La journée des astéroïdes

La journée des astéroïdes

Le 30 juin, l’Asteroid Day ou Journée Internationale des Astéroïdes attire l’attention sur la nécessité de surveiller ces corps célestes et sur les moyens de les dévier si l’un d’eux se dirigeait vers notre planète.

Depuis une déclaration de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 2016, le 30 juin est l’Asteroid Day ou la Journée Internationale des Astéroïdes. Cet événement, notamment animé par des scientifiques et des astronautes, cherche à sensibiliser les décideurs et le grand public quant aux risques que représentent ces objets.

Le guitariste de Queen en première ligne

L’Asteroid Day a été initié par l’astronaute Rusty Schweickart, l’un des membres la mission Apollo 9, le réalisateur Grig Richters, le président de la B612 Foundation Danica Remy et l’astrophysicien Brian May. Vous connaissez peut-être ce dernier pour un autre aspect de sa vie : il était le guitariste du fameux groupe de rock Queen !
Dans la vidéo de 2015 ci-dessous, Brian May expliquait au média britannique Guardian le principe de l’Asteroid Day.

L’Asteroid Day cherche en effet à expliquer pourquoi il faut continuer sans relâche les efforts consistants à détecter les astéroïdes et à réfléchir à des moyens nous permettant à l’avenir de dévier un objet menaçant si la situation se présente. Ce 30 juin 2022, la Journée Internationale des Astéroïdes s’est traduite par plusieurs initiatives dont un direct vidéo sur YouTube que vous pouvez regardez ci-dessous (une fois terminé, il deviendra un replay).

La date du 30 juin a été choisie, car elle correspond à l’anniversaire de l’événement de la Toungouska en Sibérie en 1908. On estime que ce jour-là, un astéroïde relativement modeste de quelques dizaines de mètres de large s’est désintégré dans l’atmosphère entre 5 et 10 kilomètres d’altitude provoquant une explosion équivalente à 1000 fois celle de la bombe d’Hiroshima. Le souffle a détruit environ 2000 km2 de forêt !
Un exemple qui appuie le discours de l’Asteroid Day. En effet, la quasi-totalité des astéroïdes de 1 km de large et plus ayant été cataloguée et aucun n’étant sur une trajectoire de collision pour le moment, s’est répandue l’idée que le danger ne présentait plus d’urgence. Et pourtant…

La logique de prévention gagne du terrain

En effet un astéroïde de 1 km et plus percutant la Terre signerait la fin de notre civilisation. Toutefois, il faut savoir regarder au-delà de cette ultime menace pour le moment écartée. La B612 Foundation et l’Asteroid Day expliquent qu’il y a un autre risque insuffisamment pris en compte, celui d’astéroïdes plus petits que les télescopes automatiques de surveillance actuels ne verraient que trop tard pour permettre une réaction. Ces objets de la classe de la centaine de mètres (un peu plus ou un peu moins) peuvent causer des dégâts considérables en cas d’impact. Afin de faire comprendre ce dont ils sont capables, on les a surnommés City Killers (tueurs de villes). Et on retrouve la raison de la date du 30 juin : un événement comme celui de Toungouska en 1908 au-dessus d’une ville ou d’une zone habitée se traduirait par l’une des plus graves catastrophes naturelles jamais subies par l’humanité.
C’est d’ailleurs le sujet du film IMAX Chasseurs d’Astéroïdes 3D proposé à la Cité de l’espace de Toulouse (bande-annonce en anglais ci-dessous, le film est en français à la Cité de l’espace).

La démarche du film n’est cependant pas catastrophiste. Celle de l’Asteroid Day non plus. Au contraire, l’idée est que nous avons aujourd’hui les moyens de détecter les astéroïdes avant une collision. Les télescopes automatiques chargés de cette surveillance ont d’ailleurs connu une augmentation de leurs performances. On citera ceux dénommés ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System) de la NASA qui ont bénéficié en début d’année de deux nouveaux sites d’observation en vue de pouvoir couvrir l’intégralité du ciel. ATLAS a spécifiquement été conçu pour repérer les City Killers. Enfin, plusieurs agences spatiales travaillent sur la façon dont on pourra dévier des astéroïdes. C’est ainsi le cas de mission DART de la NASA. Le 26 septembre, une sonde percutera volontairement la petite lune de l’astéroïde Didymos afin de très légèrement modifier son orbite (aucun risque pour notre planète). Le but est de passer de la théorie à la pratique. En 2026, la sonde de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) HERA sera envoyée vers Didymos dans le but de mesurer précisément les conséquences de l’impact de DART et compléter la démarche. D’ailleurs l’ESA participe à l’Asteroid Day (vidéo ci-dessous).

Si la logique de la protection planétaire a donc incontestablement gagné du terrain grâce à des télescopes de surveillance plus efficaces et une coordination internationale sur le sujet, le message de l’Asteroid Day est qu’il ne faut pas se reposer sur nos lauriers ni baisser la garde et continuer à regarder la voûte céleste.