Rosetta : sa comète perd deux verres d’eau par seconde

Rosetta : sa comète perd deux verres d’eau par seconde
Début juin, Rosetta a mesuré la quantité d’eau que sa comète cible Churyumov-Gerasimenko perd sous forme de vapeur : 300 ml d’eau, soit deux verres, chaque seconde. Mais plus la comète s’approchera du Soleil et plus cette perte augmentera.



Schéma de l’Agence Spatiale Européenne qui résume l’observation faite par l’instrument MIRO le 6 juin alors que la comète était à 350 000 km de distance de la sonde. En haut à gauche, le texte en anglais dit : Même à mi-chemin entre Jupiter et Mars, la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko «sue» jusqu’à 300 ml d’eau par seconde.
Crédit : ESA


La sonde de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) est en train de s’approcher de sa cible ultime, la comète Churyumov-Gerasimenko, après 10 ans de voyage. Alors que les «pilotes» de Rosetta à Darmstadt en Allemagne programment les délicates manœuvres orbitales, les scientifiques utilisent déjà les instruments embarqués. Et ce fut le cas le 6 juin de MIRO (Microwave Instrument for the Rosetta Orbiter) qui est une sorte de radiotélescope miniaturisé qui travaille dans le domaine des micro-ondes, ce qui lui a permis de mesurer la quantité d’eau que la comète perd sous forme de vapeur. Résultat : 300 ml d’eau par seconde. L’ESA a calculé qu’à ce rythme, il faudrait 100 jours pour remplir une piscine olympique… Mais pendant de la mesure, Churyumov-Gerasimenko était à 583 millions de km du Soleil. Or, dans les semaines et mois à venir, la comète va se rapprocher de notre étoile. Elle sera alors plus chauffée et perdra beaucoup plus d’eau, formant une coma (atmosphère autour de son noyau) puis une queue. Rosetta était le 6 juin à 350 000 km de distance, soit un peu moins que la distance Terre-Lune. Le 30 juin, elle n’était déjà plus qu’à 72 000 km.
Rosetta arrivera aux alentours de Churyumov-Gerasimenko début août, avant que l’activité cométaire ne soit trop élevée. Ce «calme» relatif est d’autant plus nécessaire qu’en novembre, la sonde larguera l’atterrisseur Philae qui deviendra le premier engin à se poser sur un noyau de comète. Dans son exposition Explorations Extrêmes, la Cité de l’espace à Toulouse présente une maquette taille réelle de ce robot de 100 kg et propose aussi à ses visiteurs de fabriquer une comète, ces fameuses «boules de neige sale», afin de mieux ressentir la nature de ces astres vagabonds qui ont peut-être apporté l’eau et les briques de base de la vie lors de la formation de notre planète Terre. Voir la vidéo ci-dessous.



Publié le 1er juillet 2014