Artemis : sur la Lune en 2024

Artemis : sur la Lune en 2024

La Maison-Blanche a décidé d’augmenter le budget de la NASA de 1,6 milliard de dollars en 2020 pour préparer le retour des astronautes sur la Lune en 2024. La mission s’appellera Artemis.

Depuis le discours du vice-président des États-Unis Mike Pence le 26 mars, la NASA a officiellement reçu pour objectif de retourner sur la Lune d’ici 2024 en y amenant «le prochain homme et la première femme». L’administrateur de l’agence américaine, Jim Bridenstine, a assuré que le défi serait relevé et dernièrement les budgets nécessaires ont même été esquissés. Pour 2020, il faut rajouter 1,6 milliard de dollars à la cagnotte de la NASA.

Artemis, la sœur d’Apollo

Au départ, la NASA tablait sur la mise en activité d’une station autour de notre satellite naturel en 2024. Celle-ci, dite LOP-G (Lunar Orbital Platform-Gateway ou Lunar Gateway) fait appel à la coopération internationale. Ensuite, des hommes et des femmes marcheraient sur la Lune aux environs de 2028. Un agenda bouleversé par la Maison-Blanche qui a demandé à ce que les nouveaux pas là-haut se déroulent dès 2024. La date est de toute évidence pensée en phase avec les échéances électorales puisque 2024 serait la dernière année du deuxième mandat de Donald Trump s’il est réélu. Cette accélération est parfois jugée techniquement difficile, voire intenable, et même ceux qui l’estiment possible savent qu’elle ne peut se réaliser que par une augmentation du budget annuel de la NASA. Celui-ci est actuellement d’une vingtaine de milliards de dollars, soit un peu moins de 1 % du budget fédéral. Jim Bridenstine a dû rassurer le Congrès américain en écartant les rumeurs qui avançaient une rallonge de 8 milliards de dollars chaque année ! Une telle somme, alors que les Républicains favorables à Trump ont perdu aux élections de novembre 2018 la majorité à la Chambre des représentants (conservant de justesse celle du Sénat), semblait en effet délicate à défendre au regard des coupes annoncées pour les dépenses fédérales liées à la santé ou au social.
Le surplus pour la Lune en 2024 est désormais officiellement connu : 1,6 milliard de dollars de plus pour le budget de la NASA en 2020 et c’est Donald Trump en personne qui l’a annoncé via un Tweet (ci-dessous).

Jim Bridenstine, qui fut un élu Républicain en faveur du candidat Trump lors des élections présidentielles de novembre 2016, a logiquement répondu (vidéo ci-dessous) que la NASA qu’il dirige depuis 1 an pourrait avancer vers l’objectif de 2024 grâce à cette rallonge. Peu après, il a précisé que cette mission s’appellerait Artemis, déesse de la Lune dans la mythologie grecque et sœur d’Apollon, hommage évident au programme lunaire américain Apollo des années 1960 et 1970.

Sur ces 1,6 milliard de dollars, 600 millions s’ajouteront à la poursuite du développement du futur lanceur lourd de la NASA SLS et de sa capsule Orion (avec un module de service fourni par l’Agence Spatiale Européenne et construit par Airbus). La plus grande part, soit 1 milliard, ira au à la mise au point d’un atterrisseur lunaire avec l’industrie privée. On comprend mieux pourquoi Boeing, Lockheed Martin ou SpaceX ont récemment montré leurs idées en la matière. Dans la même logique, Jeff Bezos (l’homme le plus riche du monde et fondateur d’Amazon) a présenté il y a quelques jours le projet d’atterrisseur lunaire Blue Moon sur lequel les équipes de sa compagnie Blue Origin travaillent depuis 3 ans. Il fut précisé que cet engin avait, dans une version plus performante, les capacités de participer à l’objectif présidentiel de 2024. Bien évidemment, le milliard de dollars de 2020 ne suffira pas à faire passer les propositions des industriels privés du dessin au plan d’ingénieur pour en faire un vaisseau de métal. Dans son discours ci-dessus, Jim Bridenstine emploie le terme d’acompte, car les années qui suivent devront voir chacune une autre rallonge, peut-être supérieure, si 2024 reste la date du retour des Américains sur la Lune. Et tout ceci dépend du vote du budget de la NASA et des rallonges par les élus.