Les satellites étudient la forêt du Miombo

Les satellites étudient la forêt du Miombo

Grâce à des données satellitaires, les scientifiques ont eu la confirmation que la forêt du Miombo en Afrique commence à verdir avant la saison des pluies, preuve qu’un stock d’eau est mobilisé par la végétation.

Pour comprendre ce qu’on appelle le système Terre et donc mieux quantifier comment l’écosystème réagit au changement climatique, de nombreux paramètres sont à prendre en compte. L’un d’eux est la relation entre le verdissement de la végétation et l’eau, plus exactement la saison des pluies. Dans ce domaine, les satellites ont permis une avancée.

Le Miombo sous surveillance satellitaire

Aujourd’hui de nombreux satellites tournent autour de la Terre afin de récolter une grande variété de données. Elles vont, entre autres car on ne sera ici bien évidemment pas exhaustif, de la hauteur des océans à la fonte des glaces en passant par les polluants de notre atmosphère et l’état de la végétation. Dans ce dernier domaine, les chercheurs se sont penchés sur un «secret» de la végétation constaté à plusieurs endroits du globe, à savoir que des arbres et plantes verdissent avant même le début de la saison des pluies, ce qui apparaît quelque peu contradictoire.

La forêt tropicale du Miombo en Afrique en période dite de «pré-pluie». Crédit : C. Ryan, University of Edinburgh via CNES

La forêt tropicale du Miombo en Afrique en période dite de «pré-pluie».
Crédit : C. Ryan, University of Edinburgh via CNES

Une étude coordonnée par l’Université de Copenhague et l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), en collaboration avec le CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique), le CNRS, l’agence spatiale française CNES et Bordeaux Science Agro s’est appuyée sur des données issues de satellites, notamment de SMOS (Soil Moisture and Ocean Salinity). Objet d’une coopération entre l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et le CNES (le centre de contrôle est à Toulouse), SMOS est équipé d’un radiomètre à micro-ondes capable de mesurer l’humidité à la surface de notre planète ou la salinité des océans. Le satellite a été construit par l’industriel Thales Alenia Space et envoyé sur orbite en 2009 par un petit lanceur russe Rockot.

Image d’artiste du satellite SMOS qui orbite à 687 km au-dessus de la Terre. Crédit : ESA/AOES Medialab

Image d’artiste du satellite SMOS qui orbite à 687 km au-dessus de la Terre.
Crédit : ESA/AOES Medialab

C’est la forêt africaine tropicale du Miombo qui a été scrutée car elle couvre une surface importante de 2,7 millions de km2. Selon un communiqué du CNES, «dans cette région, les observations satellites montrent clairement que l’indice foliaire (LAI) commence à augmenter plusieurs semaines avant le début des pluies, un signe clair du verdissement ‘pré-pluie’ déjà révélé par de nombreuses études». Les données de SMOS révèlent que la forêt stocke pour ainsi dire de l’eau à la fin de la saison humide et la garde pendant la saison sèche jusqu’à l’arrivée des feuilles en avance, par rapport à la nouvelle saison des pluies. On estime que la végétation se  prépare ainsi à l’activité de photosynthèse qui caractérise la saison des pluies. Un comportement aperçu dans d’autres forêts tropicales sèches comme au Costa Rica, au nord de l’Afrique équatoriale ou encore dans le Cerrado au Brésil. 

Les résultats serviront à améliorer les modèles de notre système Terre, cruciaux pour suivre l’impact du changement climatique. Les données de SMOS sont de plus employées afin de quantifier les variations des stocks de carbone de la végétation sur le continent africain.

Sur cette carte établie grâce à des données issues de SMOS, la couleur indique le décalage dans le temps entre le contenu en eau de la végétation et l’indice foliaire. La forêt du Miombo est incluse dans le rectangle au centre. Crédit : F. Tian – Université de Copenhague

Sur cette carte établie grâce à des données issues de SMOS, la couleur indique le décalage dans le temps entre le contenu en eau de la végétation et l’indice foliaire. La forêt du Miombo est incluse dans le rectangle au centre.
Crédit : F. Tian – Université de Copenhague