Thomas Pesquet : les expériences scientifiques continuent

Thomas Pesquet : les expériences scientifiques continuent

Durant sa mission à bord de l’ISS, le dixième Français dans l’espace a mené de nombreuses expériences. Pour la plupart, elles continuent avec d’autres astronautes et des scientifiques au sol examinent les résultats.

Astronaute de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), Thomas Pesquet a décollé vers la Station Spatiale Internationale le 18 novembre 2016 avec le Russe Oleg Novitskiy et l’Américaine Peggy Whitson. Après 196 jours sur orbite, il est revenu sur Terre le 2 juin 2017 (voir notre série de reportages vidéo «En Direct avec Thomas Pesquet»).
Le Français a su partager sa mission grâce aux réseaux sociaux, un élément qui explique sa grande popularité, mais il a surtout, à l’image de ses collègues là-haut, mené de nombreuses expériences scientifiques. Se sont-elles arrêtées avec son retour ?

L’astronaute revient, la science continue

La Station Spatiale Internationale associe 5 agences spatiales : NASA (États-Unis), Roscosmos (Russie), ESA (Europe), ASC (Canada) et JAXA (Japon). Outre l’entretien de cet énorme complexe orbital (la plus grande structure jamais assemblée dans l’espace), les équipages qui s’y succèdent accomplissent de nombreuses expériences scientifiques en suivant des protocoles mis au point par les chercheurs impliqués. Un sujet que nous avions abordé avec l’article «Quelle science à bord de l’ISS ?».
De fait, la plupart des expériences réalisées à bord de la Station ne dépendent pas réellement d’un astronaute précis. De plus, elles exigent parfois des durées qui vont au-delà du séjour moyen d’un équipage donné.
Exemple concret : MARES (Muscle Atrophy Research and Exercise System). Ce dispositif impressionnant a été mis au point par le CADMOS (Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales) au Centre Spatial de Toulouse du CNES, l’agence spatiale française. MARES mesure l’activité musculaire des astronautes. Récemment, l’astronaute italien de l’ESA Paolo Nespoli a aussi employé MARES lors de sa mission VITA de juillet à décembre 2017. D’autres occupants de l’ISS ont servi de cobayes sur ce dispositif. Au sol, les scientifiques ont en effet besoin de cumuler les données recueillies avec différents astronautes pour en tirer des enseignements plus généraux et non uniquement liés à une seule personne.

L’expérience MARES à bord de la Station Spatiale Internationale avec comme cobayes successifs Thomas Pesquet (à gauche) et Paolo Nespoli (à droite). Crédit : NASA/ESA/Cité de l’espace (mise en page)

L’expérience MARES à bord de la Station Spatiale Internationale avec comme cobayes successifs Thomas Pesquet (à gauche) et Paolo Nespoli (à droite).
Crédit : NASA/ESA/Cité de l’espace (mise en page)

La science menée à bord de l’ISS n’est la plupart du temps pas dépendante d’un astronaute particulier. Il est même très courant qu’un astronaute de l’ESA intervienne sur des expériences de la NASA tout comme le fait que le module laboratoire européen Columbus héberge des études d’autres agences partenaires de la Station (et inversement).
Enfin, même lorsqu’une expérience s’achève, un long travail d’analyse des données récoltées commence pour les chercheurs qui en sont à l’origine. Une règle qui s’applique également lorsque l’astronaute est le cobaye ! Thomas Pesquet a donc subi de nombreux examens médicaux après son retour en vue de documenter comment son corps se réadapte à la pesanteur terrestre. Ce suivi au long cours s’ajoute à l’ensemble des travaux conduits afin de comprendre plus précisément les effets des voyages spatiaux sur la physiologie humaine.

Thomas Pesquet en IMAX à la Cité de l’espace

Si la science est un aspect important des vols habités et des missions à bord de l’ISS, le vécu des astronautes constitue un autre type «d’expérience» qui se partage. Le dixième Français dans l’espace a notamment tenu à transmettre un message sur la beauté et la fragilité de notre planète. Il en a par exemple fait un ouvrage de photos publié chez Michel Lafon intitulé Terre(s). Toujours dans cette logique de partage du vécu, la Cité de l’espace propose depuis le 8 février le film de Pierre-Emmanuel Le Goff «Dans les Yeux de Thomas Pesquet» en format IMAX. L’immense écran permet à tous de s’immerger dans la mission de l’astronaute de l’ESA grâce à des images époustouflantes filmées là-haut par le Français et ses collègues. Ci-dessous la bande-annonce de ce film.