Apollo 15 : une voiture sur la Lune

Apollo 15 : une voiture sur la Lune

Voici 50 ans, lors d’Apollo 15, David Scott et James Irwin roulaient en voiture électrique sur la Lune… et ramenaient au passage une pierre aujourd’hui exposée à la Cité de l’espace de Toulouse.

Le 26 juillet 1971, il y a donc 50 ans, le lanceur Saturn V immatriculé SA-510 mettait à feu ses propulseurs à 09h34 heure locale de Floride au centre spatial Kennedy de la NASA. S’il s’agissait là du début de la quatrième mission habitée à la surface de notre satellite naturel, Apollo 15 marquait cependant la première de type dit «J» où une évolution notable du matériel, notamment du Module Lunaire, permettait un séjour sur la Lune plus long pour mener plus d’activités dédiées à la science.

Une voiture électrique sur la Lune

À cette époque, le programme Apollo connaissait déjà une forte réduction budgétaire. Les vols Apollo 18 et 19 avaient ainsi été annulés alors que les scientifiques plaidaient pour que les séjours sélènes se traduisent par plus de science, ce qui demandaient plus temps sur notre voisine céleste. Le Module Lunaire amélioré Falcon d’Apollo 15 répondait à cette exigence : il allait permettre un séjour à la surface de 66 heures, soit le double des 33 heures du vol précédent, Apollo 14. La NASA avait de plus prévu une nouveauté afin d’augmenter les capacités de déplacement des marcheurs lunaires, à savoir une voiture électrique, le Lunar Roving Vehicle (LRV) construit par Boeing.
La vidéo NASA ci-dessous a été publiée par l’agence à l’occasion du cinquantenaire d’Apollo 15.

Le LRV était un véhicule biplace de 210 kg, littéralement «plié» sur un des flancs du Module Lunaire. Il était alimenté par une double batterie de 53 kg. Il fit logiquement sensation. Mais le but premier restait d’augmenter la distance à laquelle les astronautes pouvaient s’éloigner du Module Lunaire afin de maximiser la science, surtout au niveau de la géologie. Cette approche rencontrait de plus la passion du commandant David Scott pour cette discipline qui suivit avec assiduité les cours (théoriques et d’entraînement sur divers terrains sur Terre) donnés par des géologues. Son équipage, James Irwin (pilote du Module Lunaire) et Alfred Worden (pilote du Module de Commande), fit de même.

L’équipage d’Apollo 15 (de gauche à droite) : David Scott, Alfred Worden, et James Irwin. Crédit : NASA via Wikiarchives.Space

L’équipage d’Apollo 15 (de gauche à droite) : David Scott, Alfred Worden, et James Irwin.
Crédit : NASA via Wikiarchives.Space

L’équipage d’Apollo 15 comprenait 3 pilotes d’essai militaires, tous issus de l’US Air Force. En qualité de pilote du Module de Commande (la «capsule Apollo»), Alfred Worden resta autour de la Lune alors que James Irwin et David Scott descendirent vers la surface, dans la région de Hadley Rille. L’arrivée, à environ 500 m du point prévu, le 30 juillet, est considérée comme la plus brutale du programme. D’ailleurs James Irwin commenta l’atterrissage mené par son commandant David Scott en disant «Blam !» à la radio. Le Module Lunaire n’en souffrit pas.

James Irwin salue le drapeau américain lors d’Apollo 15. Non loin de lui, le Module Lunaire Falcon et le LRV. Crédit : NASA via Wikiarchives.Space

James Irwin salue le drapeau américain lors d’Apollo 15. Non loin de lui, le Module Lunaire Falcon et le LRV.
Crédit : NASA via Wikiarchives.Space

Au cours de leur séjour sélène de 66 heures, Irwin et Scott accomplirent ensemble 3 sorties en scaphandre (au lieu des 2 habituelles jusqu’alors). C’est lors de la première qu’ils déplièrent le Lunar Roving Vehicle avec lequel ils s’éloignèrent jusqu’à 5 km du Module Lunaire, bien au-delà des 1,5 km d’Apollo 14. L’apport du véhicule électrique était évident.

Le LRV (Lunar Roving Vehicle) était une voiture électrique biplace (ici un seul astronaute est assis) conçue pour augmenter sensiblement le rayon d’action et donc d’exploration lors des sorties en scaphandre à la surface de la Lune. Crédit : NASA via Wikiarchives.Space

Le LRV (Lunar Roving Vehicle) était une voiture électrique biplace (ici un seul astronaute est assis) conçue pour augmenter sensiblement le rayon d’action et donc d’exploration lors des sorties en scaphandre à la surface de la Lune.
Crédit : NASA via Wikiarchives.Space

En tout, les deux marcheurs lunaires rapportèrent 76,7 kg d’échantillons. Les scientifiques restés sur Terre soulignèrent la qualité du travail des astronautes en tant que géologues fraîchement formés, non seulement en ce qui concerne la pertinence de la sélection des échantillons, mais aussi pour le compte-rendu de l’environnement rencontré.
L’étage de remontée du Module Lunaire Falcon quitta la région de Hadley Rille le 2 août afin de rejoindre le Module de Commande Endeavour avec Alfred Worden à bord.

Avant de quitter la Lune, l’équipage d’Apollo 15 déposa à la surface une sculpture de 8,9 cm dénommée Fallen Astronauts réalisée par l’artiste Belge Paul Van Hoeydonck. Elle rend hommage aux astronautes morts à l’époque. La plaque posée à proximité liste 14 personnes (8 Américains et 6 Soviétiques). Crédit : NASA via Wikiarchives.Space

Avant de quitter la Lune, l’équipage d’Apollo 15 déposa à la surface une sculpture de 8,9 cm dénommée Fallen Astronauts réalisée par l’artiste Belge Paul Van Hoeydonck. Elle rend hommage aux astronautes morts à l’époque. La plaque posée à proximité liste 14 personnes (8 Américains et 6 Soviétiques).
Crédit : NASA via Wikiarchives.Space

La logique «plus de science» d’Apollo 15 s’adressait aussi à Alfred Worden. Le Module de Service de son vaisseau Endeavour comprenait en effet pour la première fois le SIM (Scientific Instrument Module), une baie dotée de plusieurs instruments scientifiques. Lors du voyage retour, Worden sortit en scaphandre pour récupérer les cassettes du SIM sur lesquelles étaient enregistrées les précieuses données récoltées.

Sur le chemin du retour, entre la Lune et la Terre, Alfred Worden sort en scaphandre le long du vaisseau afin de récupérer les cassettes de la baie SIM. Crédit : NASA

Sur le chemin du retour, entre la Lune et la Terre, Alfred Worden sort en scaphandre le long du vaisseau afin de récupérer les cassettes de la baie SIM.
Crédit : NASA

Le trio d’Apollo 15 revint sur Terre le 7 août 1971. Sur les 3 parachutes, 1 ne se déploya pas correctement. Ce dysfonctionnement (cas unique du programme) ne présentait pas de danger pour l’équipage puisque la capsule pouvait amerrir en toute sécurité sous 2 parachutes. Worden, Irwin et Scott furent ensuite récupérés par le navire USS Okinawa de l’US Navy.

Amerrissage dans l’océan Pacifique sous 2 parachutes au lieu de 3 pour Apollo 15 le 7 août 1971. Crédit : NASA via Wikiarchives.Space

Amerrissage dans l’océan Pacifique sous 2 parachutes au lieu de 3 pour Apollo 15 le 7 août 1971.
Crédit : NASA via Wikiarchives.Space

À 89 ans, David Scott est le seul membre d’équipage encore en vie pour célébrer le cinquantenaire de cette mission. Ses 2 compagnons de vol nous ont quittés, James Irwin en 1991 à 61 ans et Alfred Worden en 2020 à 88 ans.

Une pierre de Lune pour la Cité de l’espace

Les échantillons lunaires ramenés par les missions Apollo ont avant tout été utilisés pour mener des études scientifiques. Leur attribution à divers instituts de recherche est gérée par la NASA. Cependant, certains échantillons ont été préparés afin d’être exposés au grand public dans divers endroits. C’est à ce titre que la Cité de l’espace de Toulouse a reçu une pierre de Lune de la part de l’agence américaine. Ce fragment de notre satellite naturel a été prélevé par David Scott et James Irwin lors d’Apollo 15.

La pierre de Lune de la Cité de l’espace à Toulouse a été ramenée sur Terre par la mission Apollo 15. Crédit : Cité de l’espace/Alex Piecha 

La pierre de Lune de la Cité de l’espace à Toulouse a été ramenée sur Terre par la mission Apollo 15.
Crédit : Cité de l’espace/Alex Piecha

    INFORMATION PASS SANITAIRE 

     

    A partir du 21 juillet 2021, le pass sanitaire est obligatoire pour accéder à la Cité de l’espace.

     

    Merci de votre compréhension,

     

    La Cité de l’espace