Thomas Pesquet emmène Mars dans l’ISS

Thomas Pesquet emmène Mars dans l’ISS

Là-haut sur orbite, Thomas Pesquet a une pierre de Mars qui lui a été confiée par la Cité de l’espace. Pour lui, cela montre que le spatial, habité ou robotique, est tel «une grande famille qui œuvre en commun pour la connaissance scientifique».

L’astronaute de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) Thomas Pesquet est à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) depuis le mois de novembre 2016. Le dixième Français dans l’espace a, via des vidéos et ses comptes sociaux, tenu sa promesse de partager sa mission avec le plus grand nombre, postant de superbes clichés de la Terre, participant à des liaisons avec le sol ou détaillant les expériences scientifiques menées là-haut.
Cette logique de partage, avec la science et l’élan vers l’espace en toile de fond, se retrouve dans le fait que Thomas Pesquet a emmené avec lui un «morceau» de Mars.

Mars et la «grande famille» du spatial

Mais pourquoi amener à bord de l’ISS une pierre venue de la planète rouge ? Thomas Pesquet l’explique dans la vidéo ci-dessous.

N’oublions pas qu’à bord de l’ISS, plusieurs expériences scientifiques sont menées et que certaines ont pour but d’étudier les effets des voyages spatiaux de longue durée, comme ceux qui permettront un jour d’aller sur Mars et d’en revenir.
Pour Thomas Pesquet, le spatial forme un tout et il dit d’ailleurs : «Qu’il s’agisse des vols habités avec des astronautes comme mes collègues et moi, ou des missions d’exploration menées par des robots, les équipes impliquées forment une grande famille qui œuvre en commun pour la connaissance scientifique».
L’astronaute de l’ESA n’a pas manqué de partager cette vidéo sur son compte Twitter.

Une pierre de Mars confiée par la Cité de l’espace

Si aujourd’hui cette pierre de Mars est à bord de la Station Spatiale Internationale, c’est parce que la Cité de l’espace l’a confiée à Thomas Pesquet avant son départ pour l’orbite terrestre. C’était en décembre 2015 (vidéo ci-dessous).

Cette pierre n’a bien évidemment pas été ramenée de Mars par une sonde. Aucun engin n’a encore accompli un tel retour d’échantillon (c’est un projet à long terme des agences spatiales). En revanche, il existe ce qu’on appelle des météorites martiennes : ce sont des morceaux de Mars, arrachés à leur planète suite à un impact, qui après avoir vogué dans le système solaire ont fini par rentrer dans notre atmosphère pour s’échouer sous forme de «petites pierres» à la surface de la Terre. Leur analyse montre bien leur origine notamment grâce à la comparaison des gaz piégés en leur sein qui sont identiques à ceux de l’atmosphère martienne tels que mesurés par les sondes envoyées là-bas. Cette pierre de Mars a été fournie par le spécialiste Luc Labenne de Labenne Météorites qui en atteste l’authenticité et la provenance.

Thomas Pesquet vise Mars

Féru de Mars, Thomas Pesquet estime à propos de cette pierre que «le plus beau des symboles serait qu’elle continue son voyage à l’occasion d’un futur vol habité vers la Lune ou à bord d’un rover martien» (cf vidéo en début d’article). Il avait aussi exposé cette démarche la veille de son décollage lors d’une conférence de presse à Baïkonour au Kazakhstan, port d’envol des missions habitées russes.

Lorsqu’il ramènera la pierre de Mars à la Cité de l’espace, cette dernière l’exposera comme promis. Une portion de cette pierre pourrait de plus être prélevée pour servir de cible de calibration ainsi que l’évoque Thomas Pesquet. La logique est la suivante : une fois arrivé sur Mars à bord d’un rover par exemple, l’instrument va analyser la pierre dont on connaît forcément par avance la composition. Sur Terre, et grâce aux données ainsi reçues, les scientifiques ajusteront alors les réglages de leur instrument afin d’éventuellement compenser les petites dérives causées par le long voyage.

Enfin, on ne sera pas étonné par le fait que Thomas Pesquet adhère à cette démarche symbolique. L’astronaute de l’ESA s’est toujours déclaré très intéressé par ce que beaucoup présentent comme la prochaine grande étape des vols habités : des hommes et des femmes qui foulent la surface de la planète rouge. Dans la première vidéo, il dit «Ce qui compte, c’est que cet élan d’exploration, notamment pour Mars, continue dans le futur».
Et dans cette autre vidéo, tournée en 2014 devant une maquette taille réelle du rover Curiosity à la Cité de l’espace, Thomas Pesquet parlait déjà de l’ISS, des expériences menées à bord et… de Mars !

Que ce soit sur orbite autour de la Terre, pour retourner sur la Lune ou aller sur Mars, les astronautes doivent affronter des difficultés que connaît bien le dixième Français dans l’espace. Avec ses collègues de l’ESA, il a participé (notamment via des vidéos explicatives) à l’Expo Astronautes de la Cité de l’espace qui offre à tous, petits et grands, l’occasion de se confronter aux défis d’une mission là-haut.