2019, une année sous le signe des alunissages

2019, une année sous le signe des alunissages

Le 3 janvier, la Chine s’est posée sur la face cachée de notre satellite naturel. Mais si tout se déroule comme prévu, nous pourrions assister en 2019 à 3 autres alunissages avec Israël, l’Inde et à nouveau la Chine !

Difficile de ne pas évoquer pour 2019 l’anniversaire d’Apollo 11 qui prend une dimension toute symbolique avec son cinquantenaire. Des célébrations sont bien évidemment prévues aux États-Unis, mais aussi ailleurs dans le monde et par exemple à la Cité de l’espace de Toulouse avec une soirée spéciale dans le cadre d’une programmation Année Lune et d’une nouvelle exposition temporaire appelée Lune : Épisode II.
Ce n’est pas tout, car l’exploration de notre voisine céleste sera au cœur de l’actualité tout au long de l’année 2019. Cela avait commencé avec l’arrivée de la sonde chinoise Chang’E-4 sur la face cachée le 3 janvier. Mais d’autres alunissages sont prévus !

Une initiative privée vise la Lune

En 2018, les responsables du Google Lunar XPrize ont officiellement annoncé la clôture du défi qu’ils avaient lancé, à savoir récompenser de 20 millions de dollars le premier alunissage accompli sur des fonds privés. Et ce en dépit d’une date butoir repoussée plusieurs fois. Certaines équipes engagées dans cette compétition ont décidé de continuer et c’est le cas de SpaceIL en Israël. Cette initiative à but non-lucratif a mis au point un petit atterrisseur lunaire automatique de 585 kg (dont 400 kg de carburant) baptisé Beresheet (commencement en hébreu).

L’atterrisseur israélien Beresheet (illustration). Crédit : SpaceIL

L’atterrisseur israélien Beresheet (illustration).
Crédit : SpaceIL

L’engin de SpaceIL doit décoller au sommet d’un Falcon 9 de SpaceX depuis la Cape Canaveral Air Force Station en Floride le 18 février (date sujette à report éventuel comme tout décollage). Il s’envolera en qualité de passager secondaire d’un vol qui a pour but principal de placer un satellite de télécommunications sur orbite. Une fois là-haut, Beresheet entamera un voyage vers la Lune de 2 mois à 2 mois et demi pour se poser dans la Mer de la Sérénité. Si le décollage a lieu le 18 février, on se dirige donc vers un alunissage autour de la mi-avril à la fin avril/début mai. Beresheet devrait fonctionner sur la surface de notre satellite naturel 48 heures à quelques jours.

Site officiel : www.spaceil.com

Inde : un orbiteur, un atterrisseur et un rover

L’agence spatiale indienne ISRO a déjà décroché la Lune, c’était en 2008 avec la sonde Chandrayaan qui tourna autour de notre satellite naturel jusqu’en août 2009. Dix ans plus tard, l’Inde veut en plus se poser ! La mission robotique Chandrayaan-2 s’annonce ambitieuse, car elle comprend un orbiteur, donc une sonde qui tournera autour de la Lune, et un autre engin de 1,5 tonne destiné lui à alunir. Baptisé Vikram en hommage à Vikram Sarabhai (1919-1971) qui fut l’un des fondateurs du spatial indien, cet atterrisseur déposera au sol un petit rover de 27 kg appelé Pragyan (sagesse en sanskrit).

Schéma de Chandrayaan-2. Cette mission comprend une partie orbiteur qui tournera autour de la Lune (section en bas sur la gauche) et une autre qui se détachera afin de se poser sur la Lune. L’atterrisseur transportera un petit rover. Crédit : ISRO/Cité de l’espace

Schéma de Chandrayaan-2. Cette mission comprend une partie orbiteur qui tournera autour de la Lune (section en bas sur la gauche) et une autre qui se détachera afin de se poser sur la Lune. L’atterrisseur transportera un petit rover.
Crédit : ISRO/Cité de l’espace

Préalablement programmée pour 2018, Chandrayaan-2 a été repoussée à 2019 et la date d’envol au sommet d’un GSLV-MkIII (le plus puissant des lanceurs de l’Inde) est annoncée pour la fin du mois de mars. Le trajet vers la Lune devrait prendre 40 jours, soit une arrivée fin avril ou début mai.

Page sur la mission (ISRO) : https://www.isro.gov.in/gslv-mk-iii-chandrayaan-2-mission

La Chine retourne sur la Lune (encore une fois)

Avec Chang’E-4 le 3 janvier, l’agence spatiale chinoise CNSA signait son retour sur notre satellite naturel après Chang’E-3 en décembre 2013. Rappelons que Chang’E-4 est aussi, et surtout, le premier alunissage sur la face cachée. Pour autant, les ingénieurs chinois n’en ont pas fini avec la Lune en 2019. Tout d’abord, la mission en cours continue puisqu’aux dernières nouvelles, l’atterrisseur et le rover fonctionnent toujours.

Panorama de la face cachée depuis le cratère von Kármán où s’est posé Chang’E-4. Il a été acquis par une caméra de l’atterrisseur. Crédit : CNSA

Panorama de la face cachée depuis le cratère von Kármán où s’est posé Chang’E-4. Il a été acquis par une caméra de l’atterrisseur.
Crédit : CNSA

Surtout, Chang’E-5 s’apprête à décoller à la fin de l’année. Cette mission robotique est beaucoup plus complexe. Un orbiteur se postera tout d’abord sur orbite autour de la Lune. L’atterrisseur s’en détachera afin de se poser et procéder à une prise d’échantillons du sol sélène. Ceux-ci quitteront alors la surface de notre satellite naturel avec un petit véhicule posté sur l’atterrisseur. Autour de la Lune, le véhicule avec les échantillons accomplira un rendez-bous avec l’orbiteur. La précieuse cargaison retournera ensuite vers la Terre et reviendra au sol dans une capsule. Pour le moment, l’envol vise décembre 2019. Cela dépend cependant de la disponibilité du CZ-5. Ce lanceur puissant est indispensable pour la mission lunaire, mais son deuxième vol en juillet 2017 se solda par un échec. L’agence chinoise souhaite donc le tester lors de l’envoi d’un satellite de télécommunications cet été avant de l’assigner à Chang’E-5.

Site officiel du programme lunaire chinois : http://www.clep.org.cn

On le constate, si tous ces projets de missions se réalisent, 2019 verra un total de 4 alunissages !