Bennu en vue pour OSIRIS-Rex

Bennu en vue pour OSIRIS-Rex

Lancée en septembre 2016, OSIRIS-Rex doit se poster à 20 km de l’astéroïde Bennu le 3 décembre prochain. En attendant ce rendez-vous, la sonde de la NASA a déjà obtenu des clichés qui détaillent ce «caillou baladeur» de 493 m de large.

En ce moment, 2 sondes ont pour objectif d’étudier un astéroïde et d’en ramener des échantillons afin qu’ils soient étudiés sur Terre. Il y a ainsi Hayabusa 2 de l’agence spatiale japonaise JAXA qui est à poste autour de Ryugu. Début octobre, elle a largué à la surface de l’astéroïde l’atterrisseur franco-allemand MASCOT.
L’autre mission est menée par la NASA. Après un peu plus de 2 ans de voyage (décollage le 8 septembre 2016), OSIRIS-Rex est arrivée à proximité de son objectif, l’astéroïde Bennu (ou Bénou).

Tout Bennu en une rotation

Le 2 novembre, OSIRIS-Rex (Origins-Spectral Interpretation-Resource Identification-Security- Regolith Explorer) était à 197 km de Bennu. Avec sa caméra PolyCam, elle a effectué plusieurs clichés qui couvrent une rotation complète de l’astéroïde sur lui-même.

Bennu met 4 heures et 11 minutes à accomplir cette rotation complète qui ne prend que quelques secondes sur cette vidéo.

Ci-dessous, 2 images acquises la veille, le 1er novembre, et qui montrent 2 faces opposées l’une à l’autre de Bennu.

NASA/Goddard/University of Arizona

NASA/Goddard/University of Arizona

OSIRIS-Rex est actuellement en phase d’approche finale, le but étant de se poster à un point d’observation situé à seulement 20 km de l’astéroïde qui fait 493 m de large. Commencera alors une étude de ce géocroiseur (astéroïde dont l’orbite recoupe celle de la Terre) avant de procéder en juillet 2020 au prélèvement d’un échantillon à sa surface. Pour y parvenir, la sonde américaine emploie un dispositif de collecte placé au bout d’un bras robotique. La vidéo ci-dessous montre comment se déroulera cette opération.

Une fois les précieux échantillons récoltés, le retour ne sera pas immédiat. OSIRIS-Rex doit attendre le bon moment pour ce trajet. Ce sera en mars 2021 pour une arrivée le 24 septembre 2023. La sonde larguera alors une capsule contenant les échantillons qui rentrera dans l’atmosphère de notre planète et se posera dans le désert de l’Utah sous parachute.

Comprendre et protéger la Terre

La logique d’OSIRIS-Rex est la même que celle d’Hayabusa 2 : en ramenant les échantillons d’un astéroïde sur notre planète, on permet leur analyse dans des laboratoires d’une façon bien plus poussée qu’avec des instruments embarqués sur une sonde. Les astéroïdes étant les «laissés pour compte» de la formation des planètes il y a 4,6 milliards d’années, leur étude précise ouvre une fenêtre sur les conditions qui régnaient alors. Comprendre les astéroïdes, c’est donc aussi comprendre la genèse de la Terre. L’autre but de telles missions consiste à protéger notre précieux monde. On sait que des «cailloux baladeurs» entrent en collision avec la Terre et les dégâts peuvent être considérables en fonction de la taille. Avec Hayabusa 2 et OSIRIS-Rex, les agences spatiales comptent bien disposer d’informations sur la composition de ces corps afin de réfléchir à des concepts de mission qui permettraient de nous protéger, par exemple en déviant un astéroïde menaçant de sa course. On notera qu’en 2015, l’opération IceBridge de la NASA a découvert un cratère d’impact de 300 m de profondeur sous les glaces du Groenland. L’objet qui a percuté notre planète il y a 3 millions d’années selon les estimations devait faire 1 km de large (environ 2 fois Bennu). Ce site appelé Hiawatha est considéré comme l’un des 25 plus gros cratères d’impact qui a subsisté sur notre planète. Ci-dessous, une vidéo de la NASA de novembre 2018 qui résume les premiers résultats de son étude.