Les feux en Amazonie sous l’œil du satellite

Les feux en Amazonie sous l’œil du satellite

Alors que la forêt amazonienne est en proie à des incendies, les données des satellites européens du programme Copernicus montrent qu’il y a eu presque 4 fois plus de feux en août 2019 que l’année précédente.

Souvent présentée comme le poumon vert de notre planète (en fait ce rôle est surtout celui des océans), la forêt amazonienne est avant tout un havre de biodiversité et un élément primordial de l’équilibre climatique de l’Amérique du Sud. Les incendies qui la ravagent ont suscité beaucoup de réactions (y compris politiques) tandis que de nombreuses institutions ont tiré la sonnette d’alarme sur les risques à long terme de la déforestation pointée comme un facteur essentiel de la catastrophe en cours. Mais qu’en est-il du nombre de feux ? Perchés sur orbite terrestre, les satellites fournissent un outil pour évaluer ce qu’il se passe.

De 1110 feux à presque 4000 feux

Parmi les satellites d’observation de la Terre mobilisés pour scruter la catastrophe en cours, ceux du programme européen Copernicus, et plus particulièrement les Sentinel-3 (A et B) construits par Thales Alenia Space, ont apporté une quantification précise du phénomène. L’Agence Spatiale Européenne (ESA) explique que l’analyse de 249 images prises en août 2018 et 275 acquises en août 2019 donne un résultat inquiétant : on est passé d’une année à l’autre de 1110 feux à presque 4000 ! Donc, 2019 a vu pratiquement 4 fois plus d’incendies que 2018.

Comparaison du nombre d’incendies détectés par les satellites Sentinel-3 en 2018 et 2019. Crédit : Copernicus Sentinel data (2019), processed by ESA on ONDA Copernicus DIAS

Comparaison du nombre d’incendies détectés par les satellites Sentinel-3 en 2018 et 2019.
Crédit : Copernicus Sentinel data (2019), processed by ESA on ONDA Copernicus DIAS

De plus le CAMS (Copernicus Atmosphere Monitoring System) qui utilise les données satellitaires pour surveiller la qualité de l’atmosphère indique que les incendies de l’Amazonie ont relâché 228 mégatonnes de dioxyde de carbone. Les fumées ainsi produites ne connaissent pas les frontières et s’étendent au gré des vents comme le montre le schéma ci-dessous.

Relevé de la concentration des gaz issus de la combustion de la biomasse (plus c’est rouge et plus c’est concentré) le 26 août. Des données obtenues avec le  CAMS (Copernicus Atmosphere Monitoring System). Crédit : ECMWF

Relevé de la concentration des gaz issus de la combustion de la biomasse (plus c’est rouge et plus c’est concentré) le 26 août. Des données obtenues avec le  CAMS (Copernicus Atmosphere Monitoring System).
Crédit : ECMWF

Depuis la Station Spatiale Internationale où il est en mission, l’astronaute italien de l’ESA Luca Parmitano a aussi constaté l’étendue des incendies en Amazonie et il a publié sur Twitter cette impressionnante photo.

La forêt amazonienne en feu vue par Luca Parmitano depuis l’ISS. Crédit : ESA

La forêt amazonienne en feu vue par Luca Parmitano depuis l’ISS.
Crédit : ESA

La Cité de l’espace de Toulouse propose à ses visiteurs de voir une maquette à l’échelle 1 d’un satellite Sentinel-3.

Inauguration le 17 mai de la maquette taille réelle de Sentinel-3B à la Cité de l’espace. De gauche à droite : Jean-Claude Dardelet (vice-président de Toulouse Métropole), Philippe Brunet (directeur au sein de la DG GROW en charge de la politique spatiale, Copernicus et Défense, Commission Européenne) et Pierre Bahurel (directeur général de Mercator Océan).
Crédit : Cité de l’espace