«Tir avorté» pour VA239

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Dans la nuit du 5 au 6 septembre, le lanceur Ariane 5 devait placer sur orbite 2 satellites de télécommunications, Intelsat 37e et BSAT-4a. Il s’agissait du vol VA239. Au Centre Spatial Guyanais, le compte à rebours s’est déroulé normalement jusqu’à l’allumage du moteur Vulcain, puis ont été successivement annoncés «Extinction Vulcain» et «Tir avorté».

Voir la vidéo ci-dessous.

Si elle est rare, cette cause d’annulation d’un décollage n’en fait pas moins partie des procédures visant à assurer le succès d’une mission en évitant le départ d’un lanceur qui présenterait un problème technique de dernière minute. Le Vulcain est le propulseur du corps central d’Ariane 5. Il s’allume quelques secondes avant l’envol durant lesquelles les ordinateurs vérifient tous les paramètres. Rappelons qu’un moteur cryotechnique comme le Vulcain consomme de l’hydrogène et de l’oxygène liquides stockés à des températures très basses (respectivement à -253 °C et -183 °C) et implique des turbopompes qui tournent jusqu’à 33000 tr/mn. C’est pourquoi une batterie de capteurs surveille sa montée en puissance. Si les paramètres sont bons, la séquence automatique déclenche les fusées latérales à poudre et alors le décollage a lieu. En cas de paramètre non-conforme, les ordinateurs arrêtent la procédure. Notons que d’autres capteurs scrutent l’ensemble du lanceur et qu’une anomalie qui ne concerne pas le Vulcain peut aussi interrompre l’envol avant l’allumage des fusées latérales. Parfois, il n’y a pas d’anomalie réelle, mais la défaillance d’un capteur !

Pour le tir avorté de VA239, Arianespace indique : «alors que le moteur Vulcain de l’Étage Principal Cryotechnique venait de s’allumer, un contrôle a détecté une anomalie sur le lanceur, interrompant la chronologie finale de lancement». Il n’est pas précisé si l’anomalie concerne le Vulcain ou un autre élément du lanceur. Ariane 5 doit quitter son pas de tir pour retourner au BAF (Bâtiment d’Assemblage Final) pour inspection. Une nouvelle date de lancement sera communiquée ultérieurement.

Mise à jour : dans un communiqué du 6 septembre, Arianespace a indiqué que l’interruption du lancement avait pour origine une anomalie détectée au sein d’un équipement électrique dans l’un des deux EAP (Étage d’Accélération à Poudre) d’Ariane 5. Les EAP sont les fusées latérales à poudre qui fournissent la majorité de la poussée au décollage avant qu’ils soient largués. La firme de lancement européenne vise la fin du mois de septembre comme nouvelle date d’envol.