L’ESA et ArianeGroup regardent vers la Lune

Année du cinquantenaire d’Apollo 11 oblige, 2019 s’affirme de plus en plus comme étant l’année Lune. Début janvier, la Chine s’est posée sur la face cachée (ce qui n’avait jamais été fait) et envisage une mission de retour d’échantillons avant la fin de cette année. L’Inde prépare son propre atterrisseur lunaire Chandrayaan-2 (doté d’un rover), bien que le décollage ait subi un nouveau retard, et l’initiative israélienne SpaceIL a récemment livré en Floride (pour un vol comme passager secondaire sur un vol SpaceX) l’engin qui pourrait accomplir le premier alunissage privé ! Cette liste n’est pas exhaustive.
Dans cet élan pour ainsi dire, le 21 janvier, ArianeGroup (coentreprise d’Airbus et Safran qui produit le lanceur européen Ariane 5 et développe son successeur Ariane 6) a indiqué qu’elle avait signé avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA) un «contrat d’un an dédié à l’étude et à la préparation d’une mission visant à aller sur la Lune». Ce serait Ariane 6 dans sa version à 4 fusées d’appoint latérales qui serait utilisé pour faire décoller l’engin qui procéderait alors au premier alunissage européen.

 

Ariane 6 (illustration) doit succéder progressivement à Ariane 5 à partir de 2020. Crédit : ESA

Ariane 6 (illustration) doit succéder progressivement à Ariane 5 à partir de 2020.
Crédit : ESA

 

Un des objectifs affichés de cette mission consisterait à tester un dispositif permettant d’extraire de l’eau et de l’oxygène du régolithe lunaire, cette couche de poussière qui recouvre notre satellite naturel. L’utilisation des ressources présentes sur la Lune est en effet considéré comme une technologie majeure pour le futur de l’exploration de cet astre afin de donner plus d’autonomie à des engins robotiques ou encore d’éventuelles bases habitées.
Le communiqué de presse ArianeGroup précise que la start-up allemande PTScientists fournira l’atterrisseur. PTScientists a été créée pour répondre au défi du Google Lunar XPrize (réussir un alunissage sur fonds privés) qui a été arrêté faute de vainqueur avant la date butoir. Aidée par les firmes Audi et Vodafone, PTScientists a continué à développer son atterrisseur après l’annulation du Google Lunar XPrize, à l’image de SpaceIL que nous avons évoqué plus haut.

Image d’artiste de PTScientis montrant leur projet d’atterrisseur lunaire. Crédit : PTScientists

Image d’artiste de PTScientis montrant leur projet d’atterrisseur lunaire.
Crédit : PTScientists

L’autre partenaire envisagé pour la mission lunaire européenne est la société belge Space Applications Services pour le segment sol avec notamment les équipements de communication. Cette alliance entre ArianeGroup, sa filiale Arianespace, PTScientists et Space Applications Services est qualifiée de «consortium innovant et 100% européen» qui sera chargé de mener la mission pour l’ESA. Soulignons qu’il s’agit bien pour le moment d’un contrat pour conduire une étude et non d’un budget pour procéder à un vol vers la Lune. Si ce dernier devenait une réalité, le but serait de le faire avant 2025. À ce jour, la seule mission lunaire de l’ESA fut celle de la petite sonde SMART-1 qui tourna autour de notre satellite naturel de novembre 2004 à septembre 2006 avant de s’y écraser de façon volontaire.