Les surprises de Bennu

Les surprises de Bennu

La NASA le dit elle-même, la sonde OSIRIS-REx a découvert de «grosses surprises» en étudiant l’astéroïde Bennu. Celui-ci est en effet recouvert de rochers et il éjecte des particules dans l’espace.

Depuis décembre 2018, OSIRIS-REx (Origins, Spectral Interpretation, Resource Identification, Security-Regolith Explorer ) évolue autour de l’astéroïde Bennu de 500 m de large. L’explorateur robotique a été conçu pour prélever des échantillons à la surface de ce petit corps céleste et les ramener sur Terre en septembre 2023. Mais en attendant, Bennu doit être scruté par la sonde et de «grosses surprises» sont au rendez-vous !

Les 2 surprises de Bennu

Dès les premiers clichés rapprochés, les scientifiques ont constaté que l’astéroïde s’avérait recouvert de rochers, ce qui a été confirmé par d’autres images. Le problème est que le système de récolte d’échantillons a plutôt été conçu pour un objet parsemé de régolithe, une couche de poussière. En effet, un bras robotique va amener une sorte de couronne en contact avec le sol et une injection de gaz propulsera particules et poussières dans cette couronne. Les amoncellements de roches sur Bennu ne constituent donc pas un terrain idéal du fait du fonctionnement de ce dispositif, mais posent aussi des risques accrus pour la sonde et le choix du site sera crucial. Si la NASA reconnaît ces difficultés, elle estime que la mission peut toujours être menée avec succès.

Bennu photographié à 5 km de distance par OSIRIS-REx le 7 mars. Le rocher un peu plus clair au centre de l’image fait 7,4 m de large. La présence d’un relief aussi accidenté ne facilite pas le choix d’un site de prélèvement pour la sonde qui ne présenterait pas de risque de collision. Crédit : NASA/Goddard/University of Arizona

Bennu photographié à 5 km de distance par OSIRIS-REx le 7 mars. Le rocher un peu plus clair au centre de l’image fait 7,4 m de large. La présence d’un relief aussi accidenté ne facilite pas le choix d’un site de prélèvement pour la sonde qui ne présenterait pas de risque de collision.
Crédit : NASA/Goddard/University of Arizona

La deuxième surprise de Bennu est le fait qu’il perd des particules ! «C’est l’une des plus grosses surprises de ma carrière scientifique» reconnaît Dante Lauretta, le responsable scientifique de la mission à l’University of Arizona. La détection d’un premier «événement d’éjection» en janvier a poussé l’équipe d’OSIRIS-REx à multiplier les observations afin d’en saisir d’autres. Dans certains cas, les particules échappent complètement à l’astéroïde, mais dans d’autres, elles se comportent comme des minuscules satellites naturels avant de retomber à la surface de Bennu.

Une éjection de particules de Bennu photographiée le 19 janvier. Cette image réunit 2 clichés différents : un pour saisir correctement l’astéroïde et un autre pour montrer les particules (les temps de pose ne sont pas les mêmes). Crédit : NASA/Goddard/University of Arizona

Une éjection de particules de Bennu photographiée le 19 janvier. Cette image réunit 2 clichés différents : un pour saisir correctement l’astéroïde et un autre pour montrer les particules (les temps de pose ne sont pas les mêmes).
Crédit : NASA/Goddard/University of Arizona

L’équipe de la mission s’est penchée sur ces éjections et a déterminé que pour le moment elles ne présentaient pas de risques pour la sonde. Les scientifiques de leur côté comptent analyser les données et en observer d’autres afin de comprendre ce qui peut les causer.
Bennu nous réserve probablement bien d’autres surprises !