2019 OK passe à 72 500 km

2019 OK passe à 72 500 km

Chaque jour notre planète est «bombardée» par d’innombrables petits cailloux baladeurs et fort heureusement ils sont suffisamment petits pour se consumer dans l’atmosphère qui nous protège. Sur le ciel nocturne, leur fin brûlante donne ce qu’on appelle improprement les étoiles filantes. Toutefois, d’autres objets vont au-delà de la taille du grain de sable ou du rocher. À partir de la dizaine de mètres ou plus, le danger devient de plus en plus significatif et des télescopes automatiques sont chargés de les détecter. Mais l’astéroïde 2019 OK qui a croisé à 72 500 km de la Terre le 25 juillet n’avait été repéré que la veille de son passage proche.

2019 OK n’est pas OK…

Le OK de 2019 OK ne veut évidemment pas dire pas que son passage était considéré sans risque ! Cette dénomination résulte en fait de la nomenclature employée pour cataloguer ces objets ou l’année de la découverte est suivie de 2 lettres. C’est l’observatoire automatique SONEAR (Southern Observatory for Near Earth Asteroids Research) situé au Brésil qui a repéré l’astéroïde dont la taille est estimée entre 57 et 130 m de large. C’était le 24 juillet et le lendemain l’astéroïde passait à 72 500 km de nous, soit bien en dessous de la distance Terre-Lune (environ 380 000 km).

Un des télescopes de l’observatoire brésilien SONEAR. Crédit : SONEAR/Isaias Vidal

Un des télescopes de l’observatoire brésilien SONEAR.
Crédit : SONEAR/Isaias Vidal

Des recherches dans les données existantes d’autres observatoires conçus pour scruter les NEO (Near Earth Objects, objets proches de la Terre) montrent qu’il apparaît dans les clichés d’autres télescopes dès le 28 juin. Les observatoires automatiques chargés de balayer le ciel sont pilotés par ordinateur pour accomplir de nombreuses photos de la voûte céleste. Celles-ci sont ensuite comparées, toujours par ordinateur, afin de détecter une «étoile» qui bougerait par rapport aux autres, en fait un astéroïde. En accumulant les mesures, les astronomes déterminent alors l’orbite de l’objet et si celle-ci présente un risque de collision avec notre planète. L’estimation de la taille est plus difficile, surtout pour des objets de seulement quelques dizaines de mètres.

Schéma du passage de 2019 OK à 72 500 km de la Terre le 25 juillet (outil en ligne du JPL de la NASA). Crédit : NASA/JPL - Cité de l’espace

Schéma du passage de 2019 OK à 72 500 km de la Terre le 25 juillet (outil en ligne du JPL de la NASA).
Crédit : NASA/JPL – Cité de l’espace

La surveillance de cette menace a conduit à cataloguer la quasi-totalité des astéroïdes d’un kilomètre ou plus. Ces derniers causeraient une catastrophe planétaire et l’extinction de notre civilisation. Cependant, pour les astéroïdes plus petits, comme 2019 OK, on touche les limites technologiques, mais aussi de budget. Notons que l’impact d’un caillou baladeur semblable à 2019 OK (60 à 130 m)  reviendrait tout de même à raser une ville !

Dévier c’est bien, mais repérer reste indispensable

C’est pourquoi plusieurs institutions (dont des agences spatiales) se réunissent lors de l’Asteroid Day chaque 30 juin afin d’expliquer qu’il convient d’augmenter sensiblement les fonds alloués à la recherche systématique des astéroïdes susceptibles de passer à notre proximité. On notera que plusieurs agences spatiales travaillent sur des méthodes pour dévier de sa trajectoire un objet qui menacerait la Terre.

Illustration de la mission DART d’impact volontaire sur la petite lune d’un astéroïde. Crédit : NASA

Illustration de la mission DART d’impact volontaire sur la petite lune d’un astéroïde.
Crédit : NASA

La NASA doit même lancer en 2021 la mission DART (Double Asteroid Redirection Test) en vue de volontairement impacter la petite lune de l’astéroïde Didymos en 2022 et mesurer l’effet obtenu. Les données récoltées permettront d’en savoir plus sur les stratégies futures à appliquer en cas de collision potentielle. Mais les experts soulignent que mettre au point une technique de déviation efficace ne sert à rien si on ne dispose pas des observatoires (éventuellement spatiaux) capables de voir venir la menace avec suffisamment d’avance…