Le moteur d’Ariane 6 au banc d’essai

Le moteur d’Ariane 6 au banc d’essai

Le propulseur du premier étage d’Ariane 6, le Vulcain en version 2.1, est arrivé en Allemagne pour de premiers tests au sol prévus au mois de décembre. Le nouveau lanceur européen doit connaître son vol inaugural en 2020.

Dans un marché du lancement en pleine mutation, notamment du fait de l’arrivée de nouveaux acteurs tels les Américains SpaceX et Blue Origin, l’offre européenne se devait d’évoluer et c’est pourquoi Ariane 6 doit progressivement remplacer Ariane 5 à partir de 2020. A la fin de l’année, un élément majeur du nouveau lanceur sera testé : le Vulcain 2.1, propulseur de son premier étage.

Destination Allemagne pour le Vulcain 2.1

Ariane 6 sera un lanceur à 2 étages dont le premier sera aidé par 2 (version d’Ariane 6 dite A62) ou 4 fusées d’appoint latérales (version A64). Ce premier étage aura pour propulseur le Vulcain 2.1 dérivé du Vulcain 2 actuellement employé par Ariane 5.
Le Vulcain 2.1 devra fournir 135 tonnes de poussée pendant 10 minutes (vers 200 km d’altitude, le deuxième étage prendra le relais). Dans un communiqué, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) précise que ce propulseur pèse autant qu’un moteur d’Airbus A318 mais produit 10 fois plus de puissance !

Le Vulcain 2.1, propulseur du premier étage d’Ariane 6. Crédit : David Ducros/CNES/ArianeGroup Holding/Cité de l’espace

Le Vulcain 2.1, propulseur du premier étage d’Ariane 6.
Crédit : David Ducros/CNES/ArianeGroup Holding/Cité de l’espace

Outre une grande fiabilité, Ariane 6 doit permettre à l’Europe de rester compétitive grâce à une conception et une organisation industrielle qui aboutiront à des tarifs presque 2 fois moindres que ceux d’Ariane 5. Ainsi, la version 2.1 du Vulcain comprend une tuyère plus robuste avec une soudure au laser et des renforcements de structure obtenus par impression 3D. Toujours pour réduire les coûts, on n’utilisera plus de l’hélium pour maintenir en pression le réservoir d’oxygène liquide : ce rôle sera assuré par de l’oxygène réchauffé. De plus, le Vulcain 2.1 sera mis à feu sur la base de lancement par des systèmes placés sous la tuyère et non plus par des dispositifs pyrotechniques situés dans le moteur.

Assemblé à Vernon en France, un Vulcain nouvelle génération a été expédié et est arrivé de l’autre côté du Rhin pour le centre d’essai de Lampoldshausen du DLR, l’institut spatial allemand. Là-bas, il sera pour la première fois allumé pour une série de tests au sol. Ceux-ci doivent s’étaler sur 15 mois et faire appel à 2 autres exemplaires du propulseur.

Le centre d’essai de Lampoldshausen du DLR en Allemagne. Crédit : ESA

Le centre d’essai de Lampoldshausen du DLR en Allemagne.
Crédit : ESA