718 jours sur orbite pour la mini-navette X-37B

718 jours sur orbite pour la mini-navette X-37B

Le 7 mai, la mini-navette automatique X-37B de l’armée de l’air des États-Unis s’est posée en Floride après une mission de 718 jours. Les militaires américains disposent de 2 exemplaires de cet engin dont les missions ne sont pas précisées.

Avec 718 jours à tourner autour de la Terre, le 2ème exemplaire de la mini-navette automatique X-37B de l’US Air Force a battu le record de durée de mission de ce type d’engin qui intrigue les observateurs.

A quoi sert la mini-navette de l’US Air Force ?

X-37B n’a pas toujours été militaire. Au départ, cet engin conçu par Boeing existait au sein d’un programme de la NASA, connu comme X-37A, puis l’US Air Force l’a récupéré et baptisé X-37B tout en en faisant construire deux nouveaux exemplaires.
Cette mini-navette automatique de 8,92 m de long décolle sous coiffe au sommet d’un lanceur Atlas V. Elle est dotée d’une soute qui s’ouvre sur orbite.
Le 1er exemplaire a volé 2 fois, décollant en avril 2010 pour une mission de 224 jours puis en décembre 2012 pour cette fois-ci presque 675 jours. Le 2ème exemplaire connut l’espace à partir du mois de mars 2011 pour 468 jours. Puis le 20 mai 2015 débuta sa deuxième mission qui vient de se conclure le 7 mai 2017 avec un atterrissage en Floride au centre spatial Kennedy de la NASA, sur la même piste qu’utilisaient les navettes de l’agence américaine.

La vidéo ci-dessous montre l’approche très rapide du X-37B ce 7 mai.

Les 718 jours de cette 2ème mission de l’exemplaire n°2 marquent un nouveau record de ce programme mis en avant d’un côté (les photos et vidéos des décollages et atterrissages sont largement diffusées), mais sur lequel l’US Air Force reste très discret d’un autre côté dès qu’il s’agit des détails. Notamment pour les plus importants… Ainsi, ce qu’emporte la soute d’un X-37B n’est jamais évoqué. Certains avancent que les militaires envoient de façon très flexible des instruments d’espionnage pour réponde à des besoins urgents (on pense à des conflits imprévus). Une hypothèse séduisante, mais peu en phase avec le fait que le X-37B est régulièrement détecté sur orbite par des amateurs de suivi des satellites au sol. On sait ainsi que l’engin est capable d’accomplir des changements d’orbite, sans toutefois pouvoir le faire de manière «furtive», ce qui semble dès lors limiter son intérêt.

X-37B US Air Force

Le X-37B (exemplaire n°2) après son atterrissage du 7 mai en Floride. Les techniciens portent une protection en raison des ergols toxiques (hydrazine) utilisés pour les propulseurs de la mini-navette. Ces propulseurs ne servent pas pour la phase finale de l’atterrissage durant laquelle l’engin se comporte comme un planeur. Ils sont mis à feu en revanche lors des manœuvres sur orbite ou pour initier le retour au sol.
Crédit : US Air Force

En fait, l’objectif des vols qui apparaît le plus probable à la majorité des experts du militaire spatial est lié à des… tests !
On imagine que l’armée met dans la soute de sa mini-navette des équipements futurs afin de les essayer concrètement dans l’espace et voir s’ils fournissent les performances attendues avant de les employer sur les coûteux satellites-espions ou ceux dédiés aux transmissions sécurisées du Pentagone. Le X-37B revenant sur Terre, les ingénieurs peuvent de plus examiner le matériel ainsi éprouvé (ou même les matériels si plusieurs essais se déroulent sur un vol).

L’US Air Force toujours ravie de son X-37B

La seule constante des 4 vols accomplis à ce jour par les 2 X-37B réside dans la grande satisfaction affichée par l’US Air Force à la conclusion de chaque vol. Et le retour du 7 mai ne fait pas exception avec un communiqué de presse où l’armée de l’air américaine se dit carrément «incroyablement ravie par les performances du véhicule spatial» et aussi «enthousiasmée à propos des données récoltées pour les communautés scientifiques et spatiales». Une nouvelle mission avec un X-37B a été annoncée, mais sans autre précision que «plus tard en 2017».