3 atterrisseurs lunaires pour la NASA - Cité de l'Espace

3 atterrisseurs lunaires pour la NASA

3 atterrisseurs lunaires pour la NASA

Dans le cadre de son programme de retour sur la Lune Artemis, l’agence américaine a sélectionné 3 propositions du secteur privé. Il s’agit de réaliser l’atterrisseur lunaire qui amènera sur notre satellite naturel le prochain et la première femme.

Comme le lui demande la Maison-Blanche, la NASA prépare un retour sur la Lune avec l’objectif d’y amener pour 2024 «le prochain homme et la première femme». Ce programme nommé Artemis (la sœur d’Apollon, clin d’œil assumé aux vols Apollo), met en compétition le secteur privé pour le développement d’un atterrisseur lunaire. Si ce sont des compagnies américaines qui sont logiquement sollicitées, l’industriel européen Thales Alenia Space est toutefois présent !

L’Europe présente avec Dynetics

Pour ce retour sur notre voisine céleste, la NASA compte envoyer ses astronautes vers l’orbite lunaire à bord de sa capsule Orion qui décollera au sommet du lanceur SLS (Space Launch System) en cours de développement. Rappelons que, suite à un accord entre l’agence américaine et l’Agence Spatiale Européenne (ESA), le module de service d’Orion est fourni par cette dernière (l’industriel est Airbus Defence and Space).
Selon le scénario de mission envisagé, une fois que les astronautes seront sur orbite autour de la Lune à bord d’Orion, ils devront embarquer dans l’atterrisseur lunaire. Ce transfert pourrait se faire directement (rendez-vous et amarrage) ou en passant par la station Gateway qui jouerait le rôle de «hub» autour de notre satellite naturel. La NASA a décidé de faire appel à la compétition commerciale pour choisir l’industriel qui développera son Module Lunaire du 21ème siècle (ou HLS pour Human Landing System). Parmi les 3 propositions retenues fin avril, il y a celle de Dynetics qui travaille avec plus de 25 sous-traitants.

Concept d’atterrisseur lunaire de Dynetics. Crédit : Dynetics

Concept d’atterrisseur lunaire de Dynetics.
Crédit : Dynetics

L’atterrisseur de Dynetics pourra partir au sommet du futur lanceur Vulcan d’United Launch Alliance (tout en étant compatible avec d’autres lanceurs) afin de rejoindre la station Gateway ou Orion directement. L’originalité du concept présenté par rapport aux 2 autres, réside dans le fait que l’habitacle est très proche du sol et ne nécessite pas la longue échelle ou la plateforme de descente que l’on remarque respectivement chez National Team et SpaceX (voir plus bas). Surtout, Dynetics fait appel à l’industriel européen Thales Alenia Space pour une pièce maîtresse, à savoir le module pressurisé qui héberge l’équipage ainsi que (nous citons) «l’écoutille et la porte d’accès aux activités extra véhiculaires, les fenêtres et les protections thermiques et anti-micrométéorites». Il est à noter qu’une durée de séjour jusqu’à une semaine fait partie du cahier des charges.
Le concept de Dynetics a reçu 253 millions de dollars de budget de la part de la NASA. L’agence décidera dans 10 mois quelle proposition (ou peut-être 2) sera qualifiée pour aller de l’avant.

Blue Origins à la tête de National Team

C’est la proposition de National Team qui reçoit la plus grosse enveloppe avec 579 millions de dollars. Le patron de la NASA Jim Bridenstine a toutefois précisé que les montants alloués ne présageaient en rien d’une éventuelle préférence.
La National Team, ou équipe nationale si on traduit en français, est un regroupement d’industriels mené par Blue Origins, la compagnie spatiale fondée par Jeff Bezos, le milliardaire à la tête d’Amazon.

Concept d’atterrisseur lunaire de National Team. Crédit : Blue Origin

Concept d’atterrisseur lunaire de National Team.
Crédit : Blue Origin

Le concept de National Team se base sur l’atterrisseur lunaire Blue Moon présenté le 9 mai 2019 par Jeff Bezos en personne. La partie habitée qui est aussi l’étage de remontée est réalisée par Lockheed Martin, un géant de l’aérospatial américain (et sous-traitant principal de la capsule Orion de la NASA). Northrop Grumman est chargé de l’élément de transfert qui amènera l’atterrisseur vers l’orbite lunaire basse. Enfin, Draper s’occupe de l’avionique.

SpaceX et un Starship lunaire

La société fondée par Elon Musk reçoit elle 137 millions de dollars pour son Starship en cours de développement qui connaîtrait alors une version lunaire spécifique. En effet, le but n’est pas de faire un vol complet Terre-Lune et retour avec ce vaisseau (ce dont il est capable dans sa version «complète» selon Elon Musk).

Concept d’atterrisseur lunaire de SpaceX. Crédit : SpaceX

Concept d’atterrisseur lunaire de SpaceX.
Crédit : SpaceX

Ce Starship pour Artemis commencerait son voyage en automatique par un rendez-vous sur orbite terrestre avec un autre Starship en version cargo (préalablement lancé) pour faire le plein d’ergols. Ensuite, il partirait vers la Lune pour retrouver la capsule Orion. Une fois l’équipage à bord du Starship lunaire, ce dernier se poserait dans la région du pôle Sud (objectif officiel d’Artemis). L’engin serait capable de réaliser plusieurs aller-retour entre l’orbite lunaire et la surface.

Comme dit précédemment, les 3 candidats ont 10 mois pour affiner leur concept et faire leurs preuves. La NASA pourrait même retenir 2 des propositions au bout de cette période, soit en février 2021, et ne choisir le prestataire final qu’après une démonstration automatique d’arrivée sur la Lune.