plus près du Soleil (ce qu’on appelle le périhélie) le 13 août 2015. Si la sonde résiste à l’environnement de plus en plus hostile qui ne manquera pas de se développer, il est prévu d’arrêter la mission en décembre 2015 lorsque Churyumov-Gerasimenko s’éloignera de notre étoile. Mais si Rosetta affiche toujours un bon état de santé, il est très probable qu’on prolongera son vol afin de profiter de son point de vue unique sur l’astre vagabond.

Aux origines du système solaire

Il est important de souligner que la mission Rosetta doit nous permettre certes de mieux comprendre les comètes, mais va aussi nous éclairer sur les premiers temps du système solaire et même l’origine de la vie. En effet, les comètes viennent pour leur majorité de la ceinture de Kuiper au-delà de l’orbite de Neptune ou pour certaines du nuage de Oort situé aux confins de notre système. Elles sont souvent vues comme des témoins peu changés des premiers temps du système solaire, notamment lorsque, voici plus de 4 milliards d’années, les planètes se formaient. De plus, les astronomes pensent que pendant les 500 premiers millions d’années, un grand nombre d’objets issus de la périphérie du système, dont les comètes, se sont écrasés sur les mondes en gestation. Pour la Terre, certains avancent que l’eau (au moins en partie) pourrait provenir des comètes. Rosetta est équipée d’instruments qui ont pour but de vérifier si tel est le cas. Et ce n’est pas fini, les composés organiques, qui ont joué un rôle pour l’apparition de l’atmosphère primitive de la Terre et peut-être même de la vie, pourraient bien avoir été aussi apportés par les comètes. On sait déjà que les comètes hébergent des molécules complexes, mais à distance, les composés les plus complexes (et donc les plus à même d’avoir joué un rôle décisif) ne peuvent être détectés car ils sont détruits une fois libérés du noyau. Par sa proximité sur une longue période (les précédentes missions cométaires furent des survols de noyau), Rosetta nous permettra d’en savoir plus.
Plus qu’une course-poursuite vers la comète Churyumov-Gerasimenko, on voit que cette mission européenne s’impose aussi comme une quête de nos origines.

Explorations Extrêmes à la Cité de l’espace

À ce titre, Rosetta est la vedette de la nouvelle exposition temporaire de la Cité de l’espace intitulée Exploration Extrêmes. Vous pouvez y voir une reconstitution fidèle de la surface d’un noyau cométaire avec une maquette taille réelle de l’atterrisseur Philae qui fonctionne de façon à montrer au public présent comment il se posera sur Churyumov-Gerasimenko. Consacrée à l’exploration de notre système solaire, cette exposition marque aussi le retour au parc spatial toulousain de la réplique à l’échelle 1 du rover martien Curiosity qui continue actuellement d’arpenter la planète rouge. L’engin de la NASA a déjà démontré que Mars avait été habitable dans son passé. Explorations Extrêmes se penche donc sur deux missions emblématiques pour voyager au sein de l’incroyable diversité de notre système solaire et assister à la quête de nos origines.

Publié le 18 février 2014 – mis à jour régulièrement