Des Américains sur la Lune en 2024 ?

Des Américains sur la Lune en 2024 ?

À l’occasion d’un discours tenu non loin du centre Marshall de la NASA le 26 mars, le vice-président des États-Unis Mike Pence a indiqué que la Maison-Blanche souhaitait que des astronautes américains marchent sur la Lune d’ici 5 ans.

Dans l’État de l’Alabama, Huntsville accueille l’un des plus importants centres de la NASA, le Marshall Space Flight Center. C’est là-bas que fut développée la fusée lunaire Saturn V des missions Apollo. À proximité, le musée US Space & Rocket Center accueillait le 26 mars la cinquième réunion du National Space Council. Agissant sous l’autorité du vice-président des États-Unis Mike Pence, ce comité établit des recommandations sur la politique spatiale du pays pour le président et coordonne sa mise en œuvre. C’est donc dans un cadre très formel que le vice-président a annoncé dans son discours que la NASA devait amener des Américains sur la Lune d’ici 2024.

Marcher sur la Lune en 2024 :
Pourquoi cette date ?

Précisant qu’il le faisait au nom du président Donald Trump, Mike Pence a déclaré que «la politique établie de cette administration et des États unis d’Amérique est de ramener des astronautes américains vers la Lune dans les 5 prochaines années». Et pour qu’aucune ambiguïté ne subsiste (vers la Lune – to the Moon – pouvant signifier autour), il a ajouté : «Laissez-moi être clair. La première femme et le prochain homme sur la Lune seront tous deux des astronautes américains lancés par des fusées américaines depuis le sol américain» (vidéo ci-dessous).

Il s’agit bien d’une accélération du programme de retour vers la Lune de la NASA. Rappelons que l’agence américaine a pour projet la LOP-G, une station sur orbite autour de la Lune qui est basée sur la coopération internationale avec la volonté d’y associer les partenaires actuels de l’ISS, donc la Russie, l’Europe, le Japon et le Canada. Ce dernier pays a d’ailleurs récemment officiellement répondu positivement à cette invitation.

Illustration NASA d’un atterrisseur habité lunaire. Crédit : NASA

Illustration NASA d’un atterrisseur habité lunaire.
Crédit : NASA

Toutefois, le calendrier déjà relativement rapide de la LOP-G prévoyait un assemblage progressif de ses modules suivi de premières missions habitées vers 2024 et des astronautes à la surface de la Lune plutôt vers 2028. Des échéances jugées de toute évidence trop lointaines par la Maison-Blanche puisque Mike Pence a évoqué une «course à l’espace» similaire à celle des années 1960 en ajoutant que «nous courons également contre notre pire ennemi, le laisser-aller». Un discours en phase avec les thématiques politiques de Donald Trump et son célèbre «make America great again».
Si le vice-président a estimé que la NASA était capable de ramener des Américains à la surface de notre satellite naturel d’ici 2024, il a aussi pointé les retards dont souffre le lanceur lourd SLS (Space Launch System), nécessaire pour de tels projets lunaires, en raison de ce qu’il a qualifié d’«inertie bureaucratique». Le centre Marshall, tout proche du musée US Space & Rocket Center où Mike Pence a tenu son discours, est justement le lieu où ce lanceur SLS est développé et de nombreux employés étaient présents. Jim Bridenstine, le patron de la NASA, ancien élu Républicain, a acquiescé le message délivré et affirmé que l’agence peut «accélérer l’agenda». Mais pourquoi 2024 ? La raison est toute simple : si Donald Trump est réélu, 2024 sera la dernière année de son nouveau mandat.

Le lanceur SLS de la NASA connaît des retards dans son développement ainsi que des dépassements de budgets (image d’artiste). Crédit : NASA

Le lanceur SLS de la NASA connaît des retards dans son développement ainsi que des dépassements de budgets (image d’artiste).
Crédit : NASA

Il convient cependant de définir plus précisément les modifications induites par le nouveau calendrier demandé par l’exécutif. La station LOP-G reste-t-elle ainsi un élément de ce retour accéléré ? Surtout, l’objectif fixé va exiger des ressources budgétaires adéquates. Or le budget de la NASA passe par un vote au Congrès et si les républicains ont, lors des élections de novembre, gardé la majorité au Sénat, ils l’ont perdue en faveur des Démocrates au sein de la Chambre des représentants.