Comment Thomas Pesquet va revenir de l’ISS en Soyouz

Comment Thomas Pesquet va revenir de l’ISS en Soyouz

Le 2 juin, Thomas Pesquet et son collègue Oleg Novitskiy reviendront sur Terre à bord du Soyouz MS-03. Un tel retour se déroule en 3 heures et demie. Le vaisseau russe atterrit au Kazakhstan sous parachute.

À bord de la Station Spatiale Internationale depuis novembre 2016, Thomas Pesquet arrive bientôt à la conclusion de sa mission. Le 2 juin prochain, il reviendra sur Terre à bord du vaisseau Soyouz MS-03 avec lequel il était parti. Il sera accompagné du Russe Oleg Novitskiy. En revanche, l’Américaine Peggy Whitson qui était avec eux lors du voyage aller reste à bord du complexe orbital. Elle profite d’un siège vide dans le Soyouz MS-04 arrivé le 20 avril dernier pour prolonger sa mission de 3 mois.

De l’ISS au Kazakhstan en 3 heures et demie

Ainsi, le 2 juin, Thomas Pesquet et Oleg Novitiskiy mettront leur scaphandre Sokol (conçu pour les protéger en cas de dépressurisation accidentelle) et s’installeront à bord du vaisseau russe. Comment se déroulera leur périple de retour ? Celui-ci prendra environ 3 heures et demie et la zone d’atterrissage se situe dans les plaines du Kazakhstan.
La vidéo de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) ci-dessous décrit avec précision la procédure suivie. Elle est complétée de témoignages de 2 astronautes de l’agence : l’Italien Paolo Nespoli et le Belge Frank De Winne.

Vous pouvez activer le sous-titrage en français de cette vidéo en cliquant sur l’icône située dans la barre de contrôle de lecture en bas à droite (à gauche de la petite roue crantée).

Le trajet de retour commence par le désamarrage du Soyouz. Une fois les crochets de maintien ouverts, ce sont des ressorts qui écartent l’engin.  Environ 6 minutes plus tard, le vaisseau russe est assez loin de la Station pour mettre à feu ses petits moteurs de manœuvre pendant 15 secondes et ainsi s’éloigner encore plus.
Le Soyouz se trouve ensuite sur sa propre orbite l’éloignant de plus en plus de l’ISS. Deux heures et demie après le désamarrage, la propulsion principale est mise en route. Les moteurs font face au sens de déplacement et leur allumage pendant un peu moins de 5 minutes produit donc un léger freinage. La vitesse orbitale de 28 000 km/h ne diminue que de 450 km/h, mais cela suffit pour que le Soyouz descende vers la Terre. Et plus il descend, plus il rencontre d’air : la baisse de vitesse et donc la descente s’accentuent !
Aux alentours de 140 km (alors que la Station orbite à 400 km), presque 3 heures après le départ de l’ISS, le module orbital (la partie sphérique) et celui de service se séparent de la capsule proprement dite. C’est à l’intérieur de cette dernière que résident les astronautes.
Peu de temps après, la capsule se frotte à haute vitesse contre les couches de l’atmosphère et la température augmente fortement (environ 1600°C). Les passagers sont cependant protégés par un bouclier thermique. La forme de la capsule fait que celle-ci s’oriente dans la bonne direction. De plus, selon le sens dans lequel la capsule tourne sur elle-même, sa forme induit un léger déplacement qui autorise des ajustements de trajectoire (gérés par l’ordinateur de bord).
À 15 minutes de l’atterrissage et une dizaine de km d’altitude, débute la séquence des parachutes. Tout d’abord, 2 petits se déploient, relayés par un troisième un peu plus grand. Le Soyouz passe alors de 800 km/h à 285 km/h. À 8,5 km d’altitude, le parachute principal est extrait et ses 1000 m2 se déploient. Il va ralentir la capsule à 22 km/h. Celle-ci descend un premier temps sous un angle incliné à 30° pour faciliter la dissipation de la chaleur accumulée. La capsule se retrouvera par la suite suspendue au parachute de façon symétrique, c’est-à-dire verticale par rapport au sol. À 5,5 km, le bouclier thermique est éjecté et les réservoirs de carburant et d’oxygène sont purgés (ceci afin de limiter tout risque d’explosion ou incendie en cas de fort impact à l’arrivée). Alors que le sol approche, les sièges se redressent afin de tendre un amortisseur. À moins d’un mètre de la surface, les 6 rétrofusées s’allument ralentissant la vitesse de chute à 5 km/h. Le Soyouz heurte ensuite la terre ferme, les sièges redescendant brutalement malgré l’amortisseur. L’atterrissage est comparé par Paolo Nespoli à «une collision entre une petite voiture et un poids lourd et bien sûr, j’étais dans la petite voiture» !

Les équipes de récupération de l’agence spatiale russe arrivent rapidement sur place par hélicoptères et véhicules tout-terrain. Elles sécurisent la capsule et aident les passagers à sortir.

Le retour de Thomas Pesquet en direct

Le 2 juin prochain, vous pourrez suivre ces 3 heures et demie de retour sur Terre et la sortie de Thomas Pesquet et d’Oleg Novitskiy de leur Soyouz en direct à la Cité de l’espace. Pour cet événement, l’accès à la Cité de l’espace sera gratuit dès 10 h. L’atterrissage est prévu pour 16h09, heure française.

Au programme :

– Suivi en direct des opérations de Thomas Pesquet commentées par un plateau d’invités : Astronaute, experts, médiateurs.

– Animations spécifiques : Montez à bord d’un Soyouz, traverser l’atmosphère à grande vitesse, Satellisation/Désorbitation, créer l’impesanteur, Coupole de l’astronome…

– Accés libre aux expositions et jardins de la Cité de l’espace

Et si vous ne pouvez pas vous rendre sur Toulouse, un direct vidéo sera organisé sur notre chaîne YouTube.

Cite de l'espace retour T Pesquet 2 juin visuel