Zuma : les interrogations

Décollage d’un Falcon 9 de SpaceX le 7 janvier pour la mise sur orbite du satellite Zuma. Crédit : SpaceX

Décollage d’un Falcon 9 de SpaceX le 7 janvier pour la mise sur orbite du satellite Zuma.
Crédit : SpaceX

Le 7 janvier, SpaceX réalisait le premier lancement orbital de l’année. La firme créée par Elon Musk utilisait son Falcon 9 depuis la Cape Canaveral Air Force Station en Floride pour placer sur orbite Zuma. Fabriqué par Northrop Grumman, il s’agit d’un satellite militaire… et c’est à peu près tout ce qu’on sait d’officiel.

La vidéo ci-dessous est l’enregistrement du direct de SpaceX. On note que le lancement se produit nominalement avec le retour, comme prévu, du premier étage du Falcon 9.

On remarque que la transmission s’arrête après le retour du premier étage et ne montre donc pas la mise sur orbite du satellite avec le deuxième étage. Il s’agit d’une procédure normale pour un vol militaire couvert par le secret défense.

Toutefois, l’absence de communiqué officiel confirmant une activation de Zuma sur orbite a rapidement suscité beaucoup d’interrogations. Il est ensuite devenu clair que ce satellite réputé très coûteux ne fonctionnait pas et certains avançaient même qu’il avait fini par retomber dans l’océan. Gwynne Shotwell, la présidente de SpaceX, a tenu à mettre fin à des spéculations en affirmant que le Falcon 9 de sa compagnie avait parfaitement accompli sa mission, mais qu’en raison de la nature du vol, elle ne pouvait en dire plus.

Il est déjà arrivé qu’un satellite se révèle inopérant sur orbite ou qu’en raison d’une défaillance il ne s’active pas pleinement une fois largué par le lanceur (ou tombe complètement en panne). Il se peut aussi que l’adaptateur qui relie le satellite au lanceur ne fonctionne pas correctement : le satellite reste du coup attaché à l’étage chargé de le placer sur orbite et se consume alors avec lui dans l’atmosphère. Le prestataire du lancement est logiquement considéré comme responsable lorsqu’il fournit cet adaptateur (ce qui est souvent le cas). Mais en l’occurrence, et peut-être est-ce dû à la nature spécifique de Zuma, Northrop Grumman est à la fois le fabricant du satellite et de l’adaptateur. Northrop Grumman a pour le moment indiqué qu’il leur était impossible de commenter une mission secret-défense.

Les enjeux sont importants pour SpaceX qui après une âpre bataille légale a obtenu le droit de proposer ses services pour les lancements militaires américains, jusque là pré carré d’United Launch Alliance qui appartient à Lockheed Martin et Boeing. Certains élus avaient ainsi critiqué, et continuent de critiquer, cette ouverture à une compagnie jugée peu expérimentée. On comprend dès lors pourquoi Gwynne Shotwell n’a pas tardé à affirmer que le Falcon 9 avait accompli sa prestation sans faillir.